Louis Colombani
1931 - 2024
COLOMBANI (Louis)
Né le 5 mai 1931 à Toulon (Var)
Décédé le 29 janvier 2024 à Minorque (Espagne)
Député du Var de 1988 à 1997
Louis Colombani naît à Toulon au sein d’une famille modeste d’origine corse. Ses parents y tiennent un débit de boisson.
Louis Colombani quitte l’école après l’obtention de son brevet élémentaire. Il est employé à l’arsenal de Toulon dès l’âge de 17 ans. Il débute en 1951, pour 18 mois, son service militaire, au sein de la Marine. Pratiquant le rugby à XV au sein du Club toulonnais entre 1952 et 1954, il occupe le poste de troisième ligne aile. A l’instar de ses parents, Louis Colombani devient ensuite commerçant, gérant d’un bar-tabac appelé « Le Concorde », établi à Toulon, durant une quinzaine d’années.
Marqué par la crise politique et sociale de mai 1968, Louis Colombani adhère au parti de Valéry Giscard d’Estaing, les Républicains indépendants (RI). Simple colleur d’affiches à ses débuts, il évolue rapidement et entame une carrière politique locale. Il devient ainsi secrétaire du Parti républicain (PR) en 1974. En mars 1977, il est élu conseiller municipal de Toulon (mandat qu’il conserve jusqu’en 1995) et entre dans l’équipe municipale de Maurice Arreckx, maire de la ville de 1959 à 1985, député du Var entre 1978 et 1986, puis sénateur de 1989 à 1995. En 1983, Louis Colombani devient adjoint au maire de Toulon et conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (dont il sera vice-président en 1986).
Au moment de son élection à l’Assemblée nationale, il est aussi président du Syndicat intercommunal des transports de l’aire toulonnaise, chargé de mission au conseil général du Var et président du Comité régional du tourisme.
Lors des élections législatives anticipées de juin 1988, Louis Colombani se présente dans la 2e circonscription du Var sous l’étiquette « UDF-PR », constituée autour de plusieurs cantons de Toulon. Au premier tour, il s’impose devant Danielle de March, candidate du Parti communiste français (PCF), Jean-Louis Bouguereau pour le Front national (FN) et Robert Gaïa pour le Parti socialiste (PS) avec 34,07 % des suffrages exprimés (soit 12 000 voix). Il l’emporte nettement au second tour dans le duel l’opposant au candidat socialiste avec 55,71 % des suffrages exprimés, soit 21 017 voix.
A l’Assemblée nationale, Louis Colombani est membre du groupe UDF (Union pour la démocratie française) et siège à la commission de la production et des échanges. En décembre 1988, il est aussi nommé membre suppléant du Conseil national des transports.
Il présente plusieurs propositions de loi : en avril 1989, pour améliorer l’image des villes françaises à l’étranger ainsi que leur propreté ; en novembre 1990, pour améliorer les ressources des familles ayant à charge un enfant atteint de handicap, l’autre pour abaisser la taxe sur la valeur ajoutée perçue sur les équipements des personnes atteintes de handicap.
En séance publique, fort de son expérience locale, il pose en mai 1989 une question au ministre des transports sur les transports urbains.
En mai 1989, il présente en vain, dans le cadre de l’examen du projet de loi portant révision du Code rural, un amendement afin de permettre aux maires des villes de plus de 10 000 habitants d’intervenir lorsque les propriétaires ne respectent pas le domaine public. Il participe également, en novembre 1990, à la discussion sur les crédits des transports terrestres prévus par le projet de loi de finances pour 1991, et plus particulièrement sur les transports en commun.
Lors des élections législatives de 1993, Louis Colombani se représente dans la 2e circonscription du Var. Dans un contexte très favorable à la droite, avec l’effondrement électoral de la gauche et du Parti socialiste, il s’impose au premier tour avec 34,29 % des suffrages exprimés (11 748 voix) devant notamment Jean-Claude Lunardelli (FN – 26,27 %). Dans le duel du second tour, le député sortant s’impose largement face au candidat du Front national avec 60,72 % des suffrages exprimés.
A l’Assemblée nationale, Louis Colombani continue de siéger au sein du groupe UDF. Il rejoint la commission des affaires étrangères.
Il présente, en avril 1994, une proposition de loi relative à la protection des mineurs en situation de péril imminent.
En janvier 1994, il est nommé rapporteur du projet de loi autorisant l’approbation d’un accord entre la France et les Communautés européennes portant sur le transfert de droits à pensions. En novembre 1995, il est rapporteur du projet de loi autorisant l’approbation d’une convention fiscale entre la France et la Bolivie en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune, mais aussi d’une convention bilatérale entre les deux Etats portant sur l’encouragement et la protection réciproques des investissements.
En séance publique, Louis Colombani pose une question au gouvernement, en mai 1996, sur la réforme fiscale, et sur la mise en œuvre du rapport La Martinière.
En janvier 1995, il présente sans succès vingt-trois amendements au projet de loi relatif aux services d’incendie et de secours.
En dehors de l’Assemblée, Louis Colombani continue de siéger au conseil municipal de Toulon. En 1995, après un désaccord avec François Trucy, maire de la ville de 1985 à 1995, et dans le contexte difficile qui suit la chute de Maurice Arreckx, il présente une liste dissidente lors des élections municipales de 1995, laquelle recueille 9,61 % des suffrages. Cette élection municipale est d’ailleurs marquée par la victoire du Front national qui conquiert ainsi, pour la première fois, la mairie d’une ville de plus de 100 000 habitants.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République, Jacques Chirac, en 1997, Louis Colombani se porte de nouveau candidat aux élections législatives anticipées.
Le contexte est défavorable car il doit tenir compte d’une candidature dissidente « Divers droite » portée par Philippe Goetz. Louis Colombani est battu dès le premier tour, n’obtenant que 16,99 % des suffrages exprimés (soit 5 907 voix) et son opposant de droite 9%. Il est devancé par le candidat FN Jean-Claude Lunardelli (30,05 %) et le candidat PS Robert Gaïa (20,82 %), qui est élu au second tour.
Louis Colombani se retire alors de la vie politique à l’âge de 66 ans. Il prend sa retraite aux Baléares où il décède le 29 janvier 2024, à l’âge de 92 ans. Il était marié et père de deux enfants.