Jean Beaufils

1936 - 2024

Informations générales
  • Né le 1 septembre 1936 à Dieppe (Seine-Inférieure - France)
  • Décédé le 12 septembre 2024 à Dieppe (Seine-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 2 juillet 1981 au 1 avril 1986
Département
Seine-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 2 avril 1986 au 14 mai 1988
Département
Seine-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IXe législature
Mandat
Du 13 juin 1988 au 1 avril 1993
Département
Seine-Maritime
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la Ve République

BEAUFILS (Jean)
Né le 1er septembre 1936 à Dieppe (Seine-Inférieure)
Décédé le 12 septembre 2024 à Dieppe (Seine-Maritime)

Député de la Seine-Maritime de 1981 à 1993


Jean Beaufils naît le 1er septembre 1936 à Dieppe. Son père est chef de bureau à EDF et sa mère femme au foyer. Au terme de ses études secondaires au lycée Arago de Dieppe puis au lycée Fontenelle de Rouen, sanctionnées par le baccalauréat et un brevet supérieur, Jean Beaufils accomplit un service militaire de 27 mois en Afrique du Nord et termine au grade de sergent-chef. Il entre dans l’Education nationale en 1957, d’abord comme instituteur spécialisé en Seine-Maritime avant d’enseigner, à la fin des années 1960, comme professeur PEGC de français et histoire-géographie au CES de Neuille-lès-Dieppe (commune jouxtant Dieppe). Il milite activement dans le syndicat enseignant de gauche SNI-SNES. Il se marie avec Josette Canevelle. En juillet 1964, un enfant naît de cette union. Très sportif, le professeur fréquente le club de basket de Dieppe et la salle omnisport de la ville.

Sur le plan politique, Jean Beaufils rejoint le Parti socialiste (PS) en 1972, quelques années seulement après la création du nouveau parti lors du congrès d’Alfortville en mai 1969. L’enseignant gravit rapidement les échelons de sa formation au plan local, jusqu’à devenir premier secrétaire du PS à Dieppe au milieu des années 1970. Lors des municipales de 1977 à Neuille-lès-Dieppe, il figure en tant que socialiste sur la liste « Union de la gauche » menée par l’enseignant communiste Christian Cuvilliez. Jean Beaufils devient son adjoint et le reste pendant trois ans. Il se présente sous l’étiquette PS aux législatives de mars 1978 dans la 9e circonscription de la Seine-Maritime (cantons de Dieppe, Envermeu, Eu, Longueville-sur-Scie, Offranville). A l’issue du premier tour, il obtient 14,1 % des voix, derrière le candidat communiste Irénée Bourgois (35,3 %) et le député sortant, le candidat du Rassemblement pour la République (RPR) Raymond Offroy (34,2 %). Son désistement en faveur du maire PCF de Dieppe permet à ce dernier de l’emporter au second tour avec 50,7 % des suffrages exprimés. Début 1980, la fusion des deux communes de Dieppe et de Neuille-lès-Dieppe voit Jean Beaufils devenir l’adjoint d’Irénée Bourgois, chargé des sports et de la jeunesse.

Après avoir soutenu la candidature de François Mitterrand à la présidentielle de mai 1981, Jean Beaufils est investi par le PS lors des législatives anticipées organisées en juin, consécutivement à la dissolution de l’Assemblée. Il se présente dans la 9e circonscription de la Seine-Maritime avec l’aide de son suppléant, Claude Balandrade, directeur d’école et adjoint au maire du Tréport. Au soir du premier tour, profitant de la dynamique socialiste de la présidentielle et du déclin des communistes dans le département, il arrive en tête avec 33,9 % des voix, devant le candidat du RPR Jean-Louis Bourlanges (25,4 %) et le communiste Irénée Bourgois (25,2 %). Le retrait du député sortant qui se désiste en faveur de Jean Beaufils permet la nette victoire de ce dernier au second tour avec 59,1 % des voix.

A l’Assemblée, le nouvel élu socialiste rejoint le groupe du PS et la commission de la défense nationale et des forces armées. Lors de l’examen annuel du projet de loi de finances, Jean Beaufils évoque systématiquement les problèmes rencontrés par les ports secondaires comme Dieppe, pénalisés par l’évolution du transport maritime et la multiplication de porte-conteneurs géants qui ne peuvent entrer dans ces petits ports faute d’investissements suffisants pour adapter les infrastructures portuaires à ces nouvelles contraintes. Dieppe, qui a déjà perdu le trafic en provenance des Antilles (bananes), décline au profit du Havre. Le député évoque aussi les difficultés rencontrées par les pêcheurs et l’insuffisance du développement touristique de la côte d’Opale. En novembre 1984, il est rapporteur du projet de loi relatif à la réglementation du versement destiné aux transports en commun. En décembre 1985, il siège dans la commission mixte paritaire constituée pour l’examen du projet de loi relatif à l’aménagement, à la protection et à la mise en valeur du littoral. Il interroge le gouvernement sur l’efficacité du fonds d’intervention et d’organisation des marchés des produits de la pêche. Jean Beaufils approuve le projet de loi portant abolition de la peine de mort (la loi du 9 octobre 1981) et le projet de loi relatif aux droits et libertés des communes, des départements et des régions (la loi dite Defferre du 2 mars 1982). Il soutient également la loi du 13 juillet 1982 relative aux prestations de vieillesse, d’invalidité et de veuvage.

Sur le plan local, Jean Beaufils entre au conseil régional de Haute-Normandie en juin 1981, mais ne s’empare pas du canton de Dieppe-Ouest en mars 1982 (il est battu dès le premier tour par le maire PCF de la ville Irénée Bourgois). Il essuie un nouvel échec le mois suivant ne parvenant pas à prendre la présidence du conseil régional de Haute-Normandie (il en est toutefois le vice-président de juillet 1981 à juin 1982). Après les municipales de mars 1983, il devient le deuxième adjoint PS du communiste Irénée Bourgois, reconduit à l’hôtel de ville. En mars 1985, nouvelle déconvenue pour le socialiste quand le canton de Dieppe-Est est gagné à la gauche par le RPR Daniel Lefèvre.

Les législatives du printemps 1986 ont lieu au suffrage proportionnel départemental de liste. Deuxième sur la liste PS de la Seine-Maritime, Jean Beaufils est élu. Il retrouve au Palais-Bourbon le groupe PS et opte pour la commission de la production et des échanges. Le député de Seine-Maritime siège dès juin 1986 dans la commission supérieure du crédit maritime mutuel. L’essentiel de ses interventions, notamment lors de l’examen des projets de loi de finances, concerne les questions maritimes (problème du port de Dieppe, moyens dévolus à la Société nationale de sauvetage en mer, soutien à la pêche, crise de la flotte de commerce) et le tourisme (contrats de plan Etat-région, promotion via la Maison de la France, tourisme associatif et familial). Jean Beaufils vote contre le projet de loi relatif aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France (la loi du 9 septembre 1986).

Après sa victoire à la présidentielle du printemps 1988, François Mitterrand dissout à nouveau l’Assemblée nationale et des législatives anticipées sont organisées en juin. Jean Beaufils, membre de la commission exécutive du Parti socialiste de la Seine-Maritime, se présente dans la nouvelle 11e circonscription du département, issue du redécoupage électoral de novembre 1986 et regroupant les cantons de Dieppe-Est, Dieppe-Ouest, Envermeu, Eu et Offranville. Soutenu par son suppléant, le maire adjoint du Tréport Claude Tancret, Jean Beaufils se détache au soir du premier tour avec 37,2 % des voix, devant le RPR Edouard Leveau (29,3 %) et le communiste Irénée Bourgois. Il confirme son avance au second tour en remportant le scrutin avec 59 % des suffrages exprimés. Il rejoint le groupe du Parti socialiste et la commission de la production et des échanges. A partir de juin 1992, il siège dans la commission nationale d’urbanisme commercial. Il est rapporteur en juin 1989 de la proposition de loi tendant à modifier l’organisation régionale du tourisme dans les DOM, en avril 1990 du projet de loi portant diverses dispositions relatives aux transports terrestres, en avril 1991 du projet de loi fixant les conditions d’exercice des activités relatives à l’organisation et à la vente de voyages ou de séjours, et en avril 1992 du projet de loi modifiant le régime du travail dans les ports maritimes. En juin 1991, il est vice-président de la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi portant diverses dispositions en matière de pêches maritimes et de cultures marines. Durant cette législature, il est rapporteur pour avis du budget relatif à l’Equipement et aux transports en mer lors de l’examen du projet de loi de finances. Le député de Dieppe continue ainsi de suivre de près les dossiers relatifs à la pêche (quotas de pêche, pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon et Saint-Malo, indemnisation du chômage, surendettement des marins-pêcheurs, Plan pêche et aides de l’Etat, Europe bleue, conchyliculture et cultures marines…) et à la marine marchande et au transport maritime (armement naval, politique maritime, pavillons, trafic maritime, sécurité maritime, circulation transmanche, restructuration des ports, officiers et surveillants de port, pollution maritime, situation de la CGM, crédits du secrétariat d’Etat à la Mer, allègements fiscaux pour les armateurs, sécurité sociale pour les marins-pêcheurs…). Jean Beaufils vote notamment en faveur du projet de loi relatif au revenu minimum d’insertion (RMI) (la loi du 1er décembre 1988). Il soutient le projet de loi constitutionnelle du 25 juin 1992 ajoutant à la Constitution un titre : « De l’Union européenne », afin de permettre la ratification du traité de Maastricht.

Sur le plan local, Jean Beaufils ne parvient pas capitaliser électoralement sa victoire aux législatives de juin 1988, lors des cantonales de septembre de la même année. Candidat PS dans le canton de Dieppe-Ouest, il se retire après le premier tour, laissant le communiste Irénée Bourgois s’imposer. Les municipales de mars 1989 voient l’organisation d’une primaire à gauche entre la liste communiste, conduite par le communiste Christian Cuvilliez (26 PCF et 13 personnalités du monde syndical, culturel et associatif), et celle emmenée par lui (30 PS, 1 Mouvement radical de gauche-MRG- et 8 de la majorité présidentielle). Battu, le député se contente de siéger au conseil municipal dirigé par Christian Cuvilliez. En 1992, le député socialiste intègre le conseil national du tourisme et la commission nationale d’urbanisme commercial. En mars de la même année, il entre au conseil régional de Haute-Normandie. En dépit d’une bonne implantation, Jean Beaufils aborde avec inquiétude les législatives du printemps 1993. Le contexte politique national, marqué par l’échec du gouvernement face à la crise socio-économique et la multiplication des scandales, est très défavorable à la gauche. De fait, le député sortant est fortement distancé au premier tour avec seulement 20,3 % des voix face à son rival de droite, le RPR Edouard Leveau (40,8 %). Au second tour, ce dernier l’emporte avec 56,5 % des suffrages exprimés.

Jean Beaufils se recentre alors sur ses mandats locaux. Il reste premier vice-président de la région Haute-Normandie et adjoint au maire de Dieppe jusqu’en 2002. Très attaché à Dieppe, passionné de philatélie et de cartes postales anciennes (il en possède 6 500), il publie en 2009 aux éditions des Falaises et avec l’ancien journaliste de Paris-Normandie Franck Boitelle, Les Dieppois et la mer. L’ancien député socialiste s’éteint le 12 septembre 2024 dans sa ville natale à l’âge de 88 ans. « Nous gardons le souvenir de l’homme engagé pour sa ville et son territoire, droit, simple et bienveillant », notent, dans un communiqué commun, Christian Cuvilliez, Sébastien Jumel et Nicolas Langlois, tous trois maires de Dieppe à des époques différentes. Ils ajoutent : « Véritable homme de gauche attaché au rassemblement, il fut un acteur important pour porter comme adjoint au maire les dossiers du territoire, notamment avec la création du réseau de transport urbain et du syndicat intercommunal Stradibus, dont il fut le président ».