Bon, Albert Briois de Beaumetz

1755 -

Informations générales
  • Né le 23 décembre 1755 à Arras (Pas-de-Calais - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 27 mai 1790 au 8 juin 1790

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 30 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Artois (Type : Province)
Groupe
Noblesse

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée constituante de 1789, né à Arras (Pas-de-Calais), le 23 décembre 1755, mort à Paris à une date inconnue, d'une famille de magistrats, était fils d'un premier président au conseil supérieur de l'Artois.

Ses talents précoces le firent nommer à seize ans substitut, surnuméraire du procureur général d'Arras ; puis il obtint en 1785, la survivance de son père. « Chaque semaine, dit la Biographie universelle de Michaud, il tenait chez lui des conférences auxquelles assistait l'élite du barreau d'Arras, et où se discutaient les points de droit les plus épineux, et des questions de haute politique dont la nouveauté plaisait à de jeunes esprits, avides de changements. »

Le 30 avril 1789, à la presque unanimité des suffrages, Briois de Beaumetz fut élu par la province d'Artois député de la noblesse aux états généraux. Tout d'abord, il se prononça contre la réunion des trois ordres ; mais il se laissa bientôt gagner à une opinion plus libérale et siégea à la gauche de l'Assemblée constituante. À la vérité, il resta attaché à la monarchie qu'il voulait constitutionnelle.

Adjoint à différents comités, il se mêla activement aux travaux et aux délibérations de l'Assemblée, et fut souvent chargé de rapports importants.

Il se prononça en septembre 1789, pour le veto suspensif, et le même mois donna lecture d'un mémoire considérable sur la réforme de la jurisprudence criminelle ; c'est sur sa proposition que furent décrétées la publicité des débats judiciaires et l'abolition de la torture. Beaumetz s'était exprimé en ces termes :

« Déjà le roi, digne en tous points du titre glorieux que vous lui avez décerné, a banni de la France l'usage cruellement absurde d'arracher aux accusés, à force de tourments, l'aveu des crimes, vrais ou faux, dont ils étaient prévenus; mais il vous a laissé la gloire de compléter ce grand acte de raison et de justice. Il reste encore dans votre code une torture préalable ; si les raffinements de la cruauté la plus inouïe ne sont plus employés à forcer les hommes de s'accuser eux-mêmes, ils sont encore mis en usage pour obtenir des révélations de complices. Fixer vos yeux sur ce reste de barbarie, n'est-ce pas, messieurs, en obtenir de vos cœurs la proscription ? Ce sera un beau, un touchant spectacle pour l'univers, de voir un roi et une nation, unis par les liens indissolubles d'un amour réciproque, rivaliser de zèle pour la perfection des lois, et élever, comme à l'envi, des monuments à la justice, à la liberté, à l'humanité. » (V. le Moniteur des 29 et 30 septembre 1789).

Il intervint encore dans le débat sur les biens ecclésiastiques, soutint, en juriste, que ces biens n'appartenaient ni à la nation ni au clergé, « mais étaient res nullius, et appartenaient à Dieu comme on l'avait décidé en l'an 807, étant affectés au service du culte, à l'instruction des prêtres et à la subsistance des pauvres. » Il combattit d'abord, pour s'y rallier ensuite, le projet d'accorder aux Juifs l'éligibilité, demanda la publicité des audiences des conseils de guerre, et fut élu président de l'Assemblée le 27 mai 1790. Il défendit la politique économique de Necker, se prononça pour le système des assignats, et en fit émettre pour une somme de 800 millions, afin de faciliter la vente des domaines nationaux ; d'ailleurs, il opina, par la suite, contre les petits assignats, dont l'effet, suivant lui, devait être de rendre plus rares encore les monnaies de cuivre et d'argent. Il finit cependant, par adopter l'opinion de Rabaut Saint-Etienne en faveur de la création d'assignats de 5 livres jusqu'à la concurrence de 100 millions. Lorsque les ministres furent incriminés (octobre 1790) par les comités réunis, il demanda une exception en faveur de Montmorin. Puis, il fit un rapport (18 mars 1791) sur l'organisation de la trésorerie, réclama avec Buzot, le droit pour le Corps législatif de provoquer le renvoi des ministres, soutint, à propos du droit de pétition, que ce droit étant essentiellement individuel, toute pétition devait être signée, opina pour que les cendres de Jean-Jacques Rousseau, au lieu d'être transférées au Panthéon, fussent laissées à son ami Girardin.

On lui dut encore un rapport (1er septembre 1791) sur le cérémonial à observer dans la présentation au roi de l'acte constitutionnel, et le 29, un projet d'instruction sur la police de sûreté et sur la procédure par jurés.

Devenu, après la session, membre du directoire du département de Paris, il appuya les demandes des prêtres insermentés pour obtenir une pension. On se rappela alors qu'il avait régulièrement voté à l'Assemblée contre toutes les mesures de rigueur proposées à l'égard des émigrés.

Il dut passer à l'étranger, séjourna en Allemagne, puis en Angleterre et en Amérique. On le retrouve à Calcutta en 1800 ; puis on perd sa trace.

Il revint probablement terminer ses jours à Paris.

Date de mise à jour: juillet 2018