Corinne Erhel

1967 - 2017

Informations générales
  • Né le 3 février 1967 à Quimper (Finistère - France)
  • Décédé le 5 mai 2017 à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 20 juin 2007 au 19 juin 2012
Département
Côtes d'Armor
Groupe
Socialiste, radical et citoyen et divers gauche
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 20 juin 2012 au 5 mai 2017
Département
Côtes d'Armor
Groupe
Socialiste, républicain et citoyen

Biographies

Biographie de la Ve République

ERHEL (Corinne)
Né le 3 février 1967 à Quimper
Décédée le 5 mai 2017 à Saint-Brieuc

Députée des Côtes d’Armor de 2007 à 2017


Née le 3 février 1967 à Quimper, Corinne Erhel fait ses études à l’Institut des hautes études de droit rural et d’économie agricole, avec une spécialisation en aménagement du territoire. Une fois diplômée, elle travaille durant sept ans au sein de la Charte intercommunale du Trégor rural, territoire au nord-ouest de la Bretagne, autour de Lannion.

Elle s’engage en politique à partir de 1997, aux côtés du député-maire de Lannion, Alain Gouriou, socialiste, dont elle est l’attachée parlementaire, et auquel elle succède, en 2007, comme députée de la 5e circonscription des Côtes d’Armor. En 2004, elle est élue conseillère régionale sur la liste conduite par Jean-Yves Le Drian et le reste jusqu’à son décès en 2017. Lors des élections régionales de 2015, elle est désignée tête de liste pour les Côtes d’Armor, obtenant près de 50 % des voix dans son département.

Son élection, comme députée, en 2007, la propulse au premier plan. Après avoir obtenu les suffrages internes des militants du Parti socialiste (PS), elle remporte l’élection législative dans la circonscription de Lannion-Paimpol, avec 38 294 voix, soit 56,08 % des suffrages exprimée, contre la candidate de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) Marie-Dominique Furet, après avoir obtenu au premier tour 22 365 voix, soit 33,54 % des suffrages exprimés contre 34,18 % pour sa concurrente.

Elle adhère au groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) et siège à la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire, puis à la commission des affaires économiques à partir de 2009.

Très rapidement, elle se spécialise dans le domaine de l’économie numérique, et présente tout au long de la législature plusieurs rapports sur ce sujet. Le premier, présenté avec le député de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) Jean Dionis du Séjour, concerne la mise en application de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. Ce rapport cherche à comprendre les raisons pour lesquelles la loi n’a pas été plus largement appliquée et les solutions pour mieux promouvoir l’économie numérique, jugée comme l’avenir de l’économie française. Le deuxième rapport, en avril 2011, présenté avec la députée Laure de la Raudière (UMP), porte sur la neutralité d’internet et des réseaux. Il soulève la question du filtrage des contenus sur le net, en assurant la plus grande liberté possible d’information. Le troisième, en décembre 2011, avec la même co-rapporteure, porte sur l’application de la loi n° 2009-1572 du 17 décembre 2009 relative à la lutte contre la fracture numérique. Afin de réduire les inégalités d’accès à internet, les deux députées proposent de mieux coordonner le pilotage du développement de l’internet et de favoriser le passage au haut débit sur tout le territoire.

Corinne Erhel intervient également sur plusieurs textes renvoyés à la commission des affaires économiques : le projet de loi sur le développement de la concurrence au service des consommateurs, en novembre 2007 ; le projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière de santé, de travail et de communications électroniques, en janvier 2011 ; et le projet de loi renforçant les droits, la protection et l'information des consommateurs en novembre 2011.

Elle prend part à l’examen de la proposition de loi de Jean-Marc Ayrault, président du groupe SRC, relative à la neutralité de l'internet, en février 2011.

La députée prend régulièrement position sur les questions liées aux télécommunications, source d’activité majeure de sa circonscription. Lannion est, en effet, une ville essentielle pour le développement des télécommunications en France, avec notamment le centre de recherche et développement d’Orange. Elle s’oppose, dès 2009, à l’entrée sur le marché français d’un quatrième opérateur, jugeant que les trois existants parviennent à peine à un équilibre économique.

Aux élections législatives de 2012, qui suivent l’élection de François Hollande à la présidence de la République, Corinne Erhel frise la réélection dès le premier tour, avec 29 465 voix, soit 49,19 % des suffrages exprimés, et bat aisément au second tour son adversaire de l’UMP, Xavier Lec’hvien, avec 39 319 voix, soit 63,45 % des suffrages exprimés contre 36 %. Elle est membre du groupe Socialiste, écologiste et républicain, et siège de nouveau à la commission des affaires économiques. A partir de janvier 2015, elle est également membre du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques. Enfin, de décembre 2014 à juillet 2015, elle est vice-présidente de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (loi Macron du 6 août 2015).

Corinne Erhel confirme son intérêt pour les enjeux numériques et internet. Ainsi, chaque année, est-elle rapporteure pour avis sur le projet de loi de finances intitulé « Communications électroniques et économie numérique ». Elle est par ailleurs rapporteure, en octobre 2013, de la proposition de résolution européenne d’Axelle Lemaire et d’Hervé Gaymard sur la stratégie numérique de l'Union européenne, et en janvier 2016, rapporteure pour avis sur le projet de loi pour une République numérique. Elle soutient tout particulièrement ce projet qui favorise, selon elle, une plus grande transparence et une meilleure gestion des données publiques.

Comme lors de la législature précédente, elle présente plusieurs rapports d’information sur le numérique : le premier en janvier 2013, avec Laure de La Raudière, et au nom de la commission des affaires économiques, sur l'impact de la régulation des télécoms sur la filière télécom, dans le cadre duquel les deux auteures prônent des investissements accrus de l’État dans ce domaine crucial pour le développement de l’économie du futur, en lien avec l’ensemble des acteurs de la filière et pas uniquement avec les opérateurs ; le deuxième en 2016, avec Michel Piron, et au nom du comité d’évaluation et de contrôle, sur l’évaluation de la modernisation numérique de l’État ; le troisième, en janvier 2017, à nouveau avec Laure de La Raudière, et au nom de la commission des affaires économiques, sur les objets connectés.

En 2014, dans le cadre d’une mission auprès de la ministre des Affaires sociales sur les centres de relais téléphoniques, elle présente un rapport sur l’expérimentation du développement du relais téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Sur le plan local, Corinne Erhel s’engage, tout particulièrement, en 2016, contre l’extraction de sable coquillier en baie de Lannion, projet porté par l’entreprise Roullier, spécialisée dans les fertilisants. Elle soutient l’opposition de la population et des élus locaux à l’égard de ce qui lui apparaît comme une menace pour l’environnement et les activités déjà présentes, dont la pêche.

Elle défend aussi le domaine des télécommunications dans lequel elle s’oppose au plan social d’Alcatel-Lucent en 2012 et 2013.

En 2015, comme vice-présidente de la commission spéciale chargée de l’examen du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, Corinne Erhel s’est politiquement rapprochée du ministre de l’économie, Emmanuel Macron. Elle rejoint son mouvement « En Marche ! », dès sa création en janvier 2016. Elle est alors l’une des premières personnalités politiques à le soutenir et durant la campagne présidentielle, elle est à plusieurs reprises sa porte-parole dans les médias.

Bien que choisie par 80 % des militants pour être de nouveau la candidate du PS dans sa circonscription, la direction nationale du parti lui retire son investiture au profit d’un candidat écologiste.. Exclue du PS, Corine Erhel entend bien se présenter sous les couleurs d’En Marche !

Elle n’en aura toutefois pas le temps. Foudroyée par un malaise cardiaque lors d’un meeting de soutien à Emmanuel Macron, à Plouisy, près de Guingamp le 5 mai 2017, dernier jour de la campagne présidentielle, elle décède à l’hôpital de Saint-Brieuc, à l’âge de 50 ans. Ses funérailles ont lieu, le 10 mai 2017, à Lannion, en présence du président Emmanuel Macron, nouvellement élu, qui lui rend un hommage appuyé empreint de tristesse : « Cette morsure du destin lui aura volé sa joie et aura porté une ombre sur la nôtre. »

Personnalité très appréciée pour ses compétences, son caractère et son dynamisme, la mémoire de Corinne Erhel est unanimement saluée, tant au niveau national que local.