Paul, Emile Bignon

1858 - 1932

Informations générales
  • Né le 14 avril 1858 à Eu (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 24 janvier 1932 à Eu (Seine-Inférieure - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Seine-Inférieure
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Progressiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 24 avril 1910 au 31 mai 1914
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Gauche démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Républicains de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Républicains de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 27 janvier 1927
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Républicains de gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 9 janvier 1927 au 24 janvier 1932

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Eu (Seine-Inférieure) le 14 avril 1858, mort à Eu le 24 janvier 1932.

Député de la Seine-Inférieure de 1902 à 1927. Sénateur de la Seine-Inférieure de 1927 à 1932. Sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande de 1920 à 1921.

Après avoir fait ses études au collège Sainte-Barbe, Paul Bignon entra dans la maison d'armement maritime de transports et d'exportation que dirigeait son père. Dès 1889, il était vice-président de la chambre de commerce du Tréport ; l'année suivante, il était juge au tribunal de commerce d'Eu, dont il sera plus tard le président.

En 1892, il était élu maire de sa ville natale, pour le demeurer jusqu'à sa mort, soit tout au long de 40 années. En 1895, il entra au conseil général de la Seine-Inférieure pour en devenir vice-président en 1901 et 1902, puis président de 1903 à sa mort, pendant presque 30 ans.

Le 27 avril 1902, il posa sa candidature aux élections législatives générales dans la 1re circonscription de Dieppe. Se prévalant des « traditions républicaines » de sa famille, il se déclarait respectueux de toutes les croyances et ennemi de toute persécution, adversaire résolu du socialisme et du collectivisme, mais partisan de la création de retraites ouvrières. Il résumait son programme dans cette formule : « Ni réaction ni révolution ». Il fut élu très largement, dès le premier tour de scrutin, avec 7.338 voix contre 2.911 au candidat le plus favorisé.

A la Chambre, il fonda un groupe: celui de l'union républicaine, dont il fut le premier président et fit partie des Commissions des Affaires étrangères et des Colonies. Il vota contre la loi de séparation, mais, après son adoption, tout en réclamant « une application animée d'esprit de tolérance », il déclara que « tous les citoyens doivent s'incliner devant la loi ».

Il combattit le projet de rachat par l'Etat du réseau des chemins de fer de l'Ouest.

Le 6 mai 1906, il fut réélu triomphalement, par 9.242 voix contre 1.748 au premier tour de scrutin.

Membre de la Commission des travaux publics et des chemins de fer - à laquelle il appartiendra tout au long de sa carrière - il multiplie propositions, rapports et interventions, en particulier sur tout ce qui concerne les transports maritimes et ferroviaires. Il vote, en 1906, la loi sur les retraites ouvrières et paysannes.

De nouveau réélu le 24 avril 1910, avec 7.448 voix contre 4.299 au candidat conservateur de Maur, il devient vice-président de la Commission du budget et prend, à ce titre, une part active à toutes les discussions budgétaires. Il vote la loi de trois ans, se prononce contre l'impôt sur le revenu, et pour une réforme électorale instituant la représentation proportionnelle.

Paul Bignon venait d'être réélu pour la quatrième fois le 26 avril 1914, au premier tour de scrutin, lorsqu'éclata la guerre. Après qu'il eût organisé à Eu l'accueil des réfugiés belges, il fut nommé membre de la Commission du ravitaillement général. Le Gouvernement le chargea, à ce titre, de diverses missions à Londres et à Rome, puis le nomma contrôleur des missions françaises en Angleterre et, le 3 septembre 1917, délégué permanent de la France au conseil interallié de Londres.

Le 16 novembre 1919, Paul Bignon est le second candidat de la liste d'union nationale républicaine menée par Jules Siegfried, qui est élue en entier.

Au cours de cette législature, il fut Sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande sous trois gouvernements successifs : premier Cabinet Millerand, du 20 janvier au 18 février 1920, second Cabinet Millerand, du 18 février au 24 septembre 1920, Cabinet Georges Leygues, du 24 septembre 1920 au 16 janvier 1921.

En cette qualité, il signa les accords « Maclay-Bignon » sur la répartition du tonnage pris à l'ennemi, les conventions avec les compagnies de navigation pour les lignes reliant la France continentale à la Corse, aux colonies et à l'Amérique du Sud ; en outre, il amorça les négociations en vue de la suppression de la flotte d'Etat.

Aux élections du 11 mai 1924, Paul Bignon était à la tête de la liste d'Union républicaine, qui enleva sept sièges sur douze. Il obtint personnellement 68.621 voix sur 178.163 votants.

Membre de la Commission des affaires étrangères, il prit part à la discussion du budget du Ministère du travail de l'exercice 1925 et à celle de la loi de finances. Cependant, le 9 janvier 1927, il était élu au Sénat où il avait déjà tenté d'entrer en 1898, 1909 et 1912.

Il se démit de son mandat de député le 27 janvier.

Au Luxembourg, où il s'inscrivit au groupe de l'Union républicaine, il appartint aux Commissions des affaires étrangères et de la marine. Il se fit entendre en 1928 au cours de la discussion du budget du Ministère des Finances de l'exercice 1929, et en 1930 sur la loi de finances de ce même exercice.

Il cessa alors toute activité et il mourut à Eu, en cours de mandat, le 24 janvier 1932, des suites d'une opération. Son éloge fut prononcé, à la séance du 28 janvier, par le président Albert Lebrun qui résuma « la longue vie publique de ce grand homme de bien, qui emporte dans la tombe les regrets unanimes de ceux qui l'ont connu et aimé ! » Il était Chevalier de la Légion d'honneur, Grand-croix de l'ordre du British Couneil, commandeur de l'ordre de Léopold II.