Marie Lambert

1913 - 1981

Informations générales
  • Né le 26 octobre 1913 à Landerneau (Finistère - France)
  • Décédé le 22 janvier 1981 à Le kremlin-bicêtre (Val-de-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 15 juillet 1948 au 4 juillet 1951
Département
Finistère
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Née le 26 octobre 1913 à Landerneau (Finistère)
Décédée le 22 janvier 1981 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)

Député du Finistère de 1948 à 1951

Marie Lambert est née le 26 octobre 1913 à Landerneau, dans le Finistère, de parents agriculteurs. Née Marie-Yvonne Perrot, elle a tout juste dix-huit ans lorsqu'elle épouse, le 9 novembre 1931, Henri Lambert. Son engagement dans les rangs des FTP, où elle accède au grade de sous lieutenant, la conduit, au lendemain de la guerre, à rejoindre le Parti communiste, dont elle devient secrétaire fédérale pour le Finistère. C'est sous l'étiquette communiste que Marie Lambert accède, au printemps 1945, à son premier mandat électif : elle devient conseillère municipale de sa ville natale de Landerneau.

Marie Lambert tente une première fois d'entrer au Parlement à l'occasion des élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante ; elle figure alors en quatrième position sur la liste du PCF conduite dans le Finistère par le journaliste Pierre Hervé, mais la liste n'obtient que deux élus. Le Parti communiste consolide ses positions aux élections du 10 novembre 1946 pour la première Assemblée législative : avec 105 886 voix sur 380 219 suffrages exprimés, la liste remporte trois des neuf sièges à pourvoir. Marie Lambert, toujours en quatrième position sur la liste du parti communiste, ne doit toutefois qu'à la démission de Pierre Hervé, en désaccord avec la ligne politique imposée par la direction du Parti, de faire son entrée au mois de juin 1948 à l'Assemblée nationale.

Marie Lambert siège à la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre et à la Commission de l'agriculture. Son activité parlementaire, éclectique, témoigne d'ardentes convictions communistes. Elle dépose notamment, le 2 février 1950, une proposition de loi destinée à mettre un terme au recrutement féminin pour le corps expéditionnaire en Indochine. Marie Lambert dénonce dans ce texte les méthodes de recrutement mises en place par les autorités militaires, et l'« intense propagande qui pénètre jusqu'aux campagnes les plus reculées » : « le simple énoncé des postes offerts est une pression intolérable sur ces jeunes filles et jeunes femmes sous-alimentées, quelquefois affamées et presque toujours tourmentées par la nécessité d'aider leur famille à vivre. Usant des procédés les plus vils, les autorités militaires, c'est à dire le gouvernement, termine ses offres d'emploi par celui d'opératrice de cinéma. On espère ainsi tenter les jeunes dont l'esprit a été travaillé d'avance par la littérature empoisonnée importée d'Amérique et diffusée à foison en France, et qui seraient attirées par l'aventure et la vertu du mot magique « cinéma ». »

Marie Lambert fait l'objet de poursuites pénales au printemps 1950 ; on lui reproche d'avoir soutenu la grève des ouvriers du bâtiment de Brest, au cours de laquelle fut organisée, dans l'enceinte de la Maison des syndicats de la ville, la séquestration d'un patron du bâtiment. Marie Lambert se défend cependant d'avoir pris part à cette opération ; bien plus, elle affirme avoir été à l'origine, avec les dirigeants du syndicat du bâtiment et ses collègues parlementaires du Finistère Gabriel Paul et Alain Signor, de la libération de l'otage : elle aurait su persuader les femmes de grévistes qui, indignées de son refus de discuter avec leurs maris, avaient forcé le patron à les accompagner, de renoncer à leur action. Le récit de Marie Lambert ne convainc pas ses collègues parlementaires, qui votent le 27 avril la levée de son immunité par 403 voix contre 182.

Marie Lambert se montre particulièrement soucieuse de préserver vivace la mémoire de la guerre et de ses massacres. A deux reprises, le 2 février et le 21 mars 1951, elle interpelle le gouvernement au sujet du procès de l'ex-général nazi Ramcke, « responsable des assassinats, pillages et incendies commis contre la population civile de Brest ». Evadé le 18 février, l'ancien commandant en chef des troupes allemandes stationnées à Brest s'est constitué prisonnier le 7 mars, avant d'être condamné le 21 mars par le Tribunal militaire de Paris à cinq ans de réclusion ; Marie Lambert dénonce alors « l'intolérable déroulement du procès du nazi Ramcke (...) dont la conclusion scandaleuse équivaut à un véritable acquittement, une insulte à la mémoire des morts de la libération bretonne, la justification cynique des méthodes de nazis, l'encouragement honteux aux bourreaux hitlériens appelés à reprendre service dans l'armée européenne du général Eisenhower ».

De fait, à plusieurs reprises, Marie Lambert s'emploie aussi à dénoncer l'influence américaine en Europe ; elle dépose ainsi, le 20 mars 1951, une demande d'interpellation sur la « participation active du gouvernement à la politique de guerre américaine, dont le président Eisenhower vient d'annoncer qu'elle pourra conduire à utiliser la Bretagne comme »réduit« pour les troupes d'USA, déclaration qui a soulevé une immense émotion parmi toute la population bretonne encore accablée par le poids des destructions et des ruines accumulées par la dernière guerre ».

Marie Lambert sollicite sans succès le renouvellement de son mandat lors des élections législatives du 17 juin 1951 : elle est victime du recul de la liste communiste conduite par Alain Signor, qui ne recueille plus que 78 541 voix sur 375 012 suffrages exprimés. Marie Lambert abandonne alors la vie politique pour se consacrer au journalisme, collaborant à plusieurs titres de la presse communiste : successivement rédactrice au service de politique étrangère de l'Humanité puis au service politique au journal France Nouvelle, Marie Lambert prend ensuite la direction du journal Femmes françaises. Divorcée depuis décembre 1951 de Henri Lambert, elle épouse le 30 juillet 1970 le député communiste Georges Gosnat, l'un des principaux responsables des activités commerciales et financières du PCF, chargé aussi des relations avec la presse.

Marie Lambert décède le 22 janvier 1981 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne)


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