Auguste, Guillaume Josse-Beauvoir

1771 - 1853

Informations générales
  • Né le 19 octobre 1771 à Meslay (Loir-et-Cher - France)
  • Décédé le 15 avril 1853 à Vendôme (Loir-et-Cher - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 août 1815 au 5 septembre 1816
Département
Loir-et-Cher
Groupe
Droite
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 31 juillet 1821
Département
Loir-et-Cher
Groupe
Droite/Majorité ministérielle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 1er octobre 1821 au 24 décembre 1823
Département
Loir-et-Cher
Groupe
Droite/Majorité ministérielle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 25 février 1824 au 5 novembre 1827
Département
Loir-et-Cher
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1815 à 1827, né à Meslay (Loir-et-Cher) le 19 octobre 1771, mort à Vendôme (Loir-et-Cher) le 15 avril 1853, il fit ses études au collège de Vendôme, où il eut pour condisciple M. Decazes, qui fut ministre.

Manufacturier et propriétaire, il devint, en 1801, membre du conseil général de Loir-et-Cher. Il se rallia avec empressement au retour des Bourbons, et fut élu, comme royaliste pur, le 22 août 1815, député de Loir-et-Cher, au collège de département, par 82 voix sur 159 votants et 160 inscrits. Il vota constamment, dans la Chambre introuvable, avec la majorité, et se fit remarquer comme orateur dans la discussion de la loi contre les cris et écrits séditieux, et dans celle du budget.

Réélu, le 4 octobre 1816, par 92 voix (153 votants, 184 inscrits), contre 57 à M. Pardessus, il siégea au côté droit, combattit le ministère Decazes, parla contre le projet de loi électorale (décembre 1816 et janvier 1817), et fit, à ce propos, une sortie contre les écrivains qui combattaient les ultra-royalistes. Il vota aussi contre la loi sur la presse, l'estimant insuffisante. En 1819, il s'éleva contre l'usage des pétitions collectives, et se prononça pour les lois d'exception.

Le 1er octobre 1821, Josse-Beauvoir fut réélu député par le 2e arrondissement de Loir-et-Cher (Vendôme), avec 142 voix (244 votants, 324 inscrits), contre 96 à M. Dessaignes. « Depuis lors, dit un biographe parlementaire hostile à la politique de M. de Villèle, M. Josse, croyant avoir assez fait pour l'intérêt de la monarchie, s'est mis à travailler exclusivement dans l'intérêt des ministres. » Il appartint en effet inflexiblement à la majorité dévouée à M. de Villèle, et fut nommé, le 23 avril 1822, conseiller maître à la cour des Comptes. Il aborda encore plusieurs fois la tribune; mais ce fut surtout, dit le biographe déjà cité, dans les coulisses parlementaires qu'il s'attacha à servir le pouvoir. « Diplomate clandestin, éloquent sous la cheminée, M. Josse fut regardé par les ministres comme l'homme des missions délicates; dès lors il a mis autant de soins à se cacher qu'il en avait mis à se montrer lorsqu'il parlait et qu'il votait en député indépendant. » Et plus loin : « M. Josse a joué un rôle très important dans l'affaire de l'achat des journaux pour le ministère, dite la caisse d'amortissement de l'esprit public. C'est lui qui a donné une sorte de cachet historique à ce fameux comité de la rue de Tournon, où deux royalistes, deux libéraux et un doctrinaire, tous ministériels, délibéraient et votaient par assis et levé sur la destinée de telle feuille vendue, sur les moyens d'en acheter telle autre. Devant ce tribunal bigarré comparaissaient chaque jour le directeur des Tablettes, le rédacteur en chef du Pilote, le caissier du Drapeau blanc, le procureur fondé de la Gazette, l'Atlas du Journal de Paris, et les embaucheurs encore ignorés des sept douzièmes de la Quotidienne. C'est là que l'on délibérait gravement sur les moyens de faire croire au public qu'un journal tombé dans la caisse était encore indépendant, afin de persuader à des lecteurs simples et crédules que le ministère avait conquis toutes les opinions, puisqu'il trouvait des prôneurs volontaires dans chacune d'elles. Ainsi on faisait jouer l'indépendance à toutes ces feuilles salariées; on leur ordonnait entre elles la petite guerre, espèce d'escroquerie politique, que le génie du ministérialisme venait d'inventer. C'était un fait avéré que M. Josse dirigeait toutes ces manœuvres, muni de la procuration générale de MM. de Villèle, de Corbière, etc... »

Cette insinuation poursuivit M. Josse-Beauvoir après sa réélection comme député, le 25 février 1824, par 203 voix (212 votants, 270 inscrits). Les journaux restés indépendants le harcelèrent d'épigrammes ; il s'en émut et répondit (juin 1824) aux attaques du Constitutionnel et du Courrier français par une lettre, assez peu probante, et où il écrivait: « Des journaux libéraux ont été achetés, dit-on? Oui, on le dit. Mais assurément ce n'est pas moi qui en ai fait l'acquisition. »

La carrière parlementaire de M. Josse-Beauvoir prit fin aux élections de 1827; il n'obtint dans sa circonscription que 89 voix contre 134 à l'élu, M. Crignon-Bonvalet. Il quitta d'autre part la cour des Comptes, à la chute de Charles X. M. Josse-Beauvoir était officier de la Légion d'honneur et demeurait à Paris, rue de Tournon, n° 12.