Pierre, Jérôme Chatizel de la Néronnière

1733 - 1817

Informations générales
  • Né le 29 septembre 1733 à Laval (Mayenne - France)
  • Décédé le 20 septembre 1817 à Angers (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 mars 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Anjou (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Clergé

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée constituante de 1789, né à Laval (Mayenne), le 29 septembre 1733, mort à Angers (Maine-et-Loire), le 20 septembre 1817, il fit ses études théologiques à Angers, et fut pourvu du prieuré de Saint-Nicolas de Magny, puis d'un vicariat à la Trinité de Laval (1765).

En 1772, il devint curé de Soulaines (Maine-et-Loire). Chatizel se fit connaître par plusieurs publications, entre autres, par un Traité du pouvoir des évêques de France sur les empêchements de mariage, habilement dédié au pape, et qui n'en contenait pas moins une assez vive revendication des droits du clergé inférieur contre les bénéficiers et les chapitres. Sa Lettre de MM. les curés du diocèse d'Anjou à Monseigneur l'évêque d'Angers (1785), accentuait encore la netteté de ces réclamations; elle souleva d'ardentes polémiques dans le monde ecclésiastique.

La convocation des Etats-Généraux fournit à Chatizel une occasion nouvelle de lancer des écrits passionnés contre ses supérieurs hiérarchiques; mais son indépendance n'alla pas jusqu'à accepter dans leur ensemble les principes de la Révolution naissante.

Elu, le 23 mars 1789, par la sénéchaussée d'Anjou, député du clergé aux Etats-Généraux, il se réunit, il est vrai, au tiers-état le 19 juin; mais il se sépara bientôt de la majorité, et, après avoir voté le veto suspensif, après avoir repoussé le décret qui saisissait les biens du clergé, et celui qui rendait aux Juifs tous leurs droits d'hommes et de citoyens, il donna sa démission de député, revint à Soulaines, protesta contre la constitution civile du clergé, et chercha à créer dans sa paroisse un centre de résistance religieuse.

Recherché par la garde nationale d'Angers, il dut prendre la fuite et se cacher quelque temps à Paris. Puis, comme le danger augmentait, il réalisa sa fortune et passa en Allemagne, puis en Angleterre. Il ne revint en France qu'en 1802; il reprit alors quelque temps ses fonctions de curé de Soulaines, après quoi il se retira avec une pension de l'Etat, à Angers, où il mourut « encore mal réconcilié, dit un biographe, avec les bénéficiers et à demi pardonné de ses premières ardeurs. » Il les avait pourtant expiées depuis par maint ouvrage orthodoxe : Lettre au P. Villars, évêque intrus du département de la Mayenne; Lettre d'un curé catholique d'Anjou à ses paroissiens, ou préservatif contre l'enseignement des pasteurs constitutionnels (1792), etc.