Marie, Paul, Henry Ferrette

1869 - 1933

Informations générales
  • Né le 13 juillet 1869 à Chardognes (Meuse - France)
  • Décédé le 23 juin 1933 à Bar-le-duc (Meuse - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Meuse
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Meuse
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Meuse
Groupe
Action libérale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Meuse
Groupe
Entente républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 23 juin 1933
Département
Meuse
Groupe
Indépendants d'action économique, sociale et paysanne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 13 juillet 1869 à Chardogne (Meuse), mort le 23 juin 1933 à Bar-le-Duc (Meuse).

Député de la Meuse de 1893 à 1910, de 1919 à 1924 et de 1932 à 1933.

Fils d'un instituteur meusien, Henry Ferrette fit ses études primaires à Chardogne, ses études secondaires au lycée de Bar-le-Duc et passa sa licence en droit à la faculté de Nancy ; mais ce fut à Paris qu'il vint soutenir sa thèse de doctorat. Il s'inscrivit au barreau de Bar-le-Duc puis, après la guerre de 1914-1918, à celui de Metz. Il menait en même temps une carrière de journaliste politique en collaborant au Républicain de Bar-le-Duc au Courrier de l'Est et à l'Écho de l'Est avant de devenir, en 1918, rédacteur du Messin, dont il fut l'envoyé spécial à Genève, à la Société des Nations.

Henry Ferrette, qui était officier de réserve, avait jugé bon de démissionner lorsqu'il se lança dans la carrière politique. Aussi fût-ce comme caporal G.V.C. qu'il partit au front sur sa demande : combattant de Verdun, de l'Aisne et d'Italie, 5 fois cité à l'ordre de l'armée, décoré de la Croix de guerre en avril 1917, chevalier puis officier de la Légion d'honneur, il devait terminer la guerre comme capitaine.

Nationaliste de tendance Déroulède, il commença sa carrière politique en représentant au Conseil général de la Meuse, de 1898 à 1910, le canton de Vauvincourt ; démissionnaire en 1910, il sera réélu dix-huit ans plus tard, en 1928 puis en 1932. Il siégea au conseil municipal de Bar-le-Duc de 1900 à 1908, puis de 1929 à sa mort.

Lorsque Henry Ferrette se présenta dans la circonscription de Bar-le-Duc aux élections générales législatives des 8 et 22 mai 1898, son propos n'était pas dénué d'ambition : il ne s'agissait pas moins, en effet, que de battre Jules Develle, ancien ministre des Affaires étrangères, qui occupait le siège depuis 1885 et était habitué à des élections triomphales. Henry Ferrette prit la tête dès le premier tour de scrutin avec 8.051 voix sur 17.652 votants, contre 6.330 à Jules Develle et 2.832 à Angelini « antisémite » ; au second tour, il battait largement l'ancien ministre avec 10.138 voix sur 18.288 votants, contre 7.785. Quatre ans plus tard, il était réélu le 27 avril 1902, dès le premier tour de scrutin, avec 9.977 voix sur 17.698 votants, contre 7.176 à Bister. Il en était de même le 6 mai 1906 où il battait de nouveau Bister avec 9.484 voix contre 8.175, sur 18.280 votants. Mais en 1910, il dut s'incliner, et ce dès le premier tour de scrutin, le 24 avril, devant un candidat nouveau et qui allait ainsi commencer une carrière éclatante de parlementaire, André Maginot ; le futur ministre de la Guerre l'emportait en effet par 9.157 suffrages contre 8.577 au député sortant, sur 18,003 votants Le 26 avril 1914, Henry Ferrette n'avait pas plus de chance et était de nouveau battu dès le premier tour par André Maginot, avec 6.701 voix contre 10.071 au député sortant, sur 17.172 votants. L'instauration du scrutin de liste le 16 novembre 1919 lui permit d'être élu au quotient en même temps que son glorieux adversaire qui conduisait la liste républicaine d'union meusienne alors que lui-même, à la tête de la liste républicaine démocratique libérale obtenait 18 498 voix sur 43.686 votants. En 1921, le 11 mai, la liste d'union républicaine et nationale d'André Maginot passait tout entière à la majorité absolue et Henry Ferrette, à la tête de la liste d'union républicaine démocratique et libérale, totalisait seulement 15.544 voix sur 51.210 votants, la majorité absolue étant de 25.069 voix. En 1928, il ne tenta pas de s'opposer à André Maginot, trop solidement établi à Bar-le-Duc. Mais au renouvellement des 1er et 8 mai 1932, Henry Ferrette retrouvait le siège de Bar-le-Duc, laissé libre par la mort de Maginot survenue le 7 janvier précédent et non remplacé. Largement en tête au premier tour de scrutin le 1er mai, avec 5.253 voix sur 15.495 votants, Frisé, Wagner et Hilaire équilibrant aux alentours de 2.500 voix les suffrages qu'ils avaient reçus, il l'emportait au second tour avec 7.402 voix sur 15.239 votants, contre 4.215 à Frisé et 3.263 à Wagner.

Henry Ferrette avait proposé à ses électeurs, en 1898, un programme très nationaliste où il se montrait antidreyfusard, farouchement protectionniste, pour un impôt progressif sur le revenu et en faveur des lois sociales. Réactionnaire en 1919, sa position comporta quelque assouplissement en 1932.

Au cours des trois dernières législatures durant lesquelles il représenta la Lorraine avant la guerre de 1914-1918 il déposa quelques propositions de loi, dont la principale concernant le contrôle et la surveillance par l'État des compagnies d'assurance sera reprise dans le projet gouvernemental d'où sortira la loi du 17 mars 1905. Il monta assez souvent à la tribune pour intervenir principalement, dans la discussion des questions relevant des travaux publics, de l'agriculture, des cultes, de l'intérieur, de la justice, de l'instruction publique, de la guerre.

L'élection de la Chambre bleu horizon lui ayant fait retrouver son siège, il s'inscrivit en 1919 au groupe de l'entente républicaine démocratique. Ses interventions furent déjà moins nombreuses qu'avant la guerre et lorsqu'il revint au Palais-Bourbon, en 1932, l'état de sa santé ne lui permit plus de jouer le rôle qui avait été le sien une trentaine d'années plus tôt.

La mort devait l'enlever, le 23 juin 1933, à Bar-le-Duc, à l'âge de 64 ans.

On lui doit un certain nombre d'ouvrages de droit dont Les accidents du travail, Commentaire de la loi du 9 avril 1898, les Compagnies d'assurance sur la vie et le contrôle de l'État français, Manuel de législation industrielle, Etc.