Henry, Marius Bagnol

1862 - 1905

Informations générales
  • Né le 8 juillet 1862 à Pont-saint-esprit (Gard - France)
  • Décédé le 15 décembre 1905 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1902 au 15 décembre 1905
Département
Seine
Groupe
Socialistes parlementaires

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né à Pont-Saint-Esprit (Gard), le 8 juillet 1862, mort à Paris, le 15 décembre 1905.

Député de la Seine de 1902 à 1905.

Ouvrier apprêteur, Henri Bagnol adhéra de bonne heure au Parti socialiste et participa à la fondation du Secrétariat du travail, sorte d'office de renseignements juridiques pour les ouvriers, de l'Association des ouvriers et ouvrières de sacs en papier, de la boulangerie ouvrière, de l'Association des bouchonniers « Le Chêne », de l'Université populaire.

Etabli à Paris dans le 15e arrondissement, où il fonda un dispensaire antituberculeux, il y brigua le mandat législatif contre Alphonse Humbert.

Battu en 1898, il prit sa revanche les 27 avril et 11 mai 1902, en obtenant, au deuxième tour de scrutin, 8.258 voix contre 7.149 à son adversaire, dans la 1re circonscription du 15e arrondissement. Membre de la Commission du travail et de la Commission de l'armée, Henri Bagnol prit une part active aux travaux de la Chambre des Députés. On le vit ainsi dans les débats budgétaires intervenir en faveur des gardiens de musées et des cochers-postiers (1903), réclamer l'interdiction du travail aux pièces dans les arsenaux (1903), l'octroi de subventions aux écoles professionnelles (1904), l'extension de l'assistance judiciaire aux ouvriers plaidant devant les Conseils de prud’hommes et les tribunaux de commerce ou l'étude, par le Conseil supérieur du travail, de la question du délai-congé (1904). Il critiqua l'institution du pari mutuel, dénonça la multiplication des accidents de tramways et du chemin de fer métropolitain, due selon lui à un état défectueux du matériel (1904), et intervint au sujet de l'assistance aux vieillards infirmes et incurables (1903).

A la suite des troubles qui s'étaient produits, le 29 octobre 1903, devant la Bourse du travail, il interpella le Gouvernement pour s'élever contre l'action du préfet de police Lépine et réclamer une « police vraiment républicaine » (1904).

Dans le débat relatif à l'organisation de la distribution du gaz à Paris, il se fit l'avocat du système de la régie directe (1905), et il intervint dans la discussion d'un projet de loi concernant le régime des vins et spiritueux pour défendre les intérêts du petit commerce parisien (1905).

Soucieux de la condition des hommes de troupe, il s'inquiéta de l'état sanitaire de la caserne Dupleix, critiqua le port du havresac rigide, demanda l'augmentation du nombre des soutiens de famille susceptibles d'être renvoyés dans leurs foyers (1905), réclama la suppression du Conseil de guerre, ce «vieux rouage qui a commis tant de crimes» (1903), et déposa une proposition de loi tendant à réprimer les brimades et vexations que des officiers pouvaient faire subir à leurs inférieurs (1904). Enfin, il proclama que la séparation des Eglises et de l'Etat était «un acte de raison non de sectarisme », car pour lui il n'existait qu'« une seule belle et haute morale, la morale laïque » (1905).

La loyauté et la courtoisie dont Henri Bagnol sut toujours faire preuve dans la défense de ses convictions lui valurent l'estime la plus large, comme l'atteste son éloge funèbre prononcé, le 16 décembre 1905, par le Président Paul Doumer, en annonçant son décès à la Chambre des Députés.