Jean Allemane

1843 - 1935

Informations générales
  • Né le 25 août 1843 à Sauveterre-de-comminges (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 6 juin 1935 à Herblay (Val-d'Oise - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 17 février 1901 au 31 mai 1902
Département
Seine
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 20 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Seine
Groupe
Socialistes unifiés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né au hameau de Boucou, à Sauveterre (Haute-Garonne), le 25 août 1843, mort à Herblay (Seine-et-Oise), le 6 juin 1935.

Député de la Seine de 1901 à 1902 et de 1906 à 1910.

Typographe à Paris, Jean Allemane prit part de très bonne heure au mouvement ouvrier. Syndicaliste et collectiviste, il fut emprisonné en 1862 pour ses idées avancées. Caporal au 59e bataillon de la Garde nationale pendant le siège de Paris, il se rallia le 18 mars au mouvement insurrectionnel, devint délégué adjoint à la mairie du Ve arrondissement au Panthéon, puis adjoint au maire. Condamné par le conseil de guerre aux travaux forcés à perpétuité, il fut transporté en Nouvelle-Calédonie. Après une tentative d’évasion à bord d’une chaloupe à vapeur volée à ses gardiens, il fut détenu à la section disciplinaire du pénitencier. Il ne rentra en France qu'après l'amnistie de 1880.
Chef de file des socialistes antiautoritaires dits « allemanistes », au sein de la Fédération des Travailleurs socialistes de France (FTSF) de Paul Brousse, il entraîna avec lui certains membres du parti ouvrier socialiste au Congrès socialiste de 1882, dans une rupture avec les « possibilistes ». Rompant ensuite avec les « Broussistes » au Congrès de Châtellerault, le 9 octobre 1890, il réunit un congrès l’année suivante à Paris qui donne naissance au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) et fonda un journal intitulé Le Parti ouvrier.

Conseiller municipal du quartier Popincourt, dans le XIe arrondissement de Paris, Jean Allemane fut élu député de la 1re circonscription du 11e arrondissement de Paris à l'élection partielle du 3 février 1901 au 2e tour de scrutin, en remplacement de M. Pierre Baudin qui, élu dans l'Ain le 1er juillet 1900, démissionna du mandat qu'il tenait des Parisiens, le 8 novembre 1900.
Il intervint souvent à la tribune de la Chambre et principalement sur : le contrat et le droit d'association (1901) ; les caisses de retraites ouvrières (1901) ; l'application de la loi sur les boissons (1901) ; les rapports de la France et de la Turquie (1901) ; la régularisation des dépenses de l'expédition de Chine (1901) ; les fonds secrets (1902) ; le rachat des grandes compagnies de chemins de fer (1902) ; la contribution personnelle mobilière des personnes appartenant aux congrégations (1902) ; le tableau des circonscriptions électorales (1902) ; la loi sur les candidatures multiples (1902) ; le repos hebdomadaire (1902).
Il fut battu aux élections générales de 1902 par M. Congy, mutualiste, mais prit sa revanche aux élections générales des 6 et 20 mai 1906 en battant celui-ci au 2e tour de scrutin.
Entretemps, il rédigea les Mémoires d’un communard, se résout à l’unification des socialistes voulue par Jaurès et participa à la fondation du quotidien L’Humanité.

Durant cette législature, son activité fut intense. Il eut l'occasion de porter à la tribune maintes questions qui lui tenaient à cœur, notamment : son projet de résolution tendant à la création d'attachés commerciaux (1906) ; la taxe sur les compagnies d'assurances (1906) ; la de mande d'enquête sur l'industrie de la chaussure en France et la grève de Fougères (1907) ; le régime des aliénés (1907); la fermeture de la bourse du travail et les violences policières (1907); le droit de réunion (1907); la grève des ouvriers du port de Nantes (1907); le fonctionnement et les attributions des conseils de discipline (1907); le secret et la liberté du vote (1907); la suppression des économats patronaux (1907); les aumôniers des lycées (1907); l'allocation d'un sou de poche aux soldats permissionnaires (1907); l'impôt sur le revenu (1908); les brevets d'invention (1908); les exercices de tir sur ballons (1908); les sociétés mutuelles (1908); la peine de mort (1908); la grève des ouvriers typographes linotypistes à Paris (1909); les conseils de guerre (1909); l'arrestation de M. Marck (1909); les bagnes militaire d'Algérie et d'ailleurs (1909); les opérations des liquidateurs des congrégations (1910); les retraites ouvrières et paysannes (1910). Aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910 il échoua au 2e tour de scrutin, son siège ayant été enlevé par M. Henry Paté, républicain de gauche.
L'activité politique d'Allemane ne se limitait pas à l'enceinte du Palais-Bourbon. Il donna de multiples réunions de propagande dans toute la France et c'est grâce à lui que de nombreux groupes socialistes se constituèrent en province. Il collabora également à de nombreux journaux socialistes.

Directeur d’un « cinématographe populaire » à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) en 1912, il se retira à Herblay (Seine-et-Oise, aujourd’hui dans le Val-d’Oise), où il s’étint à l’âge de 92 ans, le 6 juin 1935. Ses obsèques, qui réunirent toutes les forces de gauche à Paris, s’apparentèrent à une manifestation politique, préfiguratrice du Front populaire.

Mise à jour du 5 mars 2021