Gabriel Bouthière

1918 - 1981

Informations générales
  • Né le 3 septembre 1918 à Igornay (Saône-et-Loire - France)
  • Décédé le 26 septembre 1981 à Dettey (Saône-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Rassemblement démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste

Biographies

Biographie de la Ve République

BOUTHIERE (Gabriel)
Né le 3 septembre 1918 à Igornay (Saône-et-Loire).
Décédé le 26 septembre 1981 à Dettey (Saône-et-Loire)

Député de Saône-et-Loire de 1962 à 1968

Enfant du canton de Lucenay-l’Evêque, selon les mots de sa profession de foi aux élections législatives de mars 1967, Claude Gabriel Pierre Étienne Bouthière est né le 3 septembre 1918 dans une famille de cultivateurs du village d’Igornay, au voisinage d’Autun. Une bourse d’Etat lui a permis d’entreprendre des études supérieures et de devenir vétérinaire. Il va œuvrer au cœur du terroir de la race bovine charolaise et en retire un attachement au monde rural tout en travaillant résolument à sa modernisation, qu’il s’agisse de raccordement aux réseaux d’eau, d’électrification, de recherche de nouveaux débouchés pour les produits agricoles et d’égalité d’accès à l’éducation nationale pour les jeunes ruraux.

Gabriel Bouthière s’engage dans la vie politique durant les années d’après-guerre, sous les couleurs des radicaux de gauche. Il devient maire de la commune d’Etang-sur-Arroux, sur les contreforts du Morvan en 1950, puis conseiller général du canton de Saint-Léger-sous-Beuvray à compter de 1955.

Il se présente une première fois aux élections législatives du 2 janvier 1956, au scrutin proportionnel plurinominal à un seul tour. Il figure en troisième position sur la liste radicale conduite par Paul Devinat, député sortant de Saône-et-Loire. Cette liste n’obtient que 9,8 % des scrutins exprimés et seul Paul Devinat est élu député.

En novembre 1958, aux élections législatives, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, les candidats du Centre national des indépendants et paysans (CNIP) et de l’Union pour la nouvelle République (UNR) emportent les cinq circonscriptions de la Saône-et-Loire, mais Gabriel Bouthière n’est pas candidat.

Ayant pour suppléant le maire de Couches, Georges Carthieux, Gabriel Bouthière se présente aux élections suivantes de novembre 1962, sur la 3e circonscription de Saône-et-Loire, qui regroupe entre autres les cantons d'Autun, du Creusot, d'Épinac-les-Mines, de Lucenay-l'Évêque (où se trouve son village natal), de Mesvres et de Saint-Léger-sous-Beuvray. Il fait face au député gaulliste sortant et maire du Creusot Jean Garnier, au député poujadiste sortant Paul Vahé et au communiste André Vuillien. Le 18 novembre, Jean Garnier se place en tête du premier tour, avec 46,05 % des 41 203 suffrages exprimés, devant Gabriel Bouthière (26,18 %), lui-même talonné par André Vuillien (25,24 %). Ce dernier se retire en faveur de Gabriel Bouthière, lui permettant de bénéficier d'un bon report de voix. Le 25 novembre, au second tour, Gabriel Bouthière l’emporte avec 54,46 % des 44 951 suffrages exprimés, devançant nettement Jean Garnier de 4 000 voix.

A l’Assemblée, Gabriel Bouthière s'inscrit au groupe du Rassemblement démocratique. Il est membre de la commission de la production et des échanges sur toute la durée de ce premier mandat.

Il prend part de manière active à plusieurs discussions de projets de loi. Au sujet des lois de finances pour 1966 et 1967, il intervient sur l’agriculture et l’éducation nationale, insistant en séance, notamment le 3 novembre 1966, sur les constructions scolaires, l’enjeu du logement du personnel enseignant et les difficultés rencontrées en zones rurales pour l'implantation de collèges d'enseignement secondaire. Le 29 juin 1965, il explique en séance le vote positif mais « sans élan d’enthousiasme » du groupe du Rassemblement démocratique sur un projet de loi modifiant les dispositions de l'ordonnance du 22 février 1945 relative aux comités d'entreprises.

Fin connaisseur de l’élevage bovin, il se mobilise en mai 1965 lors des débats préalables au vote de la loi du 8 juillet 1965 relative à la modernisation du marché de la viande, insistant sur l’organisation de l'inspection de la viande et l’implication du corps de vétérinaires. Il en va de même, en novembre 1966, lors des discussions sur la future loi du 28 décembre 1966 sur l'élevage, durant lesquelles il intervient sur l’enjeu de la lutte contre les épizooties, comme la fièvre aphteuse, la tuberculose et la brucellose, notamment dans son département.

Gabriel Bouthière remet son mandat de député en jeu lors des élections législatives de mars 1967, sous les couleurs de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS). Il affronte un candidat de la droite, le journaliste Jean-Claude Servan-Schreiber sans réel ancrage local, et le communiste Rémy Boutavant, ancien député de la Saône-et-Loire entre 1946 et 1956. Au premier tour, Jean-Claude Servan-Schreiber est en tête, avec 40,99 % des 48 454 suffrages exprimés. Gabriel Bouthière est en deuxième position (34,69 %), distançant toutefois Rémy Boutavant (24,31%). Comme en 1962, le candidat communiste se désiste, ce qui permet à Gabriel Bouthière de conserver son siège de député avec 56,21 % des 49 389 suffrages exprimés, devançant son concurrent de la droite de plus de 6 000 voix.

Pour ce second mandat, Gabriel Bouthière s'inscrit au groupe de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste. Il est de nouveau membre de la commission de la production et des échanges. Il rejoint brièvement, en mai 1968, deux commissions spéciales chargées d'examiner une proposition de loi de visant à créer une agence française de publicité télévisée et une proposition de loi sur les règles applicables aux annonceurs publicitaires diffusés par l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF).

En octobre et novembre 1967, il prend part à la discussion du projet de loi de finances pour 1968, abordant, comme au cours de son mandat précédent, l’éducation nationale (concernant entre autres les collèges d'enseignement technique et les charges des collectivités locales résultant de l'implantation d'établissements du second degré) et l’agriculture, en particulier l’élevage et la réglementation sanitaire du bétail. Gabriel Bouthière y évoque comme en 1966 la nécessité de la mise en œuvre de la prophylaxie de la brucellose.

Il vote les motions de censure présentées sans succès contre le gouvernement de Georges Pompidou, notamment celle de mai 1968.

Provoquées par la dissolution de l'Assemblée nationale, annoncée le 30 mai 1968, par le général de Gaulle, les élections législatives de juin 1968 sur la 3e circonscription de Saône-et-Loire voient Gabriel Bouthière et Rémy Boutavant se retrouver face à un candidat de la droite cette fois-ci bien implanté : le maire du Creusot Henri Lacagne, en lice sous la bannière de l’Union des républicains de progrès (URP). Sur fond de vague gaulliste, ce dernier l’emporte dès le premier tour du 23 juin, avec 50,56 % des 48 099 suffrages exprimés. Gabriel Bouthière est distancé de plus de 10 000 voix, ne recueillant que 28,76 % des suffrages.

Gabriel Bouthière n’est plus candidat à une élection législative, et conserve ses mandats de maire d'Etang-sur-Arroux et de conseiller général de Saône-et-Loire jusqu’à son décès le 26 septembre 1981, à l’âge de 63 ans.

Il était officier du mérite agricole. Une rue et un collège portent son nom à Etang-sur-Arroux.