Louis, Jacques, Hippolyte Corroller du Moustoir

1742 - 1807

Informations générales
  • Né le 2 avril 1742 à Quimperlé (Finistère - France)
  • Décédé le 7 décembre 1807 à Vannes (Morbihan - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 22 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Hennebont - Bretagne (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Tiers-Etat

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée constituante de 1789, né à Quimperlé (Finistère), le 2 avril 1742, mort à Vannes (Morbihan), le 7 décembre 1807, il était fils du« sieur René Corroller et de demoiselle Françoise-Jacquette Pécard » ainsi qu'en témoigne son acte de naissance retrouvé et publié par M. R. Kerviler (Revue historique de l'Ouest.)

Il se fit appeler Corroller du Moustoir, et, ses études terminées, acheta une charge de conseiller et procureur du roi aux sièges d'Hennebont, Port-Louis et Lorient. Il se maria de très bonne heure avec dame Marie-Louise Loëdon de Kéromen. Un de ses beaux-frères était prêtre et devint plus tard son collègue à l'Assemblée comme député du clergé de Quimper.

Après avoir commencé par soutenir le parti de la noblesse, Corroller embrassa la cause populaire, et se fit élire comme partisan des idées nouvelles, le 22 avril 1789, député du tiers aux Etats-Généraux pour la sénéchaussée d'Hennebont. Aussitôt arrivé à Versailles, il se lança dans le mouvement, et compta parmi les plus ardents. Il prit part à la discussion de la Déclaration des droits de l'homme : dans la séance du 22 août, à propos de « la libre accession de tous les citoyens aux divers emplois de la société, sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents », il réclama l'addition du mot dignités à côté de celui d'emplois. Le 20 octobre, il demanda que le garde des sceaux fût mandé à la barre pour venir rendre compte de sa conduite à propos du retard apporté à la publication des décrets du 4 août. Mirabeau appuya vivement sa motion, qui passa à une forte majorité. Il obtint moins de succès le 14 janvier 1790, en proposant que les décrets de l'Assemblée fussent traduits en bas-breton, et le 22, en réclamant le bannissement du « sieur abbé Maury » hors de la salle, pour le punir de son « incartade. » On l'accusait d'avoir dit aux membres de la gauche : « Vous n'êtes que de la canaille. » Maury fut censuré, mais non pas exclu. Corroller se mêla encore (juillet 1790) à la discussion du décret sur les juges de paix.

Après les journées du Champ de Mars en juillet 1791, quand un certain nombre de députés se furent retirés du Club des Jacobins pour former au couvent des Feuillants une association plus modérée, Coroller resta aux Jacobins avec Rœderer, Robespierre, Pétion, Buzot et Antoine. Pétion raconte que, se trouvant aux Tuileries au moment où Louis XVI était ramené de Varennes, Corroller réprimanda le roi comme un écolier: « N'avez-vous pas fait là, lui dit-il, une belle équipée? Vous êtes bon, vous êtes aimé, mais voyez quelle affaire vous avez là! »

En 1792, il fut nommé commissaire aux Iles du Vent. Il partit en même temps que son fils, lieutenant à la suite de l'état-major général de l'armée parisienne et désigné pour l'expédition de Saint-Domingue, comme aide de camp du général d'Esparbès. A son retour des Antilles, il se fixa à Hennebont, où il présida le club montagnard en 1794. Il voulait installer des « noyades » à Lorient, comme Carrier à Nantes, quand ce dernier fut arrêté. Plus tard on le retrouve (an III) juge, puis résident au tribunal de district de Lorient.

Aux élections de l'an VII pour les Conseils des Anciens et des Cinq-Cents, Corroller se porta candidat, mais sans succès. On trouva des bulletins de vote au nom de Corroller-Soupape, par allusion à ses projets de « noyades » de Lorient. Il prit alors sa retraite, se qualifiant seulement de « jurisconsulte » dans les actes publics, et habita Vannes jusqu'à sa mort.