René Lafarge

1879 - 1938

Informations générales
  • Né le 6 juin 1879 à Lagraulière (Corrèze - France)
  • Décédé le 7 février 1938 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Corrèze
Groupe
Action républicaine et sociale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Corrèze
Groupe
Gauche républicaine démocratique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 6 juin 1879 à Lagraulière (Corrèze), mort le 7 février 1938 à Paris (6e). Député de la Corrèze de 1919 à 1928.

René Lafarge est né à Lagraulière, en Corrèze, où son père exerçait la profession de notaire.

Après de brillantes études juridiques couronnées par le titre de docteur en droit, il devient chargé de conférences d'histoire des doctrines économiques à la Faculté de droit de Paris, mais c'est finalement vers le barreau qu'il se tourne et cet ancien secrétaire de la Conférence devient avocat à la Cour d'appel de Paris.

Il est l'auteur de deux ouvrages : L'agriculture en Limousin au XVIIIe siècle et l'intendance de Turgot et Les campagnes bimétallistes en Europe et donne, d'autre part, de nombreux articles à la presse quotidienne et à la presse périodique.

En 1914, il se présente pour la première fois aux élections dans la 2e circonscription de Tulle, mais il n'obtient, au premier tour, que 3.165 voix sur les 15.967 votants.

En 1919, le nouveau mode de scrutin lui est plus favorable. Inscrit sur une liste d'union républicaine de défense agricole et sociale, il est élu avec 24.647 voix sur 65.596 suffrages exprimés.

Son programme électoral n'offre pas beaucoup de surprises en politique étrangère où il proclame sa volonté que « l'Allemagne paie jusqu'au dernier centime de ses ressources » et s'élève contre le sabotage de la paix par les « louches manœuvres du bolchevisme de l'Inter nationale », comme en politique intérieure où il réclame « un gouvernement qui gouverne et une assemblée qui contrôle... »

Mais il présente plus d'originalité en matière sociale où il se prononce pour « l'association du capital -et du travail », « la participation des salariés aux bénéfices » et « l'extension de la capacité civile des syndicats ».

A la Chambre, il siège sur les bancs du groupe d'action républicaine et sociale. Membre de plusieurs commissions et notamment de la commission du travail dont il devient le vice-président, il déploie une grande activité.

Il est l'auteur de nombreuses propositions de loi sur des sujets divers : organisation nationale de l'industrie hôtelière française, contribution extraordinaire sur les bénéfices de guerre, modification de l'impôt sur les bénéfices commerciaux, assurance automobile obligatoire, amélioration des pensions des personnels des armées de terre et de mer, etc. Comme rapporteur, il fait notamment aboutir la loi du 21 juillet 1920 sur la répression de la provocation à l'avortement et à la propagande anticonceptionnelle.

En 1924, il est seul élu de sa liste d'union républicaine et de défense agricole et sociale, la liste du Cartel des gauches conduite par Henri Queuille enlevant les trois autres sièges du département.

Vice-président du parti républicain démocratique et social, il s'inscrit à la Chambre au groupe de la gauche républicaine démocratique.

Membre de la commission d'assurance et de la prévoyance sociale et secrétaire de la commission de la législation civile, il reprend certaines de ses propositions et en dépose de nouvelles notamment sur la répartition des débits de tabac, la législation de l'adoption, etc., et rapporte de nombreuses lois : modifiant le régime des sociétés coopératives ouvrières, sur les obligations des sociétés, sur le contrat d'assurance, etc. Membre de la commission des finances, il est rapporteur du budget annexe des chemins de fer et intervient à maintes reprises sur des problèmes financiers et fiscaux. En 1928, le retour au scrutin d'arrondissement lui est fatal. Candidat dans la 2e circonscription de Tulle, il est battu au deuxième tour par le socialiste Charles Spinasse, n'obtenant que 4.898 voix contre 7.428 à son vainqueur.

En 1932, il subit une défaite plus sévère encore. Il recueille au premier tour 3.629 voix contre 7.495 à Spinasse et, au deuxième tour, 530 voix seulement se reportent sur son nom.

Il ne se représentera plus et se consacre à ses activités d'avocat et de membre du Conseil de l'Ordre.

Il meurt à Paris le 7 février 1938, dans son appartement du boulevard Saint-Germain, mais sera, conformément à ses dernières volontés, inhumé à Lagraulière, son village natal.