Jean-Baptiste Salle

1759 - 1794

Informations générales
  • Né le 28 novembre 1759 à Vézelise (Meurthe - France)
  • Décédé le 20 juin 1794 à Bordeaux (Gironde - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 6 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Nancy (Type : Bailliage)
Groupe
Tiers-Etat
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 3 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Meurthe
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, membre de la Convention, né à Vézelize (Meurthe) le 28 novembre 1759, de Jean Sale, Marchand bourgeois et de Barbe Dumont, exécuté à Bordeaux (Gironde) le 20 juin 1794, « fils du sieur Jean Salle, marchand bourgeois de Vézelize, et de demoiselle Barbe Dumont », il exerçait la médecine dans son pays natal, lorsqu'il fut élu, le 6 avril 1789, député du tiers aux Etats-Généraux par le bailliage de Nancy.

Partisan des idées nouvelles, il les soutint à la Constituante dans les rangs de la majorité réformatrice, fut chargé de visiter les députés blessés par la chute d'une tribune dans la salle de l'archevêché où l'Assemblée s'était installée provisoirement le 15 octobre 1789, fit partie des comités des rapports et de santé, fut secrétaire de l'Assemblée (16 février 1791), et parla contre le veto et pour une assemblée unique ; mais il se déclara partisan de l'inviolabilité royale.

Le 7 septembre 1791, il devint administrateur de la Meurthe ; le 14 avril 1792 il reçut une mention honorable de l'Assemblée législative pour la souscription qu'il avait ouverte à Sarrelouis à l'effet d'entretenir une compagnie de gardes nationaux à cheval.

Elu, le 3 septembre 1792, membre de la Convention par le département de la Meurthe, le 1er sur 8, avec 410 voix (512 votants), il opina avec la Gironde et se montra l'ennemi passionné des Jacobins. « Doué d'une imagination inquiète, agitée, violente, écrit un biographe, il était seul accessible à toutes les suggestions de Louvet, et croyait comme lui à de vastes complots, tramés dans la Commune et aboutissant à l'étranger. »

Lors du procès de Louis XVI, c'est Salle qui proposa et soutint le premier le système de l'appel au peuple, dans la séance du 27 novembre. Il répondit au 2e appel nominal : « Comme nous avons limité nos pouvoirs, comme nous ne sommes que mandataires, comme nos décrets doivent être soumis à la sanction du peuple, comme il m'est impossible de méconnaître sa souveraineté, comme nous avons tout à craindre des factieux, comme nous sommes à la veille d'une guerre, je pense que le seul moyen de donner au peuple une attitude vraiment républicaine, c'est de le faire intervenir dans cette cause. Je dis oui. » Et au 3e appel: « Vous avez rejeté la ratification par le peuple, du décret qui serait prononcé contre Louis, mais mon opinion n'a pas changé, car les opinions sont indépendantes de vos décrets. Je suis persuadé qu'aujourd'hui il ne nous reste plus que le choix des maux de la patrie. Ce n'est pas que je craigne la responsabilité; si j'étais juge, j'ouvrirais le code pénal, et je prononcerais la mort; mais je suis législateur, rien ne peut m'ôter ces fonctions, ni me forcer à les cumuler avec d'autres incompatibles. Si Louis meurt, les chefs de parti se montreront. Louis est au contraire le prétendant qui pourra le plus dégoûter le peuple de la royauté. J'ai donc fait sans peine mon choix entre les deux opinions qui vous sont soumises, parce que mes adversaires mêmes me l'ont dicté ; il m'ont dit : Ne renvoyez pas au peuple, parce qu'il ne voterait pas pour la mort. Mais moi, je ne veux prononcer que comme le peuple ; vous-mêmes m'avez dit que loi n'a de caractère qu'autant qu'elle est l'expression présumée de sa volonté. Je demande donc que Louis soit détenu jusqu'à la paix. »

Compromis avec les Girondins, Salle fut mis hors de loi (28 juillet 1793), et se réfugia avec ses amis dans le Calvados, puis aux environs de Bordeaux. Caché dans le grenier de Guadet père à Saint-Emilion, il y écrivit une tragédie : Charlotte Corday, la soumit aux corrections des Girondins, ses amis, retirés dans les environs ; ceux-ci, faute de pouvoir communiquer avec lui, lui transmirent leur impression par écrit. Découvert et arrêté le 19 juin 1794, Salle fut condamné à mort le jour même; il écrivit à sa femme une lettre touchante, et monta à l'échafaud le lendemain.

Date de mise à jour: janvier 2019