Amable Ricard

1828 - 1876

Informations générales
  • Né le 12 juin 1828 à Charenton (Cher - France)
  • Décédé le 11 mai 1876 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Centre gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 15 mars 1876 au 11 mai 1876

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871, ministre et sénateur, né à Charenton (Cher) le 12 juin 1828, mort à Paris le 11 mai 1876, fils d'un directeur des contributions directes nommé à Niort en 1844, il fit son droit à Poitiers, se fit inscrire en 1851 au barreau de Niort, dont il devint un des avocats distingués, et, connu pour ses opinions républicaines, faillit être déporté au coup d'Etat de 1851, contre lequel il avait protesté; il avait épousé Mlle Clerc-la-Salle, fille du député républicain des Deux-Sèvres de 1831 à 1834.

Chef de l'opposition libérale dans les Deux-Sèvres sous le second empire, il fut nommé, le 4 septembre 1870, préfet de ce département, donna sa démission le 18 septembre, pour accepter les fonctions de commissaire extraordinaire du gouvernement de la Défense nationale dans l'Ouest, organisa, en cette qualité, le camp de Dampierre (Charente-Inférieure), et fit fermer, pendant près de trois mois, le tribunal civil de La Rochelle.

Elu, le 8 février 1871, représentant des Deux-Sèvres à l'Assemblée nationale, le 7e et dernier, par 36,188 voix sur 66,073 votants et 100,005 inscrits, il se dévoua à la politique de Thiers, prit place au centre gauche, fit partie de la première commission des Trente, fut, en 1874 et en 1875, vice-président de l'Assemblée, déposa et soutint (novembre 1875) un long rapport en faveur du scrutin de liste, vota:

- pour la paix,
- contre la pétition des évêques,
- contre le service de trois ans,
- contre la démission de Thiers,
- contre le septennat,
- contre l'admission à titre définitif des princes d'Orléans dans l'armée,
- contre le ministère de Broglie,
- pour l'amendement Wallon,

et contribua de tous ses efforts au vote des lois constitutionnelles; il s'était abstenu sur l'abrogation des lois d'exil.

Lors de l'élection des sénateurs inamovibles par l'Assemblée (décembre 1875), ce fut lui qui arrêta au nom des gauches avec M. de la Rochette, représentant d'une fraction de la droite, le compromis qui aboutit à l'élection de 65 sénateurs de gauche sur 75. Les élections législatives du 20 février 1876 ne lui furent pas favorables : il échoua dans la 2e circonscription de Niort avec 5,595 voix contre 7,082 à l'élu conservateur, M. Petiet; il était conseiller général de ce canton depuis le 8 octobre 1871.

Le 9 mars suivant, Thiers le nomma ministre de l'Intérieur, en remplacement de M. Buffet, et, six jours après, le Sénat l'élut sénateur inamovible, en remplacement de M. de la Rochette décédé, par 174 voix sur 266 votants, contre 84 à M. de Lesseps. Comme ministre, il adressa, le 5 mai, une circulaire aux préfets leur recommandant une attitude bienveillante vis-à-vis de la presse, et mourut subitement, le 11 mai, d'une angine de poitrine. Le gouvernement accorda à sa veuve une pension de 6,000 francs. Le conseil municipal de Niort a fait élever son buste sur la place du Donjon, et a donné son nom à l'une de ses rues.