Charles Le Myre de Vilers

1833 - 1918

Informations générales
  • Né le 17 février 1833 à Vendôme (Loir-et-Cher - France)
  • Décédé le 9 mars 1918 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 12 décembre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Cochinchine française
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 31 mai 1898
Département
Cochinchine française
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Cochinchine française

Fonds d'archives

Le fonds Le Myre de Vilers, constitué de six articles, est conservé aux Archives nationales d’outre-mer sous la cote 7 PA. De provenance inconnue, ce fonds n’est pas classé. Couvrant la période 1877-1893, il comporte des documents ayant trait à ses activités de gouverneur de la Cochinchine, de député de cette colonie, de ministre plénipotentiaire au Siam. Figurent également des journaux de voyage des membres de la mission Pavie. L’activité de Le Myre de Vilers en Algérie est également présente par des documents sur l’agriculture, les chemins de fer, la sûreté, les maghzens, l’assistance publique. Ces archives sont librement communicables. De plus amples renseignements sont disponibles sur le site Internet des Archives nationales d’outre-mer.

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 17 février 1833 à Vendôme (Loir-et-Cher), mort le 9 mars 1918- à Paris (16e).

Député de la Cochinchine de 1889 à 1902.

Fils d'officier de cavalerie, Le Myre de Vilers se destina à la marine. Eleve de l'Ecole navale en 1849, aspirant en 1853, enseigne de vaisseau en 1855, chevalier de la Légion d'honneur le 13 août 1859, il quitte la marine en 1861 et entre dans l'administration préfectorale. Sous-préfet de Joigny le 1er mars 1863, puis de Bergerac le 30 octobre 1867, il est préfet d'Alger en novembre 1869. Pendant la guerre de 1870, il reprend du service dans la marine et sert comme lieutenant de vaisseau. Officier d'ordonnance de l'amiral de La Roncière commandant le corps des marins pendant le siège de Paris, sa conduite lui vaut, à 38 ans, le 26 janvier 1871, la rosette de la Légion d'honneur. Licencié de la marine un mois plus tard, il est réintégré le 26 mars 1873 dans l'administration préfectorale comme préfet de la Haute-Vienne puis, à la demande du général Chanzy, est nommé directeur des affaires civiles et financières en Algérie de 1877 à 1879.

Le 13 mai 1879, il devient le premier gouverneur civil de la Cochinchine et ministre plénipotentiaire à la cour d'Annam : il s'efforce alors de séparer nettement pouvoir civil et militaire, d'élaborer un code pénal, de créer un conseil colonial mi-parti, des conseils d'arrondissement et le conseil municipal de Saïgon, de même que la construction d'un réseau routier et ferroviaire.

Mais son hostilité à l'expédition du Tonkin fut à l'origine de sa révocation en mai 1882. Admis à la retraite en 1883, il est rappelé le 9 mars 1886 par Freycinet qui le charge, en tant que ministre plénipotentiaire de 1re classe, des fonctions de Résident général à Madagascar. Là encore, il est le premier à occuper le poste qui vient d'être créé par le traité franco-malgache de 1885. Arrivé à Tananarive le 14 mai 1886, il trouve une situation difficile et, en face de lui, un premier ministre malgache. Rainilaiarivony, d'une grande habileté. Il put régler unilatéralement cependant la délimitation du territoire de Diego-Suarez et faire construire la ligne télégraphique Tananarive-Tamatave.

En juillet 1889, il quitte son poste pour briguer le siège de député de la Cochinchine. Il est élu le 12 décembre 1889 par 486 voix contre 427 à Ternisien; réélu en 1893 par 806 voix sur 956 votants, puis en 1898 avec 953 voix sur 1.477 votants contre 162 à Henriot.

Membre des commissions relatives aux questions maritimes et coloniales, Le Myre de Vilers mettra au service de celles-ci l'expérience acquise tant en Cochinchine qu'à Madagascar. Nombreux et divers sont les rapports qu'il déposera en ces matières, que ce soit au point de vue budgétaire ou de l'organisation et de la mise en valeur des colonies.

Ses interventions à la tribune seront aussi toutes marquées par son expérience personnelle. Il soutient en 1890 la création d'un ministère des Colonies indépendant. Au cours de la 6e législature, Le Myre de Vilers est un personnage : depuis qu'il a quitté Madagascar en 1889, la situation n'a fait que s'y détériorer. Dans un dernier effort de conciliation, il est renvoyé en l'automne de 1894 à Tananarive, où il arrive le 14 octobre : reçu par le premier ministre le 15 et par Ranavalona le 16, il remet le lendemain au ministre un projet de traité, lui donnant trois jours pour y répondre ; le délai accompli, Le Myre de Vilers adresse à Rainilaiarivony un ultimatum expirant le 26 octobre. Malgré un mémoire et un contre-projet, l'ultimatum étant resté sans effet, il quitte Tananarive le 27 octobre : c'était la guerre, cela allait être la conquête et l'annexion. Aussi, intervint-il à la Chambre lors des discussions concernant l'annexion de Madagascar, l'abolition de l'esclavage dans la Grande Ile et soutient-il avec chaleur l'action de Gallieni.

Lors du renouvellement -de 1902, Le Myre de Vilers a 69 ans et, reculant devant les fatigues du voyage de Saïgon, décide de ne plus se représenter.

Il va pouvoir désormais se consacrer à la géographie : très ancien membre de la Société de géographie, il fait partie de la commission centrale depuis 1896 et préside aux destinées de cette Société de 1906 à 1908. Il appartenait en outre à de nombreuses autres sociétés : d'acclimatation, anti-esclavagiste, des études coloniales, etc... Ce fut lui, enfin, qui créa la mission d'étude de la maladie du sommeil avec le concours de l'Institut Pasteur.

Ambassadeur honoraire depuis février 1895, il était grand officier de la Légion d'honneur depuis décembre 1888.

Il mourut le 9 mars 1918 à Paris, à l'âge de 85 ans.

Il a publié en 1908 Les institutions civiles de la Cochinchine. Publiciste, il a traité des questions de politique étrangère à La Revue de Paris et à La Nouvelle Revue.


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