Claude Javogues

1759 - 1796

Informations générales
  • Né le 19 août 1759 à Bellegarde (Loire - France)
  • Décédé le 10 octobre 1796 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 9 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Loire
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Bellegarde (Loire) le 19 août 1759 « fils légitime de Mr. Rambert Javogues, avocat en parlement et lotaire royal de Bellegarde et madame Jeanne Marie Coignet », mort à Paris le 10 octobre 1796, il était huissier à Montbrison avant la Révolution.

Partisan ardent des idées nouvelles, il fit partie du directoire du district de Montbrison, et fut élu, le 9 septembre 1792, membre de la Convention par le département de Rhône-et-Loire, le 14e sur 15, avec 480 voix sur 814 votants.

Il prit place à la Montagne, et, dans le procès de Louis XVI, répondit au 3e appel nominal : « Pour préserver les âmes pusillanimes de l'amour de la tyrannie, je vote pour la mort dans les vingt-quatre heures. »

Envoyé en mission dans Rhône-et-Loire en septembre 1793, il prit part au siège de Lyon, se vanta que « le sang coulerait à Montbrison comme l'eau dans les rues », et, pour punir cette ville d'avoir soutenu Lyon, l'appela « Montbrisé » ; il passa ensuite à Mâcon (octobre), où il créa des comités de surveillance dans chaque chef-lieu, fit démolir les châteaux en ordonnant « que les matériaux qui en proviendront soient distribués aux sans-culottes pour se construire des chaumières », et convertit les églises en salles de sociétés populaires et en temples de la raison. De là, Il se rendit dans l'Ain, et entra, le 10 décembre, à « Bourg-Régénéré », en proclamant que « l'édifice de la prospérité publique ne pouvait se consolider que par la destruction et sur le cadavre du dernier des honnêtes gens ». Il venait d'ordonner la destruction des « édifices de luxe », lorsqu'il fut rappelé à Lyon, sur la dénonciation de Couthon, qui lui reprochait d'avoir, dans une de ses proclamations, parlé de lui en ces termes :

« Ah ! Couthon, jusqu'à présent tu n'as été qu'un habile empirique : avec un air apparat de philanthropie, tu n'a jamais cherché le bonheur du peuple ; avec la mot de justice sur tes lèvres tu as l'injustice dans le cœur ; je lis dans le souterrain de tes plus secrètes pensées ; tu as voulu allier ce qui de sa nature était inaliénable (sic), la richesse avec l'amour de la République ».

- « La richesse, répondait Couthon, j'en suis si avide, j'ai accumulé une si grande fortune que si Javogues veut me donner 13.000 livres de tout ce que je possède au monde, je le lui abandonne de grand cœur ; j'en avais un peu plus quand j'ai été fait législateur. Javogues pourrait-il en dire autant ? je le souhaite. »

Et, tout-puissant auprès du comité de salut public et à la Convention, Couthon fit annuler la proclamation de Javogues l'accusa (8 février) « d'exercer avec la cruauté d'un Néron des pouvoirs qui lui avaient été retirés », et fit voter son rappel.

Renvoyé devant le comité de salut public le 23 ventôse, Javogues ne tarda pas à désavouer humblement ses attaques contre Couthon (1er floréal) :

« Des scélérats qui avaient sur pris ma confiance, dit-il, abusant de mon exaltation républicaine, m'avaient égaré sur le compte de notre estimable collègue Couthon. J'ai eu le malheur de céder aux insinuations perfides de ces hommes pervers ; j'ai outragé notre collègue dans une proclamation que je désavoue, que je rétracte (vifs applaudissements), que je voue solennellement an blâme de l'opinion publique (nouveaux applaudissements). Mon cœur n'a jamais cessé d'aimer, d'honorer le citoyen Couthon. Voilà la profession de foi dont je ne me serais jamais écarté si j'eusse toujours été moi. Je prie la Convention de la recevoir et de permettre qu'elle soit insérée au Bulletin. Je sais que Couthon n'en a pas besoin; mais c'est pour moi que je le demande. Un homme pur doit reconnaitre avec franchise ses erreurs, et les réparer autant qu'il est en lui (les applaudissements recommencent et se prolongent). »

Couthon promit alors à Javogues son estime et son amitié, et le Moniteur ajoute : « Javogues et Couthon s'embrassent. »

Instruit par cette expérience, Javogues se tint désormais prudemment en dehors des questions brûlantes; le 26 nivôse au III, il fit l'éloge de Kellermann. Mais, le 19 floréal suivant, il fut dénoncé par les administrateurs de Bourg (Ain), et, le 25, par une pétition des habitants du département de Rhône-et-Loire, comme « l'assassin et le dévastateur de son pays ».

Après l'insurrection de prairial, il fut décrété d'arrestation le 13, et, le 17, Dugué d'Assé déclara à la Convention que « Javogues était accusé par tous les partis, même par les jacobins, d'avoir commis les actes les plus atroces et les plus immoraux ».

Arrêté peu après, il bénéficia de l'amnistie générale du 4 brumaire an IV.

Ayant pris part, le 24 fructidor suivant, à la conspiration du camp de Grenelle, il fut arrêté, passa devant la commission militaire, fut condamné à mort et fusillé.

Date de mise à jour: novembre 2019