Edmond Lepelletier

1846 - 1913

Informations générales
  • Né le 26 juin 1846 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 22 juillet 1913 à Vittel (Vosges - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1902 au 31 mai 1906
Département
Seine
Groupe
Républicains nationalistes

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 26 juin 1846 à Paris (17e), mort le 22 juillet 1913 à Vittel (Vosges).

Député de la Seine de 1902 à 1906.

Né aux Batignolles dans le quartier Monceau, Edmond Le Pelletier termina ses études classiques au lycée Bonaparte (Condorcet) et s inscrivit ensuite à la Faculté de droit où il prépara une licence. Reçu avocat, il ne plaida jamais et, par la suite, il devint publiciste. Marié, il fut le père de l'auteur dramatique Saint-Georges de Bouhelier et de Mme René Viviani.

Il se battit dix-sept fois en duel, fut blessé et ne conserva ses membres que grâce à l'intervention du chirurgien Péan qu'il défendit avec opiniâtreté lorsque ce dernier fut si vivement attaqué dans la presse.

A la fin de l'Empire, il fut condamné pour attaques contre le baron Haussmann, préfet de la Seine, A la prison de Sainte-Pélagie, il fit connaissance de Delescluze, plus tard délégué à la -guerre dans la Commune en 1871 (tué sur les barricades), de l'écrivain Jules Vallès, de Raoul Rigault et des futurs partisans de la Commune.

Parent de Verlaine, il assista celui-ci à ses derniers moments et s'occupa de sa famille.

En 1867, il débuta dans l'Art comme journaliste politique, dans le Nain Jaune (chronique parisienne), il collabora au Peuple souverain, au Suffrage universel, au Patriote français, au Rappel à l'homme libre, aux Droits de l'homme, au Radical, à la Marseillaise, au Mot d'ordre et enfin à l'Echo de Paris.

Edmond Le Pelletier s'est acquis une certaine notoriété littéraire par la publication de romans tirés pour la plupart d'œuvres dramatiques : Le Capitaine Angot (1875), Le chien du commissaire (1876), Ivan le nihiliste (1880), L'Amant de cœur (1884), Laï-tou (1885), etc..

Son style est alerte, coloré, on le retrouve tel dans ses articles politiques.

A la guerre de 1870, il s'engagea au 69e régiment de ligne, ensuite il fit partie du 110e et, avec son régiment, il participa à la défense de Paris.

Délégué au Conseil d'Etat pendant la Commune, il fut arrêté après la répression du mouvement révolutionnaire, emprisonné préventivement pendant une longue période. Il ne fut condamné qu'à un mois de détention.

Le Pelletier soutient une politique radicale très accentuée jusqu'au jour où, collaborateur à l'Echo de Paris, sa politique devint plus modérée jusqu'à se détacher complètement de la majorité républicaine pour adhérer au nationalisme en 1898.

Pendant de longues années, il fut l'un des plus actifs propagandistes de la Franc-maçonnerie et fut titulaire d'un grade supérieur.

En janvier 1882, il fonda lui-même, sous le vocable « les Droits de l'homme » une loge qui, sous son impulsion, devint rapidement l'une des plus brillantes et des plus actives du Grand Orient de France et qui, au cours d'une réunion au Cirque d'Hiver en 1889, jeta les bases du formidable mouvement d'union républicaine qui terrassa le boulangisme.

Candidat antirévolutionnaire en 1889, puis en 1893 dans la 2e circonscription du XVIIe arrondissement de Paris, il fut battu par Ernest Roche, boulangiste.

Démissionnaire de la Franc-maçonnerie, il se sépara de ses amis politiques et posa sa candidature en 1900 aux élections municipales comme candidat antisémite dans le quartier des Batignolles. Comme rédacteur à l'Echo de Paris, il s'opposa avec sa verve coutumière à la révision du procès Dreyfus. Il fut élu par 4 655 voix contre 4 305 à Clairin, républicain, conseiller sortant, et deux autres candidats.

Tant au conseil municipal de Paris qu'au Conseil général de la Seine, il vote avec la majorité nationaliste.

Il fut nommé vice-président et membre du conseil de surveillance de l'assistance publique.

En 1889, il fut nommé juge de paix du canton de Marly mais il fut révoqué en 1899. Cette même année, il présida à Rome le congrès international de la presse.

Le 11 mai 1902, il se présenta aux élections législatives dans la 2e circonscription du XVIIe arrondissement de Paris, comme républicain nationaliste. Il fut élu au second tour par 5.997 voix contre 4 542 à Clairin sur 10 649 votants. Son programme comportait deux grands points : le changement de ce qui était par le renversement du Ministère et la disgrâce de ceux qui l'ont soutenu, «le régime de la liberté et du patriotisme ». Il fut président du sixième Bureau et même de diverses commissions, notamment de la commission de l'hygiène publique.

Il demanda à interpeller le gouvernement sur les mesures que ce dernier entendait prendre pour protéger, en temps de grève, les citoyens menacés dans leur personne et dans leurs biens. Il déposa une proposition de résolution relative à la nomination d'une commission d'enquête sur la grève générale des mineurs, sur une proposition de loi tendant à modifier les dispositions du code civil sur l'indivision sur le timbre.

Il prit part à la discussion du budget des exercices 1903, 1904, 1905 et 1906, à la discussion sur les projets de loi relatifs aux emprunts de la ville de Paris, à l'établissement de l'impôt sur le revenu. Il essuya un échec aux élections générales de 1906, n'obtenant que 1 309 voix contre 4 228 à Cosnard élu au second tour.

Il mourut le 22 juillet 1913 à Vittel, à l'âge de 66 ans.

Il était chevalier de la Légion d'honneur depuis 1888.