Alexandre Thomas

1913 - 1990

Informations générales
  • Né le 2 janvier 1913 à Louargat (Côtes-du-Nord - France)
  • Décédé le 21 mai 1990 à Moustéru (Côtes d'Armor - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Côtes-du-Nord
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

THOMAS (Alexandre) Né le 2 janvier 1913 à Plouagat (Côtes-du-Nord) Décédé le 21 mai 1990 à Moustéru (Côtes d’Armor) Député des Côtes-du-Nord de 1951 à 1955 Né dans une famille nombreuse de petits paysans de l’ouest des Côtes-du-Nord, Alexandre Thomas obtint son certificat d’études primaires. Sa famille s’installa à Moustéru, près de Guingamp, où il devint exploitant agricole après son mariage dont il eut deux enfants. Jeune fermier d’une petite exploitation, favorable à la modernisation de l’agriculture, Alexandre Thomas fut mobilisé comme sous-officier en 1939. Fait prisonnier, il s’évada. En 1944, il participa au ravitaillement des maquisards, nombreux dans la région à partir du printemps. Alexandre Thomas apparut sur la scène politique et syndicale départementale à la Libération. Nommé maire de la petite commune de Moustéru (737 habitants en 1941) à l’automne 1944 (parmi les 46 nouveaux conseillers municipaux socialistes nommés dans l’arrondissement), il fut élu maire SFIO le 13 mai 1945 (au moins jusqu’en 1971). Il succédait à un maire radical-socialiste dans un canton nettement ancré à gauche. C’était aussi un militant syndicaliste agricole, président communal et cantonal de la CGA en 1945 et président du comice agricole en 1958. En 1952, il siégeait au conseil d’administration départemental de la FDSEA-CGA. Dans les années 1950, le militant socialiste occupait de nombreuses responsabilités dans le mouvement coopératif : il était le président départemental de la coopérative « Renaissance Celtique » (de reconstruction pour dommages de guerre), de celle de l’amélioration de l’habitat rural « Renaissance du foyer breton » et il appartenait au conseil d’administration des coopératives agricoles « Celtique » et « Semeuse ». En outre, Alexandre Thomas présidait la caisse du Crédit agricole des cantons de Bourbriac et de Guingamp et était administrateur de la Caisse mutuelle de Réassurance de son département. En 1958, il exploitait une ferme de 15 hectares. Alexandre Thomas participait régulièrement aux congrès fédéraux de la SFIO ainsi qu’aux travaux de la commission agricole du parti. En juin 1951, il figura finalement en deuxième position sur la liste SFIO (une première liste publiée dans le Combat social le plaçait en 5ème position), derrière le député sortant Antoine Mazier. La seconde place était réservée à un agriculteur mais l’ancien conseiller général SFIO de Loudéac (1945-1949) Emile Le Plénier l’avait refusée. Grâce à l’apparentement avec la liste MRP conduite par Henri Bouret et avec la liste Pleven contre les listes communiste et RPF, la SFIO obtint deux députés dans les Côtes-du-Nord comme de juin à novembre 1946, mais avec 13,7 % des voix seulement. Alexandre Thomas avait recueilli 36 663 voix. Membre de la commission de l’agriculture à l’Assemblée nationale, il s’intéressa surtout aux questions agricoles. Il déposa une proposition de résolution, le 26 mai 1955, pour obtenir l’indemnisation des producteurs de pommes de terre de son département et un projet de loi, le 25 octobre 1955, pour compléter le Code rural en modifiant le statut des baux ruraux. Ses interventions et amendements portaient sur la politique agricole et budgétaire (crédits et assurance vieillesse, enseignement agricole et formation professionnelle, prestations familiales agricoles et habitat rural). En octobre 1951, le nouveau député tenta d’enlever au PCF le canton de Guingamp sans y parvenir. Il échoua aussi en avril 1958. En janvier 1956, à nouveau en deuxième position sur la liste SFIO aux élections législatives, Alexandre Thomas fut battu de peu (49 294 voix), car les apparentements de 1951 n’avaient pas été reconduits. Avec 16,4 %, la SFIO progressait mais elle était concurrencée à gauche par le PCF (deux députés) et au centre gauche par une liste radicale mendésiste et une liste Action travailliste qui se réclamait aussi de Mendès France. En juin 1955, puis en 1959 et 1962, il conduisait la liste SFIO aux élections sénatoriales mais les notables plévénistes, centristes et de droite, furent réélus. A la suite de son échec de 1956, Alexandre Thomas effectua un stage d’assistant fédéral en mars 1956 et il assuma les fonctions de permanent régional du Parti socialiste en Bretagne, notamment dans le Finistère d’avril 1956 à 1958. En septembre 1958, lors de la scission d’Antoine Mazier pour le PSA, l’ancien député devint secrétaire fédéral de la SFIO des Côtes-du-Nord (1958-1962), puis responsable de la FGDS tout en restant permanent du parti. Après le retour au pouvoir du général de Gaulle et la scission du PSA, importante dans les Côtes-du-Nord, la SFIO remit en cause la stratégie d’union à gauche. Lors des élections législatives de novembre 1958, Alexandre Thomas se présenta dans la 4ème circonscription de Guingamp (20,8 % au 1er tour), se maintenant au second tour contre le député communiste sortant Guillaume Le Caroff : la triangulaire permit l’élection du MRP Alain Le Guen avec 46,5 % des voix alors que les deux candidats de gauche totalisaient 53,5 % dont 22,7 % pour Thomas. Encore candidat de la SFIO en novembre 1962 (12,3 % au 1er tour), Alexandre Thomas appela à voter pour le communiste François Leizour au second qui ne fut pas élu. Il ne fut plus que suppléant du candidat de la FGDS Yves Guyader en mars 1967. En juin 1968, le maire de Moustéru fut de nouveau le candidat de la FGDS-SFIO à Guingamp mais il n’obtint plus que 7,9 % des voix au 1er tour. Cet authentique exploitant agricole fut aussi un actif militant socialiste, ce qui lui avait permis de siéger pendant une législature à l’Assemblée nationale.