Emilienne, Berthe Galicier

1911 - 2007

Informations générales
  • Né le 11 juin 1911 à Villeneuve-sur-yonne (Yonne - France)
  • Décédé le 7 juillet 2007 (Lieu de décès inconnu)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Nord
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 11 juin 1911 à Villeneuve-sur-Yonne (Yonne)

Membre de la première et de la seconde Assemble nationale Constituante (Nord)

Député de 1946 à 1958 (Nord)

Emilienne Galicier est née le 11 juin 1911 en Bourgogne dans une famille de petits vignerons. Elle quitte a 11 ans l'école pour être employée dans une famille bourgeoise avant de travailler dans l'usine de sa ville natale. Victime du chômage, elle quitte Villeneuve-sur-Yonne et travaille dans une charcuterie. Elle commence alors une activité militante d'abord syndicale, elle accède à d'importantes responsabilités dans le syndicat des Charcutiers, puis politique à partir de son adhésion au Parti communiste en 1935.

Pendant la seconde guerre mondiale, Emilienne Galicier participe à la Résistance contre l'envahisseur allemand. Recherchée à Paris, elle est envoyée dans le département du Nord. Elle est responsable de l'Union des Femmes Française pour le Nord, le Pas-de-Calais, l'Aisne et les Ardennes.

Aux élections à la première Assemblée nationale constituante, le 21 octobre 1945, cette militante du Front National figure en troisième position sur la liste communiste conduite par Henri Martel dans la troisième circonscription du Nord. Avec 159 623 suffrages sur 430 182 suffrages exprimés, le Parti communiste domine le scrutin et gagne quatre sièges. Le 2 juin 1946, en léger recul (153 590 voix sur 439 159 suffrages exprimés), la liste communiste perd un siège. L'ancienne charcutière résistante est nommée dans les deux assemblées membre de la commission de l'agriculture et du ravitaillement et la Commission de la reconstruction et des dommages de Guerre. Le 10 novembre 1940, la liste communiste sur laquelle figure à nouveau Emilienne Galicier en troisième place retrouve un quatrième siège avec 160 074 voix sur 435 161 suffrages exprimés grâce à l'octroi d'un siège supplémentaire à la circonscription.

Au cours de la législature, Emilienne Galicier est nommée membre de la Commission du ravitaillement et de la Commission de la presse. Son action parlementaire consiste pour l'essentiel à intervenir en faveur du sort des femmes, des familles et des ouvrières du textile. Dans le climat de guerre froide qui s'installe jusqu'à l'intérieur du Palais Bourbon, Emilienne Galicier n'hésite pas en séance publique le 24 juin 1948 à gifler le député Abel Bessac. « Je ne vous permets pas d'insulter notre parti dont la politique a toujours été conforme à l'intérêt national » lance Emilienne Galicier à sa victime dont le patriotisme lui avait pourtant valu d'être déporté à Bergen-Belsen. Un autre député communiste ayant menacé de gifler à son tour quiconque attaquerait le patriotisme du PCF pendant la guerre, le président de l'Assemblée lève la séance pour éviter que l'incident ne dégénère. Le 9 avril 1951, Emilienne Galicier dénonce le silence de la radio sur l'Assemblée nationale pour le désarmement qui s'est tenue le 11 mars à Gennevilliers et qui a réunit 40 000 délégués.

Le 17 juin 1951, aux élections à la deuxième Assemblée nationale, Emilienne Galicier est rétrogradée en quatrième position derrière trois hommes. En dépit d'un apparentement conclu entre les listes soutenant le régime, les sièges sont répartis à la proportionnelle. Avec 163 809 voix sur 440 256 suffrages exprimés, la liste communiste remporte 4 sièges contre 3 pour la SFIO, 2 pour le RPF et un pour le MRP. Au Palais Bourbon, Emilienne Galicier retrouve les Commissions dans lesquelles elle avait siégé lors de la précédente législature et ses centres d'intérêt. Plus active que sous la précédente législature, elle dénonce la politique des gouvernements qui vise à rendre plus difficile encore la condition ouvrière. Ainsi, le 13 septembre 1951, lors de la discussion d'une proposition de loi instituant l'échelle mobile, au nom du groupe communiste, elle accuse le Gouvernement de vouloir utiliser l'échelle mobile pour produire dans l'établissement du taux des salaires la notion de productivité, pour répondre aux vœux des Etats-Unis qui, d'après elle, considèrent que les ouvriers doivent travailler plus en France. S'adressant au président René Pleven, Emilienne Galicier précise que le groupe communiste se prononce « contre la politique de vassalisation de la France (...) que vous avez attelée au char américain de guerre et de misère ». A de nombreuses reprises, elle intervient pour exiger des pouvoirs publics des mesures en faveur de l'industrie textile du Nord. Ainsi, le 1er juillet 1952, propose-t-elle que la France exporte plus sensiblement en Union soviétique, immense marché inexploré. En revanche, elle condamne l'exportation du sucre en Allemagne qui serait transformé en alcool et « avec cet alcool, les Allemands fabriqueront les explosifs dont se servira la nouvelle Wehrmacht contre notre peuple et la paix du monde » (22 octobre 1953). Pour l'industrie textile et au nom du groupe communiste, elle participe, le 18 mai 1955, à la discussion du projet de loi relatif au deuxième plan de modernisation et d'équipement. Avant de développer son intervention, Emilienne Galicier précise dès la première phrase à ceux qui en doutaient encore ce que sera la position du groupe communiste : « le plan de modernisation et d'équipement qui nous est présenté ne peut recevoir l'approbation de la clases ouvrière car il est un programme économique fait par le gouvernement des patrons au service de la bourgeoisie dans le cadre du régime capitaliste ».

Le 2 janvier 1956, Emilienne Galicier, toujours en quatrième position, est réélue. La liste communiste obtient 181 593 voix sur 485 909 suffrages exprimés. Emilienne Galicier est nommée membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale. Elle dépose plusieurs propositions de loi ou de résolution dont l'une vise à faire respecter l'égalité des salaires féminins et masculins tandis qu'une autre proposition tend à fixer à quarante heures la durée maximum hebdomadaire du travail des femmes et comportant deux jours de repos consécutifs. Le 5 juillet 1957, le député du Nord intervient lors du débat du projet de loi portant ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom. La création de la CEE, pour le PCF, induirait l'alignement des mesures sociales sur la situation la moins favorable en Europe. La France ne serait alors plus libre de sa politique sociale.

De 1945 à 1958, Emilienne Galicier respecte les consignes de vote de son parti.



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