Jean-Marie Desgranges

1874 - 1958

Informations générales
  • Né le 12 janvier 1874 à Limoges (Haute-Vienne - France)
  • Décédé le 10 octobre 1958 à Rodez (Aveyron - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Morbihan
Groupe
Députés indépendants
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Morbihan
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Morbihan
Groupe
Non inscrit

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né à Limoges (Haute-Vienne) le 12 janvier 1874, mort le 10 octobre 1958 à Limoges.

Député du Morbihan de 1928 à 1942.

Jean-Marie Desgranges, ecclésiastique, homme de lettres, conférencier et député, a été, dans le monde de la pensée, une des figures marquantes de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

Il est né à Limoges de Joseph Desgranges, ancien avocat et secrétaire en chef de la mairie, et de Marie, Alice Jouhaud.

Ordonné prêtre en 1891, nommé vicaire à Limoges, il fut, dès sa sortie du séminaire, chargé par son évêque des œuvres ouvrières.

Dans cette région de la Haute-Vienne, très travaillée par l'action socialiste, il multiplia les centres d'études et les instituts populaires. Il fonda, en 1905, à Limoges, avec la collaboration d'un militant syndicaliste, Maurice Guérin - qui plus tard sera député du Rhône - un journal, Le petit démocrate.

Il créa également une école de conférenciers qui devait devenir un centre très actif de catholicisme social.

Lui-même se révéla très vite un spécialiste des réunions publiques contradictoires au cours desquelles il défendait les idées chrétiennes contre la libre pensée, le matérialisme et, plus tard, le communisme.

Fils soumis de l'Eglise, travaillant en liaison étroite avec les évêques français qui admiraient son grand talent oratoire, il se désolidarisa du mouvement Le Sillon et publiera même, en 1908 à Limoges, une Réponse à la revue Le Sillon.

Il fit la guerre de 1914-1918 comme aumônier de la 36° division, puis comme aumônier de l'armée d'Orient. Deux fois blessé, il revint de la guerre avec 4 citations, la Croix de guerre et la Légion d'honneur, Il reprit alors le cycle de ses conférences tant en France qu'à l'étranger. En 1928, cédant à la pression de ses amis et répondant peut-être aussi à des sollicitations de la hiérarchie religieuse, il se présenta à la députation dans la première circonscription de Vannes- bien qu'il n'eût jusque là point d'attaches avec la Bretagne - comme candidat catholique social et républicain.

Son prédécesseur à ce siège, M. Violle, avocat né à Vannes, ne se représentait pas.

M. l'abbé Desgranges, bientôt nommé chanoine de Vannes, fut élu au premier tour de scrutin par 7.238 voix contre 5.254 à M. Marchais, sur 13.498 votants.

Il devait être réélu, toujours dès le premier tour, en 1932 par 7.341 voix contre 6.297 à M. Jegourel sur 13.938 votants et en 1936 par 8.176 voix contre 2.722 voix à M. Le Pan, 2.342 voix à M. de Montaigu et 658 voix à divers autres candidats, sur 13.898 votants.

Il s'inscrivit, après sa première élection, au groupe des députés indépendants puis, en 1932, préféra n'appartenir à aucun groupe.

Il siégea dans diverses Commissions, notamment à la Commission de l'enseignement et des beaux-arts, dont il fut vice-président, à la Commission d'Alsace-Lorraine, à la Commission spéciale de la reconstruction des édifices civils et cultuels.

Doué d'une grande puissance de travail, il participa d'une façon très active à la vie parlementaire.

Il intervint dans la plupart des grands débats de l'époque : - sur le projet de loi tendant à la ratification du pacte général de renonciation à la guerre ; - sur les interpellations relatives à l'activité des ligues ; - sur la politique extérieure du Gouvernement de 1939.

On devait l'entendre aussi sur les questions qui lui tenaient particulièrement à cœur en raison de sa qualité de prêtre et d'ancien combattant : - le projet de loi tendant à autoriser la congrégation dite des franciscains français à l'étranger ; - une proposition de loi tendant à modifier l'article 310 du Code civil relatif à la conversion de la séparation de corps en divorce ; - le projet de loi modifiant l'article 49 de la loi du 31 mars 1919.

Il se montra également le défenseur infatigable des intérêts de ses mandants : pêcheurs bretons, agriculteurs, petits fonctionnaires.

On lui doit aussi un rapport documenté sur une proposition de loi de M. Tremintin tendant à introduire le bilinguisme dans les écoles primaires rurales, avec option pour le breton comme seconde langue, aux examens du baccalauréat.

En 1940, il fut l'un des 569 parlementaires qui votèrent la délégation de pouvoirs au Maréchal Pétain « sans être bien sûr, précise-t-il dans ses mémoires, que je faisais bien ».

Mais il ne tarda pas à prendre ses distances vis-à-vis du nouveau régime. Lié aux mouvements de résistance, il dut se cacher longtemps dans un couvent de religieuses.

Après la libération, il ne sollicita pas le renouvellement de son mandat parlementaire.

Désireux de travailler à la réconciliation des Français, il s'occupa des personnes incarcérées en raison de leur attitude sous l'occupation, fonda la Fraternité de Notre-Dame de la Merci et prit activement la défense des parlementaires inéligibles. En même temps, il assuma la présidence des Anciens de la Troisième République.

Sa santé ébranlée lui interdira de parler en public, mais il continuera d'écrire et d'enrichir une œuvre très abondante.

Parmi ses principaux écrits, il faut mentionner : - Réponse à la revue Le Sillon, - Controverses sur l'école unique, - Controverses sur la religion, - La paix autour de l'école, - Vingt ans de conférences contradictoires : I. - Les raisons de la foi, II. - Attaques contre l'Eglise, III. - Catholicisme et progrès.

- L'Heure des catholiques, - Journal d'un prêtre député, - Les crimes masqués du résistantilisme, - J'étais en prison et vous m'avez secouru, - Bréviaire des incroyants, - Ne jugez pas, - Carnets intimes.

Le chanoine Desgranges est mort à Limoges le 10 octobre 1958 à l'âge de 84 ans.

Il était Officier de la Légion d'honneur et lauréat de l'Académie française.




Né le 12 janvier 1874 à Limoges (Haute Vienne)
Décédé le 10 octobre 1958 à Rodez (Aveyron)

Député du Morbihan de 1928 à 1942

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1413)

Pendant la seconde guerre mondiale, l'abbé Desgranges s'installe à La Tronche et cherche immédiatement à aider des Israëlites réfugiés dans le Dauphiné. Il ne tarde pas à prendre ses distances vis-à-vis du Gouvernement de Vichy et doit se cacher dans un couvent de religieuses.

Après la Libération, par sa décision du 31 décembre 1945, le Jury d'honneur le relève de l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi constitutionnelle. Cependant il ne fera plus acte de candidature électorale.

Désireux de travailler à la réconciliation des Français, il s'occupe des personnes incarcérées en raison de leur attitude sous l'Occupation, fonde la Fraternité de Notre-Dame-de-la-Merci et prend activement la défense des parlementaires inéligibles.

Il assume en même temps la présidence des Anciens de la IIIe République.

Sa santé ébranlée lui interdit de parler en public, lui qui avait prononcé non moins de 3 000 conférences contradictoires, mais il continue d'écrire et de compléter une œuvre très abondante.

Il meurt à Rodez le 10 octobre 1958.