Alexandre, Félix, Joseph Ribot

1842 - 1923

Informations générales
  • Né le 7 février 1842 à Saint-omer (Pas-de-Calais - France)
  • Décédé le 13 janvier 1923 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 7 avril 1878 au 27 octobre 1881
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 août 1881 au 9 novembre 1885
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 octobre 1885 au 11 novembre 1889
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 22 septembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Pas-de-Calais
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Républicains progressistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 18 janvier 1909
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Progressiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1909 au 1er janvier 1923

Gouvernement

Chef du Gouvernement
du 6 décembre 1892 au 30 mars 1893
Chef du Gouvernement
du 17 janvier 1895 au 28 octobre 1895
Chef du Gouvernement
du 9 juin 1914 au 13 juin 1914
Chef du Gouvernement
du 20 mars 1917 au 7 septembre 1917

Fonds d'archives

Les archives d’Alexandre Ribot sont conservées aux Archives nationales sous la cote 563AP. Le fonds fut donné en 1994. L’accès était soumis jusqu'à l'année 2014 (incluse) à l'autorisation préalable du donateur par l'intermédiaire des Archives nationales.

Les Archives de l’Assemblée nationale ont versé aux Archives nationales plusieurs documents relatifs à l’activité parlementaire d’Alexandre Ribot :
Documents des sessions parlementaires correspondant à ses mandats de député : C//3165 à 3395, C//5368 à C//5674 et C//7255 à C//7416D,
Documents relatifs aux élections législatives dans le Pas-de-Calais : C/3493, C/3510, C/4044, C/4873, C/5034 et C/5195, sous la cote C/8278,
Archives des réunions du groupe agricole de la Chambre des députés : C/8278.

Les Archives nationales conservent d’autres fonds privés dans lesquels sont répertoriées des lettres échangées avec Alexandre Ribot : fonds Félix Faure (460AP/9), fonds Paul Deschanel (151AP/35), fonds Foch (414AP/3), fonds Mackau (156AP/1), fonds Émile Ollivier (542AP/17), fonds Jules Simon (87AP/6) et fonds André Tardieu (324AP/14).

Dans le fonds dit « Panthéon » des Archives nationales, contenant les dossiers individuels et d’affaires du fichier central, on retrouve le dossier d’Alexandre Ribot coté F7 16002/1.

Au sein des archives du Sénat, on trouve plusieurs procès-verbaux de commissions relatant ses auditions en qualité de président du Conseil et/ou dans le cadre de ses différents ministères (14S, 69S, 124S, 80S). Par ailleurs, les archives du Sénat conservent, sous la cote 2M sa médaille de sénateur, sous la cote 851S son dossier d’ancien sénateur et sous la cote 41S sa déposition lors du procès Malvy en Haute Cour de justice.

Les Archives diplomatiques conservent, dans la collection de fonds dénommée Papiers d’agents-archives privées, les papiers d’Alexandre Ribot (150PA/AP).

Aux Archives départementales du Pas-de-Calais, on trouvera dans les différentes séries des documents relatifs à l’activité politique d’Alexandre Ribot (séries M et U).

Quelques papiers d’Alexandre Ribot sont conservés aux Archives de la Préfecture de police sous les cotes BA 1585 et EA 65.

Les Archives d’histoire contemporaine de la Fondation nationale des sciences politiques ne conservent pas de fonds particulier sur Alexandre Ribot mais on peut trouver des documents le concernant dans le fonds de l’École libre des sciences politiques (1872-1945), coté 1SP/1-81.

La bibliothèque de l’ordre des avocats possède le dossier d’avocat d’Alexandre Ribot.

Biographies

Député de 1878 à 1885, et de 1887 à 1889, né à Saint-Omer (Pas-de-Calais) le 7 février 1842, il étudia le droit, fut lauréat de la faculté de Paris en 1864, et reçu docteur en 1864 ; il prit également sa licence ès lettres. Inscrit au barreau de Paris, secrétaire de la conférence des avocats, il entra dans la magistrature le 2 mars 1870, comme substitut au tribunal de la Seine. Il avait pris une part importante aux travaux de la Société de législation comparée, dont il fut longtemps le secrétaire, et dont il devint le président, et avait publié des travaux estimés : Biographie de lord Erskine (1866) ; étude sur l'Acte du 5 août 1873 pour l'établissement d'une cour suprême de justice en Angleterre (1874), lorsque M. Dufaure, garde des sceaux, l'éleva au poste de directeur des affaires criminelles et des grâces (mars 1875) au ministère de la Justice. Bientôt après, M. Ribot fut nommé secrétaire général avec le titre de conseiller d'Etat en service extraordinaire. Très attaché à la personne de M. Dufaure et aux idées qu'il défendait, M. Ribot donna sa démission en décembre 1876, lors de la retraite du ministre, et rentra au barreau de Paris. Il se prononça contre le gouvernement du Seize-Mai, fit partie du comité de résistance légale, et fut chargé de rédiger le mémoire contre la date irrégulière à laquelle les électeurs étaient convoqués.

Après l'invalidation de M. Dussaussoy, M. Ribot se présenta, le 7 avril 1878, pour lui succéder comme député de la 2e circonscription de Boulogne-sur-Mer : il fut élu, sur une profession de foi républicaine et conservatrice, par 7 532 voix (14 031 votants, 18 676 inscrits). Membre du centre gauche il ne tarda pas à se mêler activement aux délibérations, se prononça contre l'amnistie qu'il combattit à la tribune, et vota avec la fraction la plus modérée du groupe auquel il appartenait : contre le retour des Chambres à Paris, contre le projet de loi sur la liberté de l'enseignement supérieur (1879). Il fit encore contre le droit absolu de réunion (26 janvier 1880) un discours très remarqué, et prit part aux débats de la loi sur la presse et de la loi sur les syndicats professionnels (1881). Fondateur, avec M. Dufaure, du journal le Parlement, il y défendit avec autant de talent qu'à la tribune le « conservatisme libéral » dont il s'était fait le champion, et acquit une situation politique importante.

Réélu, le 21 août 1881, député de Boulogne par 6 497 voix (12 879 votants, 18 909 inscrits, contre 6 020 à M. Duhamel, il suivit la même ligne politique que précédemment, devint un des leaders les plus écoutés de la Chambre, bien qu'il fût assez rarement d'accord avec la majorité, et ne laissa passer aucune question de premier ordre sans opposer aux orateurs de la gauche avancée les théories dont Thiers et Dufaure s'étaient constitués avant lui les défenseurs. Il se trouva ainsi amené à combattre non seulement les radicaux, mais encore les opportunistes de l'Union républicaine qu'il jugeait trop disposés à faire des concessions aux partis avances. Aussitôt après la formation du cabinet Gambetta, qui avait créé deux ministères nouveaux, M. Ribot, sans repousser les crédits nécessités par cette création, défendit avec vigueur les droits de la Chambre qui n'avait pas été préalablement consultée. Partisan de la décentralisation administrative, il se prononça pour la nomination des maires et adjoints par les conseils municipaux, et fut nommé rapporteur du projet de loi qui modifiait la législation sur ce point. Sa science juridique le mit à même d'apporter d'utiles éléments à la discussion des projets de loi touchant au droit civil ; il parla notamment sur le divorce. Rapporteur général du budget pour l'exercice 1883, il le défendit à la tribune, combattit, dans son bureau, la loi d'expulsion des princes, et, dans la discussion, reconnut au gouvernement le droit de parer à tous les événements, sauf à obtenir la ratification des Chambres ; puis il se signal par son opposition au projet de loi sur la réorganisation de la magistrature, tendant à l'épuration du personnel par la suspension momentanée de l'inamovibilité (juin 1883). Il repoussa aussi, à cette occasion, l'institution d'un conseil de discipline judiciaire et refusa d'enlever à la Cour de cassation ses attributions actuelles. Adversaire déclaré de la politique coloniale et des entreprises lointaines pratiquées par M. Ferry, il traita fréquemment les questions extérieures, et s'associa, à son point de vue particulier, à la plupart des interpellations sur notre attitude dans les affaires égyptiennes, tunisiennes et tonkinoises. Il se prononça contre les crédits de l'expédition du Tonkin, et ce fut lui, autant et plus peut-être que M. Clémenceau, qui contribua le plus à la chute du cabinet Ferry après la retraite de Lang-Son (1885).

Le 3 mai 1885, en prévision des prochaines élections générales, M. Ribot prononça à Saint-Pol (Pas-de-Calais) un discours, dans lequel il disait : « La République n'est pas un accident dans ce pays. Elle est le terme de ce travail qui s'est fait depuis un siècle dans les esprits, dans les mœurs, qui a déraciné peu à peu les idées, les habitudes, les traditions, les préjugés sur lesquels reposait l'institution monarchique, » Il concluait en faisant appel aux conservateurs « que n'aveugle pas l'esprit de parti » et aux républicains « qui ne sont pas esclaves de leurs passions ». Ce discours eut un grand retentissement. Le 4 octobre 1885, M. Ribot forma lui-même dans le Pas-de-Calais une liste républicaine conservatrice sur laquelle il obtint, sans être élu, 77 649 voix (180 439 votants). Le dernier élu de la liste conservatrice, M. de Clercq, avait recueilli 100 914 suffrages. À Paris, il fut porté sans plus de succès sur la liste conservatrice républicaine aux élections complémentaires du 13 décembre 1885.

Mais, le 20 mars 1887, une élection partielle ayant eu lieu dans le Pas-de-Calais, M. Ribot, candidat de toutes les fractions du parti républicain, fut élu député, par 121 277 voix (136 298 votants, 212 456 inscrits), contre 2 037 à M. Cazin, socialiste. Il reprit sa place au centre gauche, s'associa à toutes les mesures prises contre les chefs du « parti dit national », proposa (juin 1887) un amendement à la loi militaire tendant au maintien des dispenses légales (rejeté par 324 voix contre 223), fut rapporteur (octobre 1887) du projet de conversion de la rente 4 1/2 p. 100, et proposa, le 15 octobre 1888, le rétablissement du scrutin d'arrondissement. Lorsque M. Grévy, à la suite des incidents de l'affaire Wilson, se vit obligé de donner sa démission, il fut question un instant de M. Ribot pour former un cabinet chargé de détenir les affaires pendant la transmission du pouvoir; mais cette combinaison fut écartée. Dans la dernière session, M. Ribot s'est abstenu sur le l'établissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1881), et sur l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, et s'est prononcé pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, pour les poursuites contre le général Boulanger.

Professeur à l'Ecole des sciences politiques, il est président de la Société générale des prisons.


Né le 7 février 1842 à Saint-Omer (Pas-de-Calais), mort le 13 janvier 1923 à Paris.

Député du Pas-de-Calais de 1878 à 1909.

Sénateur du Pas-de-Calais de 1909 à 1923.

Ministre des Affaires étrangères du 17 mars 1890 au 27 février 1892.

Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères du 6 décembre 1892 au 11 janvier 1893 et Président du Conseil et ministre de l'Intérieur du 11 janvier au 4 avril 1893.

Président du Conseil et ministre des Finances du 26 janvier au 1er novembre 1895.

Président du Conseil et ministre de la Justice du 9 au 13 juin 1914.

Ministre des Finances du 26 août 1914 au 20 mars 1917.

Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères du 20 mars au 12 septembre 1917.

Ministre des Affaires étrangères du 12 septembre au 16 novembre 1917.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V., p. 134.)

Réélu à Saint-Omer, le 22 septembre 1889, Alexandre Ribot aborda alors une longue et brillante carrière ministérielle.

Il reçut le portefeuille des Affaires étrangères dans les ministères Freycinet (mars 1890) et Loubet (février. 1892). Il accepta la présidence du Conseil et le ministère de l'Intérieur, le 6 décembre 1892, du Président Sadi Carnot, constituant ainsi le 1er et le 2e cabinet Ribot jusqu'au 4 avril 1893. Il est l'auteur de l'alliance franco-russe qui bénéficia d'une immense popularité.

Le 26 janvier 1895, Félix Faure lui confia la présidence du Conseil (3e cabinet Ribot) avec le portefeuille des Finances. L'expédition de Madagascar eut lieu sous son ministère qui fut renversé en octobre 1895, à la suite d'une interpellation sur les chemins de fer du Sud.

ÀÀ la Chambre, il présida la commission de réforme de l'enseignement secondaire. Défavorable à l'article de loi sur les associations qui défendait d'enseigner aux membres des congrégations non autorisées, il interpella à ce sujet le gouvernement mais sans succès.

En 1905, Alexandre Ribot livra à la Chambre le combat décisif qui devait amener la chute du ministère Combes. Il prit une part considérable à la discussion de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, estimant que le moment était inopportun pour dénoncer le Concordat. Il réussit par ses fréquentes interventions à apporter au projet une série de modifications.

Depuis 1903, Alexandre Ribot appartenait à l'Académie des sciences morales et politiques. En 1906, l'Académie française l'appela dans son sein en remplacement du duc d'Audiffret-Pasquier. Il fut reçu par M. Paul Deschanel qui prononça l'éloge du nouvel immortel.

Alexandre Ribot fut élu sénateur le 3 janvier 1909 dans le département du Pas-de-Calais par 1.515 voix sur 1.924 votants.

Du 9 au 13 juin 1914, il fut à nouveau président du Conseil (4e cabinet Ribot) et garde des Sceaux. Mais son cabinet fut renversé le jour même où il se présenta à la Chambre. La guerre allait lui donner à remplir de lourdes tâches comme ministre des Finances dans le cabinet Viviani (août 1914 à octobre 1915) puis dans les deux cabinets Briand (octobre 1915 à mars 1917). Pendant cette période il se livra à de nombreuses négociations avec les ministres anglais pour assurer à notre pays l'aide financière de l'Angleterre. C'est à lui qu'appartient l'initiative de la création des bons de la défense nationale.

Il redevint président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, le 20 mars 1917. À la suite d'un comité secret à la Chambre dans lequel furent discutées les tractations relatives à une proposition de paix séparée avec l'Autriche, le 12 octobre de la même année, il donna sa démission.

Il fut réélu sénateur le 20 janvier 1920. Il appartint à la commission des affaires étrangères du Sénat dont il fut le vice-président et où malgré son grand âge il déploya une remarquable activité.

Alexandre Ribot a publié plusieurs ouvrages : Quatre années d'opposition (1901-1905), La réforme de l'enseignement, L'utilité des caisses de crédit immobilier pour favoriser l'accession de la propriété aux ouvriers et une biographie de Lord Eskine.

Il mourut le 13 janvier 1923 après une courte maladie. Il avait 81 ans. Sa carrière parlementaire et ministérielle avait duré plus de quarante-cinq ans.

Pour terminer sur une note pittoresque la biographie de ce grand parlementaire libéral, citons ces quelques lignes que Caillaux écrivit dans ses Mémoires : « Ribot, savez-vous ce que j'ai rêvé de vous cette nuit ? Un rêve bien pénible. Je vous voyais au purgatoire car vous n'irez pas en enfer. Vous êtes un brave homme. Vous n'irez pas non plus directement au ciel, vous n'êtes pas parfait. Vous étiez donc au purgatoire où vous enduriez de cruels tourments : vous aviez à côté de vous un ange qui vous disait tout le temps du bien de vos amis. Vous souffriez horriblement. »


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