François, Henri, Jules Pierres de Bernis

1842 - 1902

Informations générales
  • Né le 8 janvier 1842 à Nîmes (Gard - France)
  • Décédé le 16 juillet 1902 à La marine (Gard - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Gard
Groupe
Union des Droites
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Gard
Groupe
Union des Droites

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 8 janvier 1842 à Nîmes (Gard), mort le 16 juillet 1902 au Château de la Marine près de Nîmes.

Député du Gard de 1889 à 1898.

Fils de Joachim-Albert et Marie-Thérèse Claire de Bernon et neveu d'un officier général qui termina sa carrière comme inspecteur général de l'armée en 1879, le Comte de Bernis fit une partie de ses études secondaires au collège de l'Assomption à Nîmes où il eut pour professeur Emile Combes le futur président du Conseil.

Ayant choisi la carrière de soldat, il sortit de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1862 mais donna bientôt sa démission d'officier en 1867, alors qu'il était lieutenant au 10e régiment de chasseurs à cheval.

Il s'intéressa alors à la politique locale et fut élu dès 1871 Conseiller municipal de Nîmes puis en 1880 Conseiller général du Gard pour le troisième canton de Nîmes.

Monarchiste et catholique, il prit la tête des manifestation organisées pour protester contre l'expulsion de la congrégation des Pères Récollets et contre la laïcisation de l'école des frères. Traduit à cette occasion devant le tribunal correctionnel de Nîmes il fut acquitté.

Il poursuivit sa carrière politique en se présentant aux élections générales des 4 et 18 octobre 1885 sur la liste conservatrice qui échoua au second tour de scrutin, battue par la liste républicaine. Mais il fut plus heureux aux élections générales des 22 septembre et 6 octobre 1889 où il fut élu au deuxième tour de scrutin député de la première circonscription de Nîmes par 8.174 voix contre 6.598 au républicain Gazelles fils du directeur de la Sûreté générale et 1.549 au boulangiste Numa Gilly qui l'avait battu en 1885.

Dans sa profession de foi il attaque violemment les républicains « qui depuis douze ans ont menti à toutes leurs promesses, trahi tous leurs programmes » et qui « n'ont fait que gaspiller nos finances, troubler les consciences, mépriser la liberté et violer toute justice ». Puis, pour obtenir les suffrages des conservateurs, il réclame le renforcement du protectionnisme douanier, « la sauvegarde des droits imprescriptibles de la religion et de la conscience » et pour obtenir ceux des boulangistes, la révision constitutionnelle par « une grande consultation nationale ».

A la Chambre il siège à l'extrême droite et appartient à quelques commissions chargées d'examiner des propositions d'intérêt local; il dépose un certain nombre de rapports concernant les surtaxes d'octroi ou les autorisations accordées aux départements d'émettre des emprunts.

Mais en séance, il retrouve toute sa combativité pour intervenir dans les débats politiques et soulève souvent les protestations de la majorité républicaine. C'est ainsi qu'il réclame la révision constitutionnelle (1889), ou qu'il essaye d'obtenir la révocation du maire républicain de Nîmes (1890) ville dont il est conseiller municipal. A cette occasion, le Ministre de l'Intérieur Constans de dénoncer à la tribune son alliance avec les socialistes révisionnistes en lisant une lettre que Numa Gilly lui avait adressée de sa prison de Sainte-Pélagie. Il poursuit sa polémique anti-républicaine à propos de la modification de la loi de la presse (1892) et de la discussion des indemnités accordées aux familles des victimes républicaines du Coup d'Etat du 2 décembre 1851 (1893). Ainsi engagé dans le combat contre la République il trouve à peine le temps de demander au Ministre de l'Agriculture de prendre des mesures contre la maladie du mûrier (1893).

Réélu aux élections générales des 20 août et 3 septembre 1893 au deuxième tour de scrutin par 7.277 voix contre 7.068 au radical Delon-Soubeiran, il promet de nouveau de défendre « les droits sacrés de la religion et de la conscience », de demander « le maintien du tarif douanier » et de lutter contre les républicains compromis dans « les scandales financiers et les aventures coloniales ». Au cours de cette législature il continua de siéger sur les bancs de l'extrême droite et appartint à la commission chargée d'examiner la proposition de loi sur le monopole de rectification de l'alcool et à quelques commissions chargées d'examiner des propositions d'intérêt local. Plus violemment encore que dans la précédente législature il renouvelle ses attaques contre la République et contre le socialisme à l'occasion de la discussion des fonds secrets (1894), de la proposition socialiste tendant à accorder une subvention aux syndicats ouvriers pour l'envoi de délégués à l'exposition de Lyon (1894), de la situation des fonctionnaires élus aux assemblées locales (1894) des pensions versées aux familles des victimes du Coup d'Etat du 2 décembre (1895, 1897) de la nomination de parlementaires au Conseil d'administration des chemins de fer de l'Etat (1895) des grèves de Carmaux.

Enfin, lors de la discussion d'une interpellation sur l'affaire Dreyfus, le 22 janvier 1898, il interrompit violemment Jaurès, le traita « d'avocat du syndicat » et tenta même, selon l'historien Seignobos, de frapper dans le dos le grand tribun socialiste. Puis il en vint aux mains avec le député socialiste Gerault-Richard. Le Président fut contraint de lever la séance et de saisir le procureur général qui demanda la levée de l'immunité parlementaire des deux adversaires, demande qui fut d'ailleurs repoussée par la Chambre.

Ce fut le dernier acte d'une carrière parlementaire tumultueuse. En effet aux élections générales des 8 et 22 mai 1898 de Bernis fut battu au deuxième tour de scrutin par le candidat radical Delon-Soubeiran.

Il ne se représenta pas aux élections générales de 1902 et mourut au Château de la Marine près de Nîmes le 16 juillet 1902.