Philippe Drulhe

1754 - 1816

Informations générales
  • Né le 31 juillet 1754 à Villefranche-de-Rouergue ( - Généralité de Montauban France)
  • Décédé le 30 janvier 1816 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 8 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Haute-Garonne
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 26 octobre 1795 au 20 mai 1798
Département
Haute-Garonne
Groupe
Modérés
Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 25 décembre 1799 au 1er juillet 1803
Département
Haute-Garonne
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq Cents et au Corps législatif de l'an VIII, né à Villefranche-d'Aveyron (Généralité de Montauban) le 31 juillet 1754, de Charles Drulhe, marchand et Angélique Mazenc, mort le 30 janvier 1816 à Paris (Seine), il embrassa d'abord l'état ecclésiastique, et fut curé de la paroisse du Taur, à Toulouse. Puis il abandonna l'Eglise pour se lancer avec ardeur dans le mouvement révolutionnaire.

Le 8 septembre 1792, il fut élu membre de la Convention par le département de la Haute-Garonne, le 11e sur 12, par 381 voix sur 656 votants. Il siégea. parmi les modérés, et, dans le procès de Louis XVI, répondit au 3e appel nominal : « Dans l'incertitude des événements qui sont réservés à ma patrie, dans un moment ou le gouvernement fondé sur une constitution républicaine n'existe pas encore; dans un moment où le vaisseau de l'Etat peut être emporté par un orage, j'ai cherché la mesure la plus propre à prévenir tous les maux, à assurer la tranquillité publique. Si j'ai eu le malheur de me tromper, j'aurai cette consolation que je n'aurai point trahi ma conscience. Toutes les autres craintes sont au-dessous de moi. Comme législateur, je vote pour la réclusion jusqu'au moment où la république française sera reconnue par toutes les puissances; banni à la paix, et puni de mort, s'il rentrait en France. »

Le 4 brumaire an IV, il entra au Conseil des Cinq Cents comme ex-conventionnel. Il y demanda la question préalable sur le rétablissement de la loterie, fut chargé du rapport contre les manœuvres des prêtres réfractaires et prit une part active aux discussions concernant le même sujet.

Favorable au coup d'Etat de brumaire, il fut élu, le 4 nivôse an VIII, par le Sénat conservateur, député de la Haute-Garonne au nouveau Corps législatif. Il y siégea jusqu'à l'an X, et disparut de la scène politique.

Pendant qu'il siégeait à la Convention, Drulhe publia une Adresse à ses concitoyens, écrite dans le goût de l'époque et contenant, à coté de considérations morales, nombre d'insinuations, de récriminations et de personnalités, pas assez voilées par les précautions de la forme pour que le sens précis en échappât aux contemporains. Nous citerons, comme échantillon du style de Drulhe moraliste, le passage suivant qui tient un peu du mandement patriotique : « Peu content d'immoler au bien public ses ressentiments particuliers et de s'interdire le plaisir d'une vengeance funeste, le patriote s'interdit encore les plaisirs indignes de l'austérité républicaine; ils ne sont pas faits pour son cœur, il les laisse à ces patriotes de nom qui conservent sous la république toutes les habitudes et tous les vices des monarchies; il n'y a que les âmes fortes qui se régénèrent avec le gouvernement. Les hommes sans vertu gardent sous tous les gouvernements leur corruption, leurs sociétés et leurs goûts... Sans cesse fatigués d'eux-mêmes, occupés à se fuir sans cesse, ils vont dans des salons dorés mettre en commun l'ennui qui les dévore, ils passent de la table au jeu, et perdant tour à tour leur argent et leur raison, on les voit, aujourd'hui comme autrefois, ramper servilement aux pieds des femmes... Célibataires inutiles et funestes à la société, ils allument une flamme adultère dans le cœur d'une épouse facile et le flambeau de la discorde dans le sein des familles ; ils oublient que le respect pour la sainteté des mariages et pour les bonnes mœurs est la vertu qui distingue les républiques... » Plus loin, il dirige contre les clubs en général une attaque qui devait, selon toute vraisemblance, plus spécialement viser la société des Jacobins: « La patrie s'indigne également de voir des fainéants robustes mendier un pain qu'ils pourraient gagner à la sueur de leur front; et des hommes insolents de leurs richesses consumer dans l'oisiveté la substance de vingt familles : elle s'afflige de voir en tout moment et en tout lieu, ces groupes, si communs à Paris, de citoyens désœuvrés et misérables, qui passent leur temps à régler les affaires de l'Etat, et dont l'extérieur annonce qu'ils n'ont pas su régler leurs affaires domestiques; et cette foule de spectateurs affidés qui remplissent dès l'aurore les tribunes des corps délibérants pour fuir le travail et la peine. »

Date de mise à jour: octobre 2019