Adolphe Maujan

1853 - 1914

Informations générales
  • Né le 3 juin 1853 à Pontaneveaux (Saône-et-Loire - France)
  • Décédé le 23 avril 1914 à Saint-maur-des-fossés (Val-de-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Seine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1902 au 31 mai 1906
Département
Seine
Groupe
Radical-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 20 mai 1906 au 19 janvier 1909
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1909 au 1er janvier 1914

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 3 juin 1853 à Pontaneveaux (Saône-et-Loire), mort le 23 avril 1914 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine).

Député de la Seine de 1889 à 1893 et de 1902 à 1909.
Sénateur de la Seine de 1909 à 1914.
Sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur du 20 juillet 1907 au 24 juillet 1909.

D'origine modeste - son père avait débuté dans la vie comme ouvrier charpentier - Adolphe Maujan put, ses études achevées, entrer à l'Ecole de Saint-Cyr en 1873, d'où il sortit sous-lieutenant au 76e régiment de ligne. Il était capitaine lorsque, en février 1883, le général Thibaudin, devenu ministre de la Guerre l'appela auprès de lui comme secrétaire ; il avait déjà été à Orléans son officier d'ordonnance et l'aide de camp du général Millot, commandant la Place de Paris. Lorsque, en octobre de la même année, le général Campenon succéda à Thibaudin, il désigna d'office Maujan pour commander une compagnie disciplinaire à Lambessa : le jeune capitaine démissionna plutôt que d'accepter.

Ses opinions républicaines et son opposition lui firent offrir une candidature radicale dans l'Hérault, circonscription de Lodève, lors d'une élection partielle le 25 novembre 1883 : il n'obtint que 340 voix sur 13.479 votants mais acquit le goût de la compétition politique. Il fonda un journal socialiste La France libre qui ne vécut guère et partit, au renouvellement législatif de 1885, à l'assaut du département de la Loire à la tête de la liste radicale et sous le thème de l'antiboulangisme ; ce fut un second échec : 18.950 voix sur 111.360 votants au premier tour.

Nullement découragé, il chercha à Paris un sort plus favorable et l'obtint enfin : la 1re circonscription du Xe arrondissement lui donna, aux élections générales de 1889, un siège à la Chambre, mais au second tour seulement. Au premier, le docteur Chevillon, boulangiste, député sortant de Marseille, était en tête, Maujan le suivant à quelque 800 voix avec 4.092 suffrages sur 14.282 votants; au scrutin de ballottage, Maujan l'emportait facilement par 7.436 voix sur 13.210 votants contre 5.559 au candidat boulangiste.

Maujan est un député actif qui s'intéresse aussi bien à la réforme générale de l'impôt ou à la révision des lois constitutionnelles qu'aux menées boulangistes et aux remous de l'affaire de Panama.

En 1893, Maujan qui avait fondé l'année précédente une feuille radicale-socialiste Germinal est battu dans la même circonscription, au second tour, par le socialiste Groussier: 3.987 voix sur 11.268 votants contre 5.817 à celui-ci, élu ; au premier tour, Maujan était déjà en seconde position avec 4.161 voix sur 12.006 votants. Groussier ayant démissionné en mars 1896, Maujan se désintéresse du Xe arrondissement. C'est qu'en effet il avait cru trouver à Dreux quelques mois plus tôt, le 3 novembre 1895, l'occasion de rentrer à la Chambre : cette nouvelle circonscription lui réserve, elle aussi, un échec : 6.317 voix sur 14.194 votants contre 7.676 au progressiste Victor Dubois, qui a le mérite d'être de la région. En 1898, il n'a pas davantage de chance devant le même candidat qui est élu au premier tour avec 8.150 voix sur 16.296 alors que lui-même en rassemble 7.957.

En 1902, Maujan, qui n'en est plus à un changement près, retrouve la Seine, mais dans la 2e circonscription de l'arrondissement de Sceaux où le député radical-socialiste sortant, Baulard, ne se représentait pas. Cette fois-ci, c'est le succès, au second tour cependant. En seconde position au premier tour avec 7.206 voix sur 22.657 votants, il l'emporte de justesse, à 103 voix de différence, au scrutin de ballottage, par 10.659 voix sur 21.646 votants, sur le nationaliste Fatoux. En 1906, les choses se passent mieux mais il faut quand même deux tours (9.173 voix au premier sur 26.342 votants) pour qu'il soit brillamment élu avec 14.912 voix sur 23.132 votants contre 7.911 à Péchin.

Siégeant dans les rangs radicaux, Maujan appartient à trois commissions : celle de l'armée, de la législation fiscale et du budget. Ce furent en effet les trois points principaux de son activité. Auteur de près d'une vingtaine de propositions de loi ou de résolution sur le recrutement, les cadres de l'armée active et de la réserve, les périodes d'instruction militaire, la réforme générale et l'assiette de l'impôt, etc... il intervint fréquemment sur les mêmes matières, concluant souvent les débats par un ordre du jour motivé.

La crise viticole dramatique qui secouait le midi de la France depuis mars 1907 devait amener Maujan dans les allées du pouvoir. Maujan acceptait le sous-secrétariat d'Etat à l'Intérieur, qu'avait dû abandonner Albert Sarraut, et le gardait deux ans, jour pour jour, jusqu'à la chute du cabinet Clemenceau, le 20 juillet 1909. Il devait principalement défendre le budget du ministère et répondre à diverses questions. Maujan saisit l'occasion du renouvellement triennal du 3 janvier 1909 pour briguer un siège à la Haute Assemblée. Il fut élu sénateur de la Seine dès le premier tour de scrutin, par 626 voix sur 934 votants, en troisième position.

Il siégea dans les rangs de la gauche démocratique et appartint entre autres, comme à la Chambre, à la commission de l'armée. Il s'intéressa spécialement au recrutement (loi de 1913 dite de 3 ans) et à la réforme électorale.

Adolphe Maujan mourut en cours de mandat, le 23 avril 1914, à l'âge de 61 ans.

Il avait publié et fait jouer, sous le pseudonyme de Jean Malus, deux pièces de théâtre : Léa (1881) et Jacques Bonhomme (1886), et sous son nom une brochure sur la Réforme générale de l'impôt en 1891.