Joseph-Louis Bonnet

1856 - 1925

Informations générales
  • Né le 1er juin 1856 à Allanche (Cantal - France)
  • Décédé le 26 décembre 1925 à Neuilly-sur-seine (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 13 mars 1921 au 31 mai 1924
Département
Seine
Groupe
Action républicaine et sociale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 26 décembre 1925
Département
Seine
Groupe
Républicains de gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 16 juin 1856 à Allanche (Cantal), mort le 25 décembre 1925 à Neuilly-sur-Seine.

Député de la Seine de 1921 à 1925.

Joseph, Louis Bonnet, après de brillantes études au collège d'Aurillac, entre directement dans le journalisme. Doté d'un esprit curieux et original, il se passionne de bonne heure pour la science politique.

En 1898, il devient secrétaire du Comité d'action pour les réformes républicaines dont font partie des hommes comme Henri Brisson, Léon Bourgeois, Mesureur. En 1901, il organise, sous leur patronage, le premier congrès radical-socialiste. Premier secrétaire général de ce parti, Il est le fondateur et le vice-président de la ligue radicale et radicale- socialiste de la représentation proportionnelle.

Il se présente aux élections législatives des 26 avril et 10 mai 1914, dans la Seine, mais n'est pas élu.

En 1921, une double élection partielle a lieu dans la deuxième circonscription de la Seine pour pourvoir au remplacement de M. Millerand élu président de la République et de M. Lauche décédé. Joseph, Louis Bonnet se présente et est élu le 13 mars 1921 sur la liste de l'Union républicaine nationale et sociale avec 69.346 voix sur 129.664 suffrages exprimés.

Inscrit au groupe de l'action républicaine et sociale, son activité est intense tant au sein de la Commission du suffrage universel à laquelle il appartient, qu'en séance publique. Il se fait le spécialiste des problèmes de mécanisme parlementaire et dépose plusieurs propositions de loi sur le mode d'élection des députés et des sénateurs, l'établissement d'un scrutin de liste avec représentation proportionnelle, l'envoi des bulletins de vote et des circulaires.

Il est également l'auteur d'une proposition de résolution tendant à modifier la constitution. Il rapporte la plupart de ses propositions.

Une autre de ses préoccupations est la poursuite des agresseurs de la France, A cinq reprises, entre 1921 et 1923, il interpelle le Gouvernement sur les sanctions à prendre en vertu du traité de Versailles contre l'ex-empereur d'Allemagne et les chefs civils et militaires de son empire qui ont ordonné des mesures contraires aux lois ordinaires de la guerre et aux conventions internationales.

Le 19 janvier 1922. il développe une de ces interpellations et prononce à ce sujet un discours émouvant, souvent interrompu par des députes d'extrême gauche. Ses interventions dans les discussions budgétaires témoignent des mêmes préoccupations, Durant l'examen du budget des Affaires étrangères, il réclame l'application du traité de Versailles (1922) ; dans le débat sur le budget de l'Intérieur, il s'intéresse à l'affichage électoral (1923). Il est entendu, en outre, dans tous les débats sur des projets et propositions de Loi concernant l'élection des députés (1923), la fixation de leur nombre (1923), l'envoi des bulletins de vote (1924).

Il se représente aux élections générales du 11 mai 1924 sur la liste d'Union républicaine sociale et nationale et est réélu avec 56.609 voix sur 171.929 votants. Inscrit au Groupe des républicains de gauche, il est membre de la Commission d'assurance et de prévoyance sociales et de la Commission des comptes définitifs et des économies. Il retrouve son siège à la Commission du suffrage universel et fait partie, en outre, de la Commission d'enquête sur les conditions dans lesquelles le Comité des intérêts économiques est intervenu dans la dernière campagne électorale, et de la Commission chargée du dépouillement des professions de foi et des programmes électoraux.

Il continue de s'intéresser aux questions électorales et constitutionnelles. Il dépose une nouvelle proposition de loi sur l'élection des députés et une nouvelle proposition de résolution tendant à la révision de la Constitution.

Il présente, en outre, d'autres propositions de loi sur les élections municipales de Paris et l'organisation municipale de la capitale. Il reprend inlassablement sa lutte contre les responsables de la guerre et demande encore une fois à interpeller le Gouvernement sur l'application du traité de Versailles et les sanctions à prendre contre l'ex-empereur Guillaume II.

Frappé par la maladie, il n'a plus la force d'exposer ses idées à la tribune, Il n'intervient que deux fois en 1925, dans la discussion du budget des Affaires étrangères et d'un projet de loi relatif à l'élection des conseils municipaux. Il meurt le 25 décembre de la même année à Neuilly à 69 ans.

Son éloge funèbre est prononcé à la séance du 28 décembre 1925 par le Président Herriot qui rappelle l'attachement du disparu à la liberté et à la justice, souligne la précision de ses connaissances politiques et le qualifie de « véritable historiographe de la Troisième République ».

Joseph, Louis Bonnet était officier de la Légion d'honneur.