Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst

1841 - 1896

Informations générales
  • Né le 1er octobre 1841 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 6 novembre 1896 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 mars 1892 au 14 octobre 1893
Département
Finistère
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 20 août 1893 au 6 novembre 1896
Département
Finistère

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 1er octobre 1841 à Paris, mort le 6 novembre 1896 à Paris (6e).

Député du Finistère de 1892 à 1896.

Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst était de noble race et en avait l'air. Né à Paris, il était fils du comte d'Hulst, gentilhomme à la Chambre du roi Charles X, député de Béziers sous la Restauration et de la marquise de Grimoard de Beauvoir du Roure dont les ancêtres tenaient une place plus grande que les d'Hulst dans l'histoire de la France et dans celle de l'Eglise.

Dernier né de cinq enfants, Maurice d'Hulst passa sa prime enfance au sein d'une famille bonne et unie qui jouissait au plus haut degré de la faveur et de l'intimité du nouveau roi et de ses proches. Plus tard, il partagera les jeux du comte de Paris et du duc de Chartres qui étaient à peu près de son âge.

Puis vint la matinée du 24 février 1848 où éclatèrent les premières manifestations de l'effervescence populaire : chute du roi, proclamation du gouvernement provisoire. Supposons Maurice d'Hulst prêtre comme il l'a été et les Orléans sur le trône : tout permet de croire qu'il fût devenu archevêque de Paris et cardinal. La Providence lui réservait un autre rôle où sa valeur personnelle seule devait le faire tout ce qu'il fut. Elève au collège Stanislas en 1856, il obtint dès la première année un succès au concours général et devait en recueillir bien d'autres. C'est à Mgr de Ségur qui, en 1857, avait prêché sa première retraite au collège, que devait échoir le rôle d'éclairer le jeune d'Hulst sur le moment où il convenait pour lui de répondre à l'appel de Dieu.

Entré au séminaire de Saint-Sulpice, il fut ordonné prêtre en 1865. Après un bref séjour à Rome où il devait perfectionner ses études de théologie et de droit canon auprès d'un de ses parents, Mgr de Mérode, l'abbé d'Hulst est nommé vicaire à Saint-Ambroise de Paris où il fit ses débuts dans la prédication et où, avec l'abbé Courtade, il fonda un internat d'apprentis. Leurs difficultés furent extrêmes et ces deux prêtres, dont l'un était gentilhomme et riche, se condamnèrent par charité à ne pas dépenser plus de 60 centimes par jour pour leur nourriture, mais leur récompense fut que bientôt les patrons secouèrent leurs préjugés et leur suspicion à l'égard de ces prêtres qui intervenaient dans les affaires du monde ouvrier, et s'intéressèrent à l'œuvre.

Son âme d'apôtre, Maurice d'Hulst la manifesta toute sa vie, sous toutes ses formes. La guerre et la Commune lui donnèrent l'occasion de révéler une âme de soldat. Apparenté à Mac-Mahon, il rejoignit l'armée du maréchal en août 1870 et fut nommé aumônier du 12e corps, où il rendit inlassablement, dans les ambulances de la Presse, la grâce et la paix aux blessés dont il avait recueilli l'aveu. C'est bientôt la défaite, la retraite, puis la capitulation. L'abbé réussit à s'échapper de Sedan.

En 1875, il est vicaire général du diocèse de Paris et archidiacre de Saint-Denis. Cette année 1875 est décisive dans la vie de l'abbé d'Hulst, c'est elle qui l'orienta pour toujours vers l'enseignement supérieur et donnera à sa vocation sacerdotale le caractère intellectuel qui doit, aux yeux de la postérité, en demeurer la marque particulière.

Lors de l'organisation de l'enseignement supérieur libre, il est mis à la tête de l'Institut catholique et devient recteur en 1881. Dans la même année, Léon XIII le nomme prélat de sa maison. Mgr d'Hulst est devenu un orateur recherché : il est appelé à prêcher le carême à Notre-dame après le Père Mon-sabré. Plus austère et savant que brillant et ému, préférant le dogme à la morale, il contraste avec ses prédécesseurs.

C'est après la mort de Mgr Freppel, évêque d'Angers, qu'il fut choisi par un congrès conservateur et catholique pour le remplacer, en tant que député du Finistère, dans la 3e circonscription de Brest. Il obtint 11.069 voix sur 11.970 votants, son adversaire n'en comptant que 118. Aux élections générales de 1893, son succès fut encore plus grand : 11.087 voix sur 11.789 votants, il en abandonnait 30 à son adversaire.

À la Chambre, il siégea à droite, et d'abord comme l'un des champions du parti qui se refusait à séparer de la monarchie les intérêts religieux. Par vocation, il s'intéressa surtout aux questions de religion et d'instruction. En effet, dans le même temps, il était l'un des promoteurs du mouvement de renouveau des études scientifiques dans le clergé et l'un des fondateurs de la Société de Saint-Thomas pour l'encouragement des études philosophiques.

Il prit part, à la Chambre, à une discussion sur l'interpellation de Jaurès contre les capitalistes et les prêtres ayant subventionné la propagande par le fait et sur les problèmes relatifs aux droits et à la législation fiscale des congrégations. Il prit également la parole lors de la discussion des textes relatifs à la constitution des universités et sur la proposition tendant à modifier la loi du 22 novembre 1892 sur le travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels.

Cette belle figure devait disparaître prématurément le 7 novembre 1896, à l'âge de 55 ans.

Mgr d'Hulst ne fut pas seulement une personnalité des plus attachantes, il fut le centre d'un des mouvements intellectuels les plus intéressants et profonds qui se soient produits de notre temps au sein du catholicisme. Si Chateaubriand fut un initiateur, si plus éclatant fut Lamennais dans l'expression d'une féconde et troublante pensée, si Lacordaire, par son verbe impétueux, a plus touché les cœurs et remué le champ des âmes, si Veuillot fut un polémiste alerte et véhément, Montalembert plus admirable par la splendeur de sa parole au service des plus nobles causes, Mgr Dupanloup, militant infatigable et l'âme d un parti, Lavigerie champion de la civilisation chrétienne à l'assaut de la barbarie africaine, Mgr d'Hulst, ayant compris son siècle dans toutes ses tendances intellectuelles, interprète exact et lumineux de la doctrine traditionnelle, digne d'être réputé au lendemain de sa mort « le premier prêtre de France » fut, lui, à travers la limpidité et la netteté de son style, un apôtre de la charité ardente.