Julien, Gustave, André Rouland

1860 - 1937

Informations générales
  • Né le 27 juin 1860 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 1er février 1937 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1898 au 31 mai 1902
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Républicains progressistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 27 avril 1902 au 31 mai 1906
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Union républicaine

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1912 au 1er janvier 1927

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 27 juin 1860 à Paris (7e), mort le 1er février 1937 à Paris (8e).

Député de la Seine-Inférieure de 1898 à 1906.

Sénateur de la Seine-Inférieure de 1912 à 1927.

Avec Julien, c'est une troisième génération de Rouland qui apparaît sur la scène politique française. Le grand-père, Gustave, au moment qu'il naît à Paris, le 27 juin 1860, est au sommet de la gloire que lui fit le Second Empire où il fut successivement ministre présidant le Conseil d'Etat, puis gouverneur de la Banque de France. Quant au père, Gustave, il entame pour lors une carrière administrative qui le conduira du Conseil d'Etat à pas moins de trois trésoreries générales et, pour finir, à un siège de sénateur de la Seine-Inférieure qu'il occupera, à vrai dire, sans trop d'éclat de 1892 à sa mort, en 1898.

Or Julien, paradoxalement, s'écarte du service de l'Etat. C'est avocat qu'il veut être. Licencié en droit de la Faculté de Paris en 1882 il s'inscrit au barreau de Paris, pour servir sous Me Limbourg, illustration de l'éloquence judiciaire, puis sous Me Renault-Morlière, autre illustration et député, en outre, de la Mayenne.

C'était aborder aux affaires publiques par un autre biais. Pas plus tard que 1885, voilà Julien Rouland maire de Bertreville-Saint-Ouen et conseiller général de Bocqueville en 1892, pour ne plus cesser d'être ni l'un ni l'autre jusqu'à sa mort. En 1896, le député Legras ayant disparu, il se présente à la partielle. Trop tôt : pour 69 voix - 6.300 contre 6.369 - il est battu par Folleville de Bimorel. Mais, au renouvellement général de 1898, la revanche est belle : 5.369 voix contre 5.159 à Folleville qui, néanmoins, s'opiniâtre, pour succomber de nouveau devant Rouland aux législatives de 1902, et par un « score » encore creusé : 5.637 à 5.032.

A la Chambre des députés, Julien Rouland fut d'abord du groupe progressiste, puis de celui de l'union républicaine qui venait de se constituer, un peu à son initiative, de même que les groupes agricole et cidricole lui doivent une partie de leur existence. La Chambre le choisit pour secrétaire de 1901 à 1904 tandis que la commission du budget le faisait secrétaire-rapporteur du budget des Monnaies et Médailles puis de la Caisse des invalides de la marine. Les instituteurs lui sont redevables de l'abolition de la méthode d'avancement dite « du pourcentage » dont ils se plaignaient fort.

En 1906, au moment de se faire réélire, Julien Rouland trouve en face de lui l'inévitable Folleville en faveur de qui, contre tout espoir, la balance penche cette fois, de peu mais décisivement : 5.363 voix contre 5.076. Décisivement car, en 1910, Rouland laissera passer Folleville sans lutte.

Sans doute songe-t-il au Sénat, et l'occasion lui est donnée en 1912 par la mort de Goujon. Le 16 juin, par 761 voix contre 618, il bat le député Bouchot, également candidat.

Julien Rouland sera sénateur, définitivement, de la gauche républicaine et, pour commencer, membre de la commission des chemins de fer et de la commission de la marine. Avec cela protectionniste de plus en plus convaincu. En 1916, le soucient beaucoup le prix de revient des charbons anglais et la difficulté de leur appliquer le droit de réquisition. Il est pour l'augmentation des droits de douane, mais préférerait généralement qu'on interdît les importations.

En 1918, il s'attache à réformer les fraudes fiscales et en 1919 à améliorer l'outillage national.

Sa réélection de 1920 ne fut pas un problème : second de liste au premier tour avec 884 voix sur 1.447 votants. Outre la sollicitude qu'il continuera de montrer aux inscrits maritimes, Julien Rouland donne désormais beaucoup de son temps à la commission des finances. De 1920 à 1926, le parlement lui doit maints rapports sur, notamment, l'autonomie des ports maritimes de commerce et le relèvement des pensions servies par la Caisse des invalides. Malheureusement, la Seine-Inférieure n'est plus derrière lui. Au renouvellement sénatorial de 1927, le premier tour le voit arriver seulement en sixième position avec 597 voix quand la majorité absolue est de 734. Au second tour il perd la moitié de ses suffrages avec 300 voix seulement.

Julien Rouland, qui était chevalier de la Légion d'honneur et avait accédé à la vice-présidence du Conseil général de la Seine-Inférieure, mourut dix ans plus tard, le 1er février 1937, à Paris, à l'âge de 77 ans.