Maurice Sibille

1847 - 1932

Informations générales
  • Né le 21 mai 1847 à Nantes (Loire-Inférieure - France)
  • Décédé le 26 juillet 1932 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Loire-Inférieure
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Loire-Inférieure
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Loire-Inférieure
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Loire-Inférieure
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Gauche démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Républicains de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Gauche républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Républicains de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Républicains de gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 21 mai 1847 à Nantes (Loire-Inférieure), mort le 26 juillet 1932 à Paris (7e).

Député de la Loire-Inférieure de 1889 à 1932.

Fils d'un avoué, conseiller municipal, adjoint au maire de Nantes, Maurice Sibille fut d'abord reçu au concours de l'Ecole des mines, mais renonçant à la carrière d'ingénieur, il entreprit des études juridiques pour devenir avocat. Pendant la guerre de 1870, il fit campagne comme lieutenant d'artillerie. A la fin des hostilités, il s'inscrivit au barreau de sa ville natale et s'intéressa très tôt aux affaires publiques.

Conseiller d'arrondissement en 1875, conseiller général représentant le 5e canton de Nantes en 1880, Maurice Sibille avait 42 ans quand il brigua les suffrages des électeurs de la 1re circonscription nantaise.

Le 6 octobre 1889, il est élu au second tour de scrutin par 6.898 voix contre 5.798 à Sosthène Vivier, candidat de la droite, sur 12.828 votants.

Membre de diverses commissions et du conseil supérieur du travail, siégeant parmi les républicains de gauche, Maurice Sibille est rapporteur de la loi du 2 novembre 1892 sur le travail des enfants et des femmes dans les établissement industriels. En outre, il intervient dans les discussions budgétaires, notamment en matière d'agriculture et d'instruction publique.

Réélu député en 1893 - il le sera d'ailleurs constamment jusqu'en 1932- par 6.590 voix contre 2.660 à Brunellière sur 11.641 votants, il s'intéresse plus particulièrement durant ce second mandat aux questions sociales. Il siège aussi au comité de l'Exposition de 1900. Aux renouvellements de 1898, 1902 et 1906, Maurice Sibille l'emporte sur le même concurrent que précédemment à des majorités croissantes : 6.711 voix contre 5.753, 8.815 contre 5.866 et 9.408 contre 4.627.

Siégeant à présent à la commission du budget, il est nommé rapporteur spécial du budget des travaux publics pour les chemins de fer de l'Etat. Mais, à titre personnel, il intervient aussi sur l'assistance aux vieillards et sur le repos hebdomadaire. Il prend désormais une part très active aux travaux de la Chambre. En désaccord avec la politique du Bloc, il refuse la confiance au ministère Combes (4 novembre 1904), mais soutient néanmoins le ministère Clemenceau (6 avril et 12 juin 1908).

En 1910, candidat cette fois-ci dans la 2e circonscription de Nantes, il l'emporte le 24 avril sur Rivaud par 7.292 voix contre 2.783 pour 12.542 votants. Membre de la commission des travaux publics, il n'est inscrit à aucun groupe et s'élève avec force contre une proposition de résolution tendant à faire nommer les membres des commissions par les bureaux des partis.

Dans le même esprit, il se prononce en faveur de la représentation des minorités (1er juillet 1912) dans la longue bataille qui divise le monde parlementaire en partisans et adversaires de la représentation proportionnelle. Mais bientôt un autre débat va occuper la scène politique et servir de thème aux élections législatives de 1914 : la loi militaire adoptée par la Chambre le 14 juillet 1913. Le 10 mai 1914, il ne l'emporte qu'au second tour de scrutin par 6.625 voix contre 4.047 à M. Chatellier sur 10.748 votants.

Les élections de 1919 ont lieu au scrutin de liste. Dans la 1re circonscription de la Loire-Inférieure, Maurice Sibille est élu, le 16 novembre, à la plus forte moyenne avec 24.515 suffrages sur la liste de l'union des républicains. qui compte deux autres élus de marque, Briand et Guist'hau.

Président de la commission des travaux publics et des moyens de communication, membre de la commission des affaires étrangères, il intervient essentiellement lors des discussions budgétaires. De 1922 à 1924, il ne cesse de soutenir la politique de Poincaré revenu à la tête du gouvernement.

Réélu le 11 mai 1924 au quotient électoral par 32.265 voix sur 75.668 suffrages exprimés, Maurice Sibille fait partie des mêmes commissions que précédemment. Mais les relations extérieures l'absorbent davantage et, en tant que délégué de la France aux conférences de Paris, de Barcelone, de Berne et de Genève, il signe plusieurs accords internationaux relatifs aux transports. Sur le plan intérieur, il affirme la nécessité d'une politique d'assainissement financier et monétaire. Aussi est-il conduit à déposer le 9 février 1928 un ordre du jour de confiance à Poincaré, que la Chambre adopte par 370 voix contre 131. Le scrutin uninominal ayant été rétabli en 1927, Maurice Sibille retrouve ses électeurs de la 2e circonscription de Nantes, qui lui accordent, dès le premier tour, le 22 avril 1928, 8.183 suffrages contre 5.835 à Le Roux sur 15.964 votants. Doyen d'âge de la nouvelle Chambre, il préside les séances lors des renouvellements du bureau. A ce titre, il prononce le 3 janvier 1931 l'éloge funèbre du maréchal Joffre et le 13 janvier, pour l'ouverture de la session, une allocution de pensée élevée où il évoque la crise économique mondiale. Elu vice-président de la Chambre le 14 janvier 1932, il démissionne peu après.

Le 26 juillet 1932, Maurice Sibille, qui ne s'était pas représenté aux élections législatives du mois de mai précédent, meurt à Paris, à l'âge de 85 ans, après avoir siégé sans interruption au Palais-Bourbon pendant 43 ans.