Stanislas Devaud

1896 - 1963

Informations générales
  • Né le 15 mai 1896 à Le péage-de-roussillon (Isère - France)
  • Décédé le 28 juin 1963 à Neuilly-sur-seine (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 26 avril 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Républicains indépendants et d'action sociale

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 15 mai 1896 au Péage-de-Roussillon (Isère), mort le 28 juin 1963 à Neuilly-sur-Seine (Seine).

Député de Constantine de 1936 à 1942.

Stanislas Devaud naquit le 15 mai 1896 au Péage-de-Roussillon, où son père était propriétaire. Il venait de terminer ses études secondaires au moment où la guerre de 1914 éclata. Engagé volontaire à 18 ans, dès le début des hostilités, au 22e régiment d'infanterie coloniale, il monta au front dès février 1915 ; blessé le 30 septembre de la même année, il dut être amputé d'une jambe et fut réformé définitif et rayé des cadres le 1er juillet 1917 avec 60 % d'invalidité. Sa belle conduite lui valut la Médaille militaire, la Croix de guerre avec palmes et deux citations à l'ordre de l'armée. Il entreprit alors sa licence de philosophie qu'il obtint en 1919, et passa avec succès - il fut reçu quatrième - son agrégation de philosophie en 1922. Il fut nommé l'année suivante professeur de philosophie au lycée de garçons de Constantine, poste qu'il conserva jusqu'à sa mise en congé spécial, en 1936, pour exercer son mandat parlementaire. En 1925, il épousa à Constantine Mlle Marcelle Gougenheim, d'une vieille famille constantinoise. Il milita très activement dans le mouvement Croix de Feu, au Parti social français du Colonel de La Rocque, qui prit une certaine extension dans le Constantinois après le 6 février 1934. En décembre de cette même année, il fonda un hebdomadaire, L'Avenir du Département de Constantine, « républicain, national et indépendant », qui, en se faisant le véhicule de sa propagande, lui servit de tremplin pour accéder à la députation. Attaché à sa petite patrie d'adoption, il était devenu conseiller municipal de Constantine.

Il se présenta sans succès, dans la troisième circonscription de Constantine, c'est-à-dire l'Ouest et le Sud du département, aux élections générales législatives du 1er mai 1932, contre le député sortant, radical-socialiste, Jules Cuttoli, frère du sénateur Paul Cuttoli, directeur politique de La Dépêche de Constantine ; ce journal taxa la candidature de Stanislas Devaud de « candidature essentiellement réactionnaire, maladroitement camouflée sous une étiquette soi-disant républicaine ». Jules Cuttoli fut réélu par 4.910 voix avec 820 voix seulement d'avance sur son adversaire. Quatre ans plus tard, ayant préparé longtemps à l'avance sa candidature, largement appuyé par le P.S.F., Stanislas Devaud, à l'issue d'une campagne électorale orageuse, l'emporta, le 26 avril 1936, au premier tour de scrutin, avec 5.008 voix sur 10.008 votants, contre 3.665 voix à M. Louis Morel, républicain de gauche, propriétaire de La Dépêche de Constantine, patronné par Jules Cuttoli qui, malade, n'avait pu se représenter et 1.078 voix à M. Maurice Collet, socialiste S.F.I.O.

A la Chambre, où il siégea avec le groupe des républicains indépendants d'action sociale, il fit partie des Commissions de l'Algérie, des colonies et des pays de protectorat, ainsi que de celle de l'enseignement et des beaux-arts. Il s'était présenté à ses électeurs comme « candidat républicain national et social en même temps qu'indépendant » et, avant tout, comme un défenseur de l'agriculture algérienne. Son activité, nettement orientée contre la politique générale du Front populaire, sera surtout partagée, en effet, entre la défense de l'agriculture et des intérêts algériens et celle de la politique du Parti social français, au groupe parlementaire duquel il s'inscrivit, contribuant même à la création, à la Chambre, du nouveau « Comité parlementaire de défense des libertés républicaines et de sympathie pour le P.S.F. ». Au moment de la dissolution des « ligues », pour les « Croix de feu » du colonel de La Rocque en particulier, il interviendra au cours de la séance houleuse du 30 juin 1936, taxant de « décrets de dictature et d'arbitraire » cette mesure, à propos de laquelle il attaqua vigoureusement le Gouvernement contre qui il votera lorsqu'à la fin du débat, le Président du Conseil posera la question de confiance, sans être renversé d'ailleurs. Il s'employa à tenter de protéger efficacement l'agriculture et la main-d’œuvre algériennes par diverses propositions de loi ou de résolution tendant, par exemple, à supprimer l'admission temporaire des blés tendres et durs (1936), à venir en aide d'urgence aux indigènes algériens (1937), à employer dans les coopératives des appareils de précision pour déterminer le poids spécifique du blé (1939), ainsi que par des demandes d'interpellation sur une grève des dockers marseillais dont il redoute les répercussions sur les fragiles primeurs amenés d'Algérie (1937), ou sur les mesures propres à éviter la paralysie de la vie économique de l'Algérie en guerre (1939) ; en 1940, il intervint à la tribune pour demander que les agriculteurs Nord-africains de la deuxième réserve ne soient pas séparés de leurs exploitations par des centaines de kilomètres ; en 1939, il déposa un rapport sur le classement de certaines voies de communication en Algérie, mais qui fut sans suite, le projet ayant été retiré par décret du 30 août 1939. Il s'intéressa aussi à la situation des veuves de militaires de carrière et des veuves de fonctionnaires, ainsi qu'à ses frères d'armes, les anciens combattants et anciens combattants volontaires, pour qui il demanda une décoration automatique et des promotions plus rapides dans l'ordre de la Légion d'honneur (1939).

Le 10 juillet 1940, il vota, au Congrès de Vichy, les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

En 1941, le Maréchal fit appel à lui pour siéger au Conseil national instauré par l'Etat français. En juillet 1943, l'ancien député de Constantine demandait à rentrer dans le sein de l'Université et fut nommé au lycée Marceltin-Berthelot à Saint-Maur, avant d'enseigner la philosophie, en 1945. au lycée Pasteur à Neuilly, où la retraite l'atteindra en 1961.

Stanislas Devaud mourut à Neuilly-sur-Seine deux ans plus tard, le 28 juin 1963, à l'âge de 67 ans.

Outre la Médaille militaire et la Croix de guerre, il était titulaire de la Croix du Combattant volontaire, Officier d'Académie et, depuis 1939, Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire.




Né le 15 mai 1896 au Péage-de-Roussillon (Isère)
Décédé le 28 juin 1963 à Neuilly-sur-Seine (Seine)

Député de Constantine de 1936 à 1942

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome IV, p. 1433, 1434)

En janvier 1941, Stanislas Devaud est nommé membre du Conseil national instauré par l'Etat français.

Après la Libération, par sa décision du 3 octobre 1945, le Jury d'honneur maintient l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi constitutionnelle.

En juillet 1943, l'ancien député de Constantine demande à reprendre ses activités d'enseignement. Il est nommé au lycée Marcellin Berthelot à Saint-Maur, puis en 1945, au lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine.

Ayant abandonné la vie politique, Stanislas Devaud continue d'enseigner à Neuilly, où il meurt le 28 juin 1963.