Maurice Fredet

1899 - 1962

Informations générales
  • Né le 9 février 1899 à Nantes (Loire-Inférieure - France)
  • Décédé le 18 mars 1962 à Chartres (Eure-et-Loir - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Eure-et-Loir
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Eure-et-Loir
Groupe
Républicains indépendants

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 9 février 1899 à Nantes (Loire-inférieure)

Décédé le 18 mars 1962 à Chartres (Eure-et-Loir)

Député d'Eure-et-Loir de 1946 à 1955 Ancien interne des hôpitaux de Paris, Maurice Fredet exerce en qualité de chirurgien à l'Hôtel Dieu de Chartres et siège au Conseil municipal de cette ville depuis 1935. Maintenu dans ses fonctions municipales par le gouvernement de Vichy, il est réélu aux élections qui suivent la Libération et conservera son mandat lors des renouvellements de 1947 et de 1953. Sa participation au second conflit mondial et à la libération de la préfecture de l'Eure-et-Loir lui vaudront la Croix de guerre et la médaille de la libération de Chartres.

Aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante, Maurice Fredet figure en deuxième position sur la liste du Parti républicain de la liberté (PRL), conduite par Pierre Joly, député sortant. Bien que cette formation accentue son avance, 29,6 % des suffrages exprimés contre 26,3 % lors de la précédente consultation, elle n'obtient pas de siège supplémentaire. Candidat dans les mêmes conditions aux élections législatives du 10 novembre 1946, Maurice Fredet bénéficie d'une nouvelle progression du PRL, 33,7 % des voix, qui remporte deux des quatre sièges à pourvoir.

Inscrit au groupe PRL, le député d'Eure-et-Loir siège pendant toute la durée de la législature à la Commission de la famille, de la population et de la santé publique. Il appartient aussi à celles des moyens de communication (1948), des boissons, du suffrage universel et du ravitaillement (1949). Il est enfin nommé juré à la Haute cour de justice.

Elu d'un département producteur de blé, Maurice Fredet se préoccupe de l'organisation du marché et de la qualité de cette céréale. Il s'intéresse plus généralement aux prix agricoles, à la situation sociale et fiscale des agriculteurs et à la politique agricole dans son ensemble sur laquelle il interpelle le gouvernement à plusieurs reprises.

C'est cependant en matière de santé publique qu'il déploie l'essentiel de son activité parlementaire : exercice de la profession médicale, vaccinations collectives réalisées dans des conditions peu rigoureuses, hôpitaux encombrés par des malades ne nécessitant pas de soins lourds, hospitalisation de jour, personnes âgées placées dans des hôpitaux psychiatriques. Prévoyant l'utilisation croissante du sang humain provoquée par les progrès de la chirurgie, l'ancien interne des hôpitaux de Paris jette les bases, dans un rapport du 28 décembre 1950, d'un système de collecte et de distribution du sang sous le contrôle de l'Etat. Stigmatisant ce qu'il estime être des dérives du système de Sécurité sociale, il manifeste néanmoins son attachement aux allocations familiales et à la couverture du « petit risque ».

Pendant cette législature il vote contre le statut de l'Algérie (27 août 1947) et, ayant déposé une proposition de loi instituant le scrutin majoritaire plurinominal à un tour pour l'élection des députés, il explique ainsi son vote négatif sur la loi électorale instituant les apparentements : « avec ces complications et ces finasseries vous vous exposez à voir l'électeur moyen, qui ne s'intéresse guère à nos tours de prestidigitateur, déserter les urnes plutôt que d'aller voter dans ce qui est pour lui l'inconnu » (30 avril 1951).

Aux élections législatives du 17 juin 1951, le RPF ne présente pas de liste en Eure-et-Loir, mais apporte son soutien aux deux députés sortants PRL qui sont candidats sur la « liste d'union des Républicains nationaux indépendants et paysans et du Rassemblement du peuple français ». Maurice Fredet qui, à son mandat de conseiller municipal de Chartres, a ajouté en 1949 celui de conseiller général de Chartres-sud, figure en deuxième position sur cette liste. Avec 39,8 % des suffrages exprimés, elle arrive nettement en tête et obtient deux élus. Sur sa gauche l'apparentement conclu entre la SFIO, les radicaux, RGR et UDSR et le MRP permet aux radicaux de gagner un siège au détriment du Parti communiste, privé de toute représentation.

Inscrit au groupe des Républicains indépendants, il retrouve la Commission de la famille, de la population et de la santé publique dont il devient vice-président à partir de 1953 et appartient également pendant toute la durée de la législature à celle de la défense nationale qui, en mars 1955, le désigne pour faire partie de la Commission de coordination de l'énergie atomique et des recherches nucléaires.

Le député d'Eure-et-Loir s'intéresse toujours aux questions agricoles et de santé publique. A ce dernier titre, il rapporte le projet de loi relatif à l'utilisation thérapeutique du sang humain (14 mars 1952), propose le dosage de l'alcool absorbé par les personnes impliquées dans un accident de la circulation (6 avril 1954) et intervient dans la discussion du projet de loi concernant la lutte contre l'alcoolisme (8 et 9 novembre 1955).

S'il prend à nouveau la parole sur les textes fiscaux pour défendre la doctrine des indépendants en la matière (30 décembre 1951, 6 juillet 1954), il s'inscrit largement dans le domaine de compétence de la Commission de la défense nationale. En tant que médecin, il dénonce l'insuffisance de l'organisation sanitaire en temps de guerre (13 juin 1952, 3 février 1953). En tant que parlementaire modéré, il soutient la politique du Gouvernement Laniel en Indochine (2, 9 et 12 juin 1954).

Pendant cette législature, Maurice Fredet se prononce pour les lois Marie et Barangé, en faveur de l'enseignement privé (21 septembre 1951), vote contre l'investiture de Pierre Mendés France (17 juin 1954), s'abstient sur les Accords de Genève qui mettent fin aux hostilités en Indochine (23 juillet 1954) et participe à la chute de son gouvernement (4 février 1955).

Dans deux autres domaines il convient de s'arrêter sur les choix de Maurice Fredet : l'Europe et le mode de scrutin.

Il vote contre la Communauté européenne du charbon et de l'acier - CECA -(13 décembre 1951) mais le 30 août 1954 il vote contre la question préalable opposée à la Communauté européenne de défense (CED). Cependant il ne poursuit pas dans cette voie. Le 12 octobre 1954 il s'abstient sur les Accords de Londres relatifs à la fin de l'occupation de l'Allemagne et, le 29 décembre de la même année, il vote contre les Accords de Paris qui autorisent le réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN.

Favorable, on l'a vu, au scrutin majoritaire pour l'élection des députés, Maurice Fredet dépose le 22 novembre 1952 une proposition de loi modifiant le régime des élections municipales. Elle a pour objet, d'une part de porter de 9 000 à 60 000 habitants le seuil d'application de la proportionnelle et, d'autre part, d'introduire des éléments majoritaires dans le mode de scrutin réservé aux communes de plus de 60 000 habitants. Pourtant, par fidélité politique, il accorde la confiance au gouvernement Edgar Faure sur le mode de scrutin et la date des élections législatives (29 novembre 1955 - chute du cabinet).

Ce vote entraîne la dissolution de l'Assemblée nationale. Aux élections du 2 janvier 1956, la liste modérée, sur laquelle Maurice Fredet figure à nouveau en deuxième position, subit la concurrence des formations se réclamant de Pierre Poujade. Elle rétrograde de plus de 15 points et seul Pierre July, tête de liste, conserve son siège.

Après cet échec, l'ancien député d'Eure-et-Loir qui avait été réélu au conseil général (1955) se présente sans succès à l'élection sénatoriale partielle du 4 mars 1956.



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