Armand, Auguste Abendroth

1767 - 1842

Informations générales
  • Né le 16 octobre 1767 à Hambourg (Allemagne)
  • Décédé le 17 décembre 1842 à Hambourg (Allemagne)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 1er janvier 1812 au 1er janvier 1814
Département
Départements de l'Empire français aujourd'hui en Allemagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député du département des Bouches-de-l'Elbe au Corps législatif du Premier Empire, né à Hambourg, le 16 octobre 1767, mort dans la même ville le 17 décembre 1842, il exerçait la profession d'avocat, quand il fut nommé sénateur de Hambourg, en 1800 ; il occupa ces fonctions jusqu'en 1810, date de l'annexion à l'Empire français du territoire des villes hanséatiques. Napoléon ayant alors, - suivant l'expression d'Abendroth lui-même dans une de ses lettres à M. de Montalivet, ministre de l'Intérieur,- entrepris d'établir à Hambourg « les principes de l'hiérarchie administrative de l'Empire », Abendroth fut nommé, le 13 mai 1811, maire de cette ville, devenue le chef-lieu du département des Bouches-de-l'Elbe.

Les municipalités devaient être déléguées à Paris pour assister, le 2 juin, aux fêtes du baptême du roi de Rome, et le « conseiller d'Etat, intendant de l'Intérieur et des Finances » comte Chaban, consulté sur la délégation de Hambourg, avait fourni cette note : « Le maire provisoire est trop âgé pour aller à Paris et pour continuer ses fonctions. M. Abendroth est celui qu'on propose pour le remplacer. Ancien sénateur et bailli à Ritzebuttel, il a rempli ces fonctions avec distinction, ... etc. »

Abendroth partit donc pour Paris, avec ses adjoints MM. Bartels et Knorre. Son dévouement au conquérant de l'Allemagne lui valut, en 1812, d'être choisi par l'Empereur comme député du département des Bouches-de-l'Elbe.

Après la désastreuse retraite de Russie et l'évacuation d'Hambourg par les troupes françaises, Abendroth à qui le Préfet impérial avait remis l'administration des affaires locales, s'empressa d'envoyer aux Russes une députation pour hâter le rétablissement de l'ancien état de choses. Lui-même reprit son siège au Sénat hambourgeois ; il n'en correspondait pas moins activement, d'autre part, avec le ministre de l'Intérieur français, M. de Montalivet, qui, par une lettre du 19 mars 1813, lui annonça qu'il resterait député à la prochaine session du Corps législatif. Le 2 août 1813, Abendroth l'en remerciait dans une lettre (dont nous respectons la forme et l'orthographe) :

« Monseigneur,

« Je reçois à l'instant par le directeur de la poste la lettre par laquelle Votre Excellence daigne m'écrire que Sa Majesté ne regarde pas incompatibles les fonctions du maire à celles du membre du Corps législatif. Mes très humbles rapports du 11 juin et du 28 juillet ont fourni à Votre Excellence les raisons qui m'ont engagé à quitter la ville à l'entrée des Français. »

Abendroth, en effet, prévenu de la rentrée dans Hambourg du maréchal Davout, était allé se mettre en lieu sûr dans le Holstein.

« J'ai sollicité M. le comte Chaban à intercéder auprès du prince d'Eckmuhl, supposé le cas qu'il fut disposé à me faire rentrer dans les fonctions du maire pour me dedomager des souffrances non mérités, à différer cette marque de sa bienveillance jusqu'à la rentrée de la Constitution... Je ne sçais où trouver des mots pour témoigner à Votre Excellence ma plus vive reconnaissance qu'Elle m'a soutenu dans la place du membre du Corps législatif, place, si elle ne convient pas tout à fait à un homme qui aime être actif et utile, me procurera la faculté précieuse de m'approcher à Votre Excellence pour implorer pour la ville et les habitants Votre clémence pour venir à notre secours et nous soulager le plus tôt possible.

« Agréez, Monseigneur, l'assurance de la plus haute considération de ma plus vive reconnaissance et de mon dévouement respectueux.

« Je suis, de Votre Excellence, le plus humble et plus obéissant serviteur,

« ABENDROTH. »

Abendroth n'avait pas été sans inquiétude : Napoléon voulait que le maréchal Davout fît fusiller tous les membres de l'ancien Sénat, qui avaient repris leurs fonctions pendant l'occupation russe. Les principaux meneurs de l'insurrection, les premiers négociants de la ville devaient être arrêtés et privés de leurs biens. Le maréchal laissa habilement aux personnes compromises le temps de fuir, et obtint ensuite que les premiers ordres fussent changés en celui d'une contribution de 48 millions.

Un décret d'amnistie permit à Abendroth de revenir à Hambourg.

Le 4 septembre 1813, se trouvant à Paris, il fit remettre au ministre de l'Intérieur un volumineux mémoire sur l'état de la ville de Hambourg. Après avoir réclamé « un secours prompt pour cette ville infortunée », il exposait que : « la confiance publique s'était perdue :
1° par la contribution de 48 millions ;
2° par les réquisitions ;
3° par la transformation de la ville de Hambourg en une place forte ».

Le ministre lui en accusa réception assez sèchement, et ne répondit pas à la demande d'audience qu'Abendroth y avait formulée.

En 1814, après la reddition de Hambourg, vigoureusement défendue par Davout, Abendroth, de retour dans cette ville, contribua à l'accomplissement de diverses réformes administratives. Puis, il fut envoyé comme gouverneur à Ritzebuttel (territoire de Hambourg) - il avait déjà rempli cette fonction au début de sa carrière, - enfin, il fonda à Cuxhaven, sur le littoral de la mer du Nord, un établissement de bains de mer considérable. Chef de la police hambourgeoise en 1825, puis bourgmestre en 1831, il sut gagner l'estime de ses concitoyens et une popularité dont le souvenir dure encore.