Léon, Alfred Vincent

1874 - 1955

Informations générales
  • Né le 20 juillet 1874 à Calais (Pas-de-Calais - France)
  • Décédé le 4 août 1955 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Républicain socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 8 mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Parti républicain socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 20 juillet 1874 à Calais (Pas-de-Calais). Député du Pas-de-Calais de 1928 à 1936.

Fils d'un entrepreneur de manutention calaisien, Léon Vincent fit toutes ses études au collège de Calais, puis entra, dès 1890, à l'entreprise paternelle qui devint l'entreprise de manutention et de transit « Entreprises maritimes Léon Vincent », à laquelle il consacra toute sa vie. Membre de la Chambre de commerce de Calais en 1904, il en fut le secrétaire depuis 1922 et devint conseiller du commerce extérieur.

L'activité politique l'avait tenté de bonne heure ; il était en effet entré au conseil municipal de Calais à l'âge de 26 ans en 1900 et y resta pendant trente-six ans ; premier adjoint de 1919 à 1922, il est maire de Calais de 1925 à 1934. Membre du conseil d'arrondissement de Boulogne-sur-Mer, il présidait cette assemblée lorsqu'il fut élu député en 1928. Mais Léon Vincent avait, près de 20 ans auparavant, déjà été tenté par une carrière politique sur le plan national.

Il s'était présenté pour la première fois aux élections générales de 1910 dans la 2e circonscription de Boulogne : en troisième position au premier tour avec 2.765 voix sur 16.591 votants, il se maintint cependant au scrutin de ballottage où il ne recueillit que 1.996 voix sur 16.734 votants. Il ne renouvela sa tentative ni en 1914 ni en 1919 ; mais en 1924, il s'inscrivit, dans la 2e circonscription du Pas-de-Calais, sur la liste de concentration républicaine, qui n'eut d'ailleurs aucun élu, et totalisa personnellement 14.824 suffrages, le maximum de cette liste, sur 89.744 votants. Quatre ans plus tard, le scrutin d'arrondissement est rétabli et Léon Vincent retrouve la 2e circonscription de Boulogne. En tête au premier tour, il ne recueille, à cause de la multiplicité des candidatures, que 6.185 voix sur 19.122 votants et est élu au second avec 7.573 voix sur 18.665 votants contre 6.058 à Vermeulen et 3.934 à Vadez. En 1932, il est réélu au second tour aussi mais avec plus d'éclat; en tête au premier tour avec 8.281 voix sur 20.017 votants, il triompha au second avec 12.259 suffrages sur 19.349 votants contre 5.732 à Vermeulen et 1.118 à Maquer.

Porte-drapeau de la République laïque, démocratique et sociale, il est à la fois favorable à la politique de Poincaré et à celle de Briand pour l'extérieur, dont il se dit le disciple et se targue de l'amitié, et considère la formule « De Paul-Boncour aux disciples de Waldeck-Rousseau » comme le symbole de la politique nécessaire à la paix intérieure de la France.

Siégeant dans les rangs du parti républicain socialiste, Léon Vincent appartint aux commissions des régions libérées, des douanes et des conventions commerciales dont il fut secrétaire, de la marine marchande dont il fut vice-président, enfin brièvement de celle de hygiène

Il fut un rapporteur très actif : il signa en effet une cinquantaine de textes au cours de ses deux mandats, principalement au titre de la commission des douanes sur les taxations de diverses marchandises comme les tissus de soie d'Extrême-Orient, les tulles et dentelles, importante industrie calaisienne, les régimes douaniers coloniaux, mais aussi au titre de la commission de la marine marchande pour laquelle il rapporta la loi du 12 janvier 1932 ratifiant la convention de Londres du 31 mai 1929 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, ou diverses mesures concernant des problèmes de la pêche maritime, les conserves de poisson, les inscrits maritimes, etc... Quant à ses interventions, outre les mêmes objets, elles portèrent aussi sur la réforme judiciaire, des loyers, le chômage en général, les règles en matière de connaissement.

De 1928 à 1932, Léon Vincent avait été élu secrétaire de la Chambre.

Il se représenta aux élections de 1936, mais sans succès : en tête au premier tour avec 6.775 voix sur 19.840 votants, devant le socialiste S.F.I.O. Vantielcke 6.736 voix, le communiste Cadras 3.153 voix et l'U.R.D. Planque 2.805 voix, il est au scrutin de ballottage victime de la discipline du front populaire. Bien que Planque se désiste en sa faveur, il est mis en minorité par la conjonction Vantielcke-Cadras et c'est le candidat S.F.I.O. qui l'emporte de 90 voix avec 10.059 voix sur 20.253 votants alors qu'il rassemble 9.969 suffrages. Cet échec met un terme à sa vie politique.

Conseiller du commerce extérieur, censeur de la Banque de France, vice-consul du Danemark, d'Espagne et du Portugal, il était en outre président de la Fédération maritime du Port de Calais. Titulaire de la médaille interalliée (1914-1918), chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'instruction publique, du mérite maritime, il était aussi décoré de divers ordres étrangers.