Damien Alary

1951 - 2025

Informations générales
  • Né le 17 janvier 1951 à Pompignan (Gard - France)
  • Décédé le 27 août 2025 à Nimes (Gard - )

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIe législature
Mandat
Du 1 juin 1997 au 18 juin 2002
Département
Gard
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 19 juin 2002 au 21 avril 2004
Département
Gard
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la Ve République

ALARY (Damien)
Né le 17 janvier 1951 à Pompignan (Gard)
Décédé le 27 août 2025 à Nîmes (Gard)

Député du Gard entre 1997 et 2004

Damien Alary naît à Pompignan, dans le Gard. Il est le fils d'un viticulteur, possédant également une exploitation d'oliviers, et conseiller municipal. Pompignan est alors l’un des rares villages catholiques au cœur des Cévennes protestantes. Damien Alary se revendiquera cévenol tout au long de sa vie.
Ayant grandi dans un environnement rural, il rejoint la direction départementale de l'agriculture du Gard en 1971, comme technicien agricole, puis comme chargé d'études à l’aménagement rural, intervenant entre autres sur l'installation des jeunes agriculteurs. Il y exerce vingt-sept ans, ne quittant son poste qu’en 1997. Damien Alary se marie le 18 décembre 1971 avec Evelyne Rigault. De cette union naîtra un fils en juin 1976.

Il adhère au Parti socialiste (PS) en 1974 après une rencontre à Paris avec Michel Rocard. Désireux de s’engager en politique, il est élu au conseil municipal de Pompignan en mars 1977. Il en devient le maire le 3 février 1979, un mandat qu’il conserve vingt ans, jusqu’en mars 1999. Le Gard cévenol est alors ancré à gauche. Ainsi qu’il le déclarera en 2014, Damien Alary estime avoir eu deux mentors politiques, deux figures socialistes languedociennes : Francis Cavalier-Bénézet (maire de Valleraugue, conseiller général puis sénateur du Gard de 1992 à 1998) et Georges Frêche (maire de Montpellier de 1977 à 2004 et plusieurs fois député de l’Hérault).

A Pompignan, commune comptant alors moins de 600 habitants, Damien Alary met fin aux pénuries d’eau que connaissait le village, grâce à une adduction depuis la commune voisine de Conqueyrac, financée par des crédits européens qu’il a pu mobiliser. Le 16 mars 1986, il est élu au conseil régional de Languedoc-Roussillon, présidé par le centriste Jacques Blanc, et siège ensuite jusqu’en 1997. Le 7 octobre 1988, il est élu conseiller général du canton de Saint-Hippolyte-du-Fort, au sein du conseil général du Gard alors présidé par le radical Gilbert Baumet. Damien Alary conserve ce mandat durant vingt-six ans, jusqu’en avril 2015. Durant les années 1990, il y appuie le socialiste Alain Journet, qui prend la présidence du conseil général en 1994.

Damien Alary se présente aux élections législatives de 1997 dans la 5e circonscription du Gard, centrée sur Le Vigan. Il est face au député sortant Alain Danilet, du Rassemblement pour la République (RPR), qui avait ravi la circonscription à Alain Journet aux élections de mars 1993. Damien Alary a pour suppléant William Dumas, cadre au Crédit agricole, conseiller général du canton de Saint-Mamert-du-Gard et futur maire de la commune de Fons (de 2001 à 2008). Quatorze candidats sont en lice, dont neuf pour la gauche.

Damien Alary se place en tête du premier tour, avec 24,84 % des 52 533 suffrages exprimés, devançant Alain Danilet (23,1 %) et le communiste Jean-Michel Sau (17,95%). Au second tour, il l’emporte avec 59,41 % des 54 337 suffrages exprimés, devançant Alain Danilet de plus de 10 000 voix.

A l’Assemblée, Damien Alary siège au groupe socialiste. Il est membre de la commission de la production et des échanges. Il pose en séance six questions au gouvernement : la prévention de la délinquance des jeunes (juin 1988), l’aide humanitaire aux pays d'Amérique centrale frappés en octobre 1998 par l'ouragan Mitch – l’un des plus puissants jamais enregistrés dans la zone atlantique – (novembre 1998), les réseaux d'écoute et d’accompagnement des parents (mars 1999), l’insertion professionnelle et sociale des personnes handicapées (décembre 1999) ou la prévention contre les agressions sexuelles et la pédophilie (novembre 2000). Il prend aussi la parole sur la loi de finances de l’année 2000 (concernant les contrats territoriaux d’exploitation mis en place pour les agriculteurs) et trois amendements (en juin 2001 au sujet de la modernisation du statut des sociétés d'économie mixte locales, en janvier 2002 sur l’exonération de redevance pour la consommation d'eau en faveur des riziculteurs camarguais et sur les règles de gestion collective des grands aménagements hydrauliques).

Sur le plan territorial, prenant la suite d'Alain Journet, Damien Alary est élu président du conseil général du Gard le 23 mars 2001, mandat qu’il conserve jusqu’en septembre 2014. Il se représente aux élections législatives de 2002, investi par le Parti socialiste (PS) et, cette fois-ci, avec le soutien direct du Parti communiste. Les candidatures n’en sont pas moins éclatées, avec dix-huit candidats, dont sept écologistes. Damien Alary se place en tête du premier tour, avec 39,8 % des 55 090 suffrages exprimés, devançant Ariane Fournier de l’Union pour la majorité présidentielle (27,66 %) et le candidat du Front national (FN), Henri Bunis (15,23 %). Au second tour, Damien Alary conserve son siège avec 55,46 % des 50 262 suffrages exprimés, devançant Ariane Fournier de plus de 5 000 voix.

A l’Assemblée, Damien Alary est à nouveau nommé membre de la commission de la production et des échanges, qui devient la commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire en octobre 2002. Il cesse d’y appartenir en janvier 2004. En juin 2002, il devient membre titulaire de la commission chargée de l'application de l'article 26 de la Constitution, qui traite des mesures privatives ou restrictives de liberté des membres du Parlement en cas de crimes ou de délits. En janvier 2004, il rejoint la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Durant ce début de mandat, Damien Alary pose deux questions orales liées aux inondations cévenoles ayant dramatiquement frappé le Gard et les départements limitrophes en septembre 2002 (octobre 2002 et février 2003).

En mars 2004, Damien Alary est réélu au conseil régional du Languedoc-Roussillon, désormais présidé par Georges Frêche. Il devient premier vice-président délégué à l'agriculture et à la ruralité, fonction qu’il conserve jusqu’en octobre 2010. Le 21 avril 2004, du fait de ce cumul de fonctions départementales, régionales et nationales, Damien Alary choisit de démissionner de son mandat de député, au profit de son suppléant William Dumas.

Il privilégie dès lors son engagement régional, aux côtés de Georges Frêche, bien que ce dernier soit exclu du PS en 2007 suite à une succession de propos controversés. Le 23 février 2010, Damien Alary est à son tour exclu du parti à la suite de son ralliement à la liste dissidente conduite aux élections régionales par Georges Frêche contre celle d’Hélène Landroux, maire de Montpellier et investie par le parti. Les 14 et 21 mars 2010, la liste dissidente l’emporte. Dans le Gard, Damien Alary en était le chef de file. Georges Frêche reste président de la région mais décède le 24 octobre de la même année.

Le 28 octobre 2010, le groupe des socialistes exclus et des apparentés au conseil régional élit son candidat à la présidence de la région Languedoc-Roussillon. Damien Alary perd contre Christian Bourquin, alors président du conseil général des Pyrénées-Orientales. Le 10 novembre suivant, Christian Bourquin est élu président du conseil régional et Damien Alary n’est pas reconduit en tant que premier vice-président. Damien Alary demande ensuite sa réintégration au PS, qu'il obtient.

Souffrant d'un cancer qu'il révèle lui-même en juillet 2011, Damien Alary maintient la totalité de ses fonctions et mandats électifs. Après avoir un temps envisagé une candidature aux élections municipales de 2014 à Nîmes, il y renonce en septembre 2013. Après le décès de Christian Bourquin, le 26 août 2014, il se porte candidat à la présidence du conseil régional de Languedoc-Roussillon. Il est élu à cette fonction le 29 septembre suivant. Son mandat est cependant bref, avec l’annonce en 2015 d’une profonde modification des régions françaises, la région Languedoc-Roussillon étant fusionnée avec Midi-Pyrénées au sein de la nouvelle région Occitanie.

Lors de l'élection régionale de décembre 2015 sur ce nouveau périmètre, Damien Alary, chef de file socialiste dans le Gard de la liste conduite par Carole Delga, annonce mener là son dernier combat politique. La liste socialiste et citoyenne l’emporte. Le 4 janvier 2016, Damien Alary est élu vice-président du conseil régional d'Occitanie, délégué à l'attractivité régionale. Il conserve ce dernier mandat jusqu’aux élections régionales de juin 2021 puis se met en retrait de la vie publique.

Damien Alary décède le 27 août 2025 à l'âge de 74 ans.

Il était officier de l'ordre du Mérite agricole et chevalier (2010) puis officier (2021) de la Légion d'honneur.