Jean, Joseph Chareton

1813 - 1878

Informations générales
  • Né le 8 juillet 1813 à Montélimar (Drôme - France)
  • Décédé le 14 juin 1878 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Drôme
Groupe
Centre gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 16 décembre 1875 au 14 juin 1878

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant à l'Assemblée nationale de 1871, sénateur inamovible de 1875 à 1878, né à Montélimar (Drôme), le 8 juillet 1813, mort à Paris, le 14 juin 1878, il fut admis à l'Ecole polytechnique, et en sortit avec le grade de sous-lieutenant du génie (octobre 1834).

Lieutenant en 1836, capitaine en 1840, chef d'escadron en 1853, il fit la campagne d'Afrique où il assista au siège de Constantine, puis celle de Crimée, où il fut deux fois blessé et où il gagna le grade de lieutenant-colonel. Il travailla aux fortifications de Lyon, de Grenoble, de Toulon, devint colonel en 1861, et fit partie, en 1870, du 5e corps de l'armée du Rhin; fait prisonnier à Sedan, il fut emmené en Allemagne et interné à Wiesbaden.

A son retour, élu (8 février 1871) représentant de la Drôme à l'Assemblée nationale, le 3e sur 6, par 35,947 voix (64,809 votants, 100,516 inscrits), et peu de temps après, le 24 avril, promu au grade de général de brigade, il devint aussi, le 8 octobre de la même année, conseiller général de la Drôme pour le canton de Montélimar. D'opinions républicaines modérées, le général de Chareton s'inscrivit à la réunion de la « gauche », et, après avoir voté pour les préliminaires de paix et s'être abstenu dans la question des prières publiques, il se prononça contre l'abrogation des lois d'exil et contre le pouvoir constituant de l'Assemblée.

Rapporteur, après la mort de M. de Chasseloup-Laubat, de la sous-commission de réorganisation de l'armée pendant la session de 1871-72, il défendit, à la tribune, le service de quatre ans, et prit une part active et distinguée à la plupart des débats sur les lois militaires. « Ses rapports, éloquents dans leur forme technique, dit un biographe, ont été très remarqués. »

Le général de Chareton s'abstint encore le 4 décembre 1873, sur la question du maintien de l'état de siège; mais il vota avec les républicains :

- contre le gouvernement du 24 mai,
- contre l'arrêté sur les enterrements civils,
- contre le septennat,
- contre la loi des maires,
- pour les amendements Wallon et Pascal-Duprat,
- et pour l'ensemble des lois constitutionnelles.

Il fut promu au grade de général de division, le 3 mai 1875. Lors des élections des sénateurs inamovibles par l'Assemblée nationale, en décembre de la même année, le général Chareton, porté candidat par les gauches, fut nommé sénateur par 330 voix sur 591 votants, au 7e tour de scrutin. Il prit place à la gauche de la Chambre haute, repoussa, en juin 1877, la dissolution de la Chambre des députés demandée par le gouvernement du Seize-Mai, et s'associa à la lutte des sénateurs et députés républicains contre ce gouvernement.

Commandeur de la Légion d'honneur du 6 mars 1867. On doit au général de Chareton un Projet de réorganisation militaire de la France (1871), écrit pendant sa détention en Allemagne.